Le sang a de nouveau coulé sur la terre haïtienne, marquée depuis trop longtemps par l’insécurité et la terreur des bandes armées. Le dimanche 31 mars, deux sœurs de la Congrégation des Petites Sœurs de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus ont été brutalement tuées à Mirebalais, ville située à environ 50 kilomètres au nord-est de Port-au-Prince. Il s’agit de Sœur Evanette Onesaire et de Sœur Jeanne Siliane Voltaire, toutes deux enseignantes dans une école publique locale.
Alors que les gangs semaient le chaos en s’en prenant aux commerces, aux commissariats et à la prison de la ville, les deux religieuses avaient trouvé refuge dans leur résidence à proximité de l’école. Mais cette cachette n’a pas suffi à les protéger. Des hommes armés ont fait irruption dans la maison et ont ouvert le feu, tuant les deux sœurs ainsi que trois autres personnes, parmi lesquelles une cuisinière et une blanchisseuse. Le nombre total des victimes n’a pas été précisé dans les premiers rapports.
La supérieure générale de la congrégation, Sœur Denise Desil, profondément bouleversée, a confié que cette tragédie était une perte immense. “C’étaient de bonnes sœurs, fidèles à leur mission, proches des enfants, dévouées à leur vocation.” Sœur Onesaire venait tout juste de célébrer ses 50 ans de vie religieuse, tandis que Sœur Voltaire avait fêté son jubilé d’argent l’an passé. À ce jour, les corps des religieuses se trouvent toujours sur place, les autorités et la congrégation s’efforçant de les rapatrier dignement malgré les troubles persistants.
L’archevêque de Port-au-Prince, Mgr Max Leroy Mésidor, a lui aussi confirmé publiquement la mort des deux sœurs et a dénoncé ce drame comme une perte terrible pour toute la communauté catholique haïtienne. Le Saint-Siège a été informé.
Depuis plusieurs semaines, la ville de Mirebalais est le théâtre d’une flambée de violence d’une intensité inouïe. Selon les médias haïtiens relayés par Agenzia Fides, les rues seraient jonchées de cadavres, et même l’hôpital universitaire de Mirebalais aurait été attaqué. Lors de l’assaut du 31 mars, les bandes ont également libéré plus de 500 détenus, qui se sont ensuite dispersés dans les rues, contribuant au climat d’insécurité généralisée.
Les groupes armés responsables de ces attaques appartiendraient à deux gangs bien connus : le “400 Mawozo” et un autre se faisant appeler “Taliban”. Ces deux factions sont membres d’une coalition baptisée Viv Ansam, qui exerce son contrôle sur de larges portions du nord de la capitale.
Haïti tout entière ploie sous le joug de cette violence endémique. On estime que près de 12 000 membres de gangs armés ont pris le contrôle de nombreuses zones urbaines, y compris à Port-au-Prince. Ces derniers jours, la violence s’est étendue à d’autres villes, comme le fait remarquer un rapport de la BBC.
Le 2 avril, des milliers de citoyens en colère sont descendus dans les rues de la capitale pour protester contre l’impuissance des autorités face à cette terreur. Les tirs ont éclaté au cours de ces manifestations, les plus importantes depuis la mise en place du conseil présidentiel de transition il y a un an. Le lendemain, Fritz Alphonse Jean, chef de ce même conseil, a annoncé de nouvelles mesures pour tenter de juguler cette spirale infernale.
Mais sur le terrain, les communautés religieuses sont livrées à elles-mêmes. À Rivière-Froide, dans la banlieue sud-ouest de Port-au-Prince, la maison-mère de la congrégation est encerclée. “Nous sommes prisonnières chez nous”, déclarait il y a peu Sœur Denise Desil, contrainte avec ses sœurs de se déguiser en civiles pour se déplacer et éviter les enlèvements.
Dans un appel simple et sincère, elle concluait :
“Priez pour nous.”
Que nos prières accompagnent ces âmes consacrées tombées dans l’accomplissement de leur mission, et que le Seigneur rende à Haïti la paix que le monde ne peut lui donner.
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