À quelques encablures du célèbre sanctuaire marial de Fatima, au centre du Portugal, des pratiques spirituelles non reconnues suscitent la vive inquiétude des autorités ecclésiastiques locales. Le diocèse de Leiria-Fatima a récemment dû lancer une mise en garde officielle contre un jeune homme de 27 ans, Francisco Marques, qui se présente indûment comme prêtre et prétend exercer un ministère de délivrance lors de rassemblements mensuels.
C’est dans le sous-sol aménagé d’un centre commercial de la région que s’organisent ces retraites spirituelles singulières, attirant chaque mois plusieurs dizaines de participants en quête de soulagement. Vêtu de la soutane noire traditionnelle et arborant le col romain, le jeune homme affirme diriger la « Prélature Saints Pierre et Paul », une organisation fondée en 2006 mais qui ne bénéficie d’absolument aucune reconnaissance ni approbation de la part de l’Église catholique. Durant ces séances présentées comme des exorcismes, il procède à des impositions des mains sur le front des personnes présentes. Dans une atmosphère chargée, marquée par des pleurs et des cris, de nombreuses personnes — en grande majorité des femmes — s’effondrent au sol, manifestant des réactions spectaculaires avant d’être prises en charge par une équipe d’assistants.
Face à cette confusion entretenue autour des rites catholiques, l’évêché a tenu à rappeler avec fermeté la doctrine de l’Église. S’exprimant publiquement pour dissocier son diocèse de cette structure, Mgr José Ornelas a rappelé que l’exorcisme est un sacramental extrêmement encadré, qui exige une très grande prudence pastorale et un discernement rigoureux. Le prélat a exprimé sa profonde préoccupation face à ces méthodes, mettant en garde contre l’émergence d’une figure s’apparentant à un « gourou » qui s’attribuerait un pouvoir surnaturel personnel. L’autorité diocésaine pointe du doigt un danger majeur : l’exploitation tragique de personnes se trouvant déjà dans une situation de grande fragilité psychologique ou de profonde détresse spirituelle.
Malgré ces graves avertissements épiscopaux, certains fidèles soutiennent la démarche de Francisco Marques. Persuadés qu’il détient un don particulier, plusieurs participants témoignent d’un sentiment de paix et de libération intérieure à l’issue de ces rituels. Le principal intéressé rejette pour sa part les remontrances de l’Église, affirmant être la cible d’une campagne de diffamation. Pour justifier la probité de son action, il souligne que la participation à ses séances est gratuite et ne repose que sur les dons des croyants. Toutefois, cette gratuité s’accompagne d’une activité commerciale parallèle, le jeune homme proposant à la vente divers ouvrages, de l’eau bénite, du sel prétendument « exorcisé » ainsi que des huiles d’onction préparées par ses propres soins.
Déterminé à poursuivre ses activités et à défendre ce qu’il estime être son honneur face aux accusations, le jeune homme a d’ores et déjà annoncé avoir saisi la justice civile. Ce phénomène illustre une nouvelle fois le défi pastoral complexe auquel l’Église doit répondre : entendre la soif de réconfort d’âmes souvent blessées, tout en les protégeant fermement contre l’illusion des faux charismes et le danger des dérives sectaires.





Conversation des fidèles
0 commentaire(s)Aucun commentaire pour le moment.
Connecte-toi pour participer à la discussion.