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INTERNATIONALE

L’épiscopat polonais et l’Église gréco-catholique ukrainienne plaident pour le pardon

L’épiscopat polonais et l’Église gréco-catholique ukrainienne plaident pour le pardon

Dans un geste ecclésial, plusieurs hauts responsables catholiques de Pologne et d’Ukraine ont uni leurs voix pour lancer un appel à la réconciliation entre leurs deux nations. Diffusé conjointement depuis Rome et Kiev le 29 juin, ce message exhorte les deux peuples à rejeter toute forme d’hostilité, à choisir la voie du pardon et à préserver les liens spirituels qui les unissent, en dépit de l’exacerbation des tensions politiques et mémorielles.

Le document a été paraphé par les cardinaux Mykola Bychok, Konrad Krajewski, Kazimierz Nycz et Grzegorz Ryś, ainsi que par l’archevêque majeur Sviatoslav Chevtchouk, primat de l’Église gréco-catholique ukrainienne. La publication de cet appel est intervenue alors que ces hauts prélats se trouvaient rassemblés dans la Ville éternelle à l’occasion du récent consistoire. Dès les premières lignes de leur déclaration, les signataires ont tenu à préciser qu’ils s’exprimaient en profonde communion avec le pape Léon XIV. Ils ont salué la première année de son pontificat, la décrivant comme une période marquée par un travail inlassable pour bâtir la paix sur le fondement du bien commun et par une opposition résolue à la guerre sous toutes ses formes.

Cette prise de parole intervient dans un contexte diplomatique complexe. Si la Pologne s’est imposée comme l’un des soutiens les plus indéfectibles de l’Ukraine depuis l’invasion russe de 2022, les relations bilatérales sont régulièrement assombries par de profondes divergences autour de l’interprétation des tragédies survenues durant la Seconde Guerre mondiale. Concients de ces blessures historiques, les responsables catholiques ont souligné que l’enjeu de la réconciliation polono-ukrainienne dépassait largement la simple sphère géopolitique, affirmant qu’il en allait de l’authenticité même de leur témoignage chrétien commun.

Faisant directement écho au magistère du pape Léon XIV, les évêques ont exhorté leurs concitoyens à renoncer à toute rhétorique incendiaire. Convaincus que la première étape vers la paix réside dans le « désarmement du langage », ils ont rappelé que cette exigence ne concernait pas uniquement les mots, mais s’étendait également aux gestes, aux signes et aux symboles, capables eux aussi de blesser, d’entraver la rencontre et de susciter la peur. Les prélats ont par ailleurs mis en garde contre la tentation d’instrumentaliser les récits historiques à des fins de division. Selon eux, imposer à l’autre sa propre lecture du passé et de l’avenir revient à céder à la logique d’une culture dominée par la violence et le pouvoir. Face aux ressentiments, ils ont rappelé la réponse apportée par l’Évangile : le pardon demeure l’unique remède au péché, et la miséricorde est la limite définitive que Dieu a fixée au mal.

Pour asseoir leur démarche, les signataires se sont tournés vers l’héritage de saint Jean-Paul II, artisan infatigable du rapprochement entre les deux nations au cours de son pontificat. Considérant qu’il serait tragique de gaspiller ce patrimoine commun, ils ont exprimé le devoir moral de poursuivre avec patience et courage ce chemin inauguré avec la bénédiction du pontife polonais. En guise de conclusion, et toujours en s’associant au Saint-Père, les responsables ecclésiaux ont appelé l’ensemble des acteurs à s’élever au-dessus des seuls intérêts particuliers pour rechercher, inlassablement, le bien commun fondé sur la vérité et la charité.

Conversation des fidèles

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