Le diocèse catholique de Wukari, situé dans l’État de Taraba au Nigeria, a rendu public un état des lieux alarmant concernant la situation sécuritaire dans le sud de la région. Dans un communiqué officiel publié le vendredi 8 mai 2026, à l’issue de son assemblée générale, l’institution ecclésiale dénonce une série d’attaques persistantes attribuées à des milices d’origine peule, lesquelles frappent les populations locales depuis le mois de septembre 2025.
Les données recueillies par le diocèse témoignent de l’ampleur du drame humanitaire en cours. Selon le document signé par l’évêque du lieu, Mgr Mark Maigida Nzukwein, et le chancelier diocésain, le père Simon Akuraga, les violences ont entraîné le déplacement de 98 000 personnes. Parmi ces déplacés figurent seize prêtres, contraints de quitter leurs paroisses. Le bilan humain est tout aussi lourd, avec plus d’une centaine de personnes tuées et de nombreux blessés ou mutilés.
Sur le plan matériel et cultuel, la situation est critique. Le diocèse rapporte la destruction de 217 églises, privant les communautés chrétiennes de leurs lieux de culte habituels. Les responsables ecclésiaux déplorent par ailleurs l’occupation de nombreuses localités par ces assaillants, principalement dans les zones de gouvernement local de Takum et de Donga, ainsi que dans la zone de développement spécial de Yangtu.
Face à cette crise, l’Église catholique exprime une vive préoccupation quant à l’inaction apparente des forces de sécurité. Le texte souligne le sentiment d’impunité dont semblent bénéficier les auteurs de ces exactions, déplorant que les autorités n’aient pas déployé les moyens suffisants pour mettre un terme à ces agressions qui durent depuis plusieurs mois et qui détruisent les moyens de subsistance des habitants.
En parallèle à cet appel à la protection des populations, le diocèse de Wukari s’est tourné vers les enjeux politiques nationaux à l’approche des élections générales de 2027. Les évêques ont exhorté la Commission électorale nationale indépendante (INEC) à garantir une transparence totale du processus électoral. Pour le clergé, la crédibilité du scrutin est indissociable de la santé démocratique du pays.
À cet égard, l’Église insiste sur la nécessité d’une indépendance réelle de l’institution électorale, à l’abri de toute manipulation. Elle préconise un recours systématique aux technologies fiables, telles que le système d’accréditation biométrique BVAS et le portail de transmission des résultats, afin de minimiser les interventions humaines et les risques de fraude.
Enfin, les responsables diocésains ont rappelé aux futurs candidats que l’exercice du pouvoir politique doit être perçu comme un engagement au service du bien commun. Ils insistent sur l’impératif d’un dévouement désintéressé pour ceux qui seront investis de l’autorité par le vote des citoyens, rappelant ainsi la responsabilité morale qui pèse sur les leaders en vue de la stabilité de la nation.





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