Depuis le 1er janvier 2025, un nouveau décret régissant l’usage de l’intelligence artificielle (IA) au sein de l’État de la Cité du Vatican est entré en vigueur. Élaboré par la Commission pontificale de l’État de la Cité du Vatican, ce texte, intitulé « Directives sur l’Intelligence Artificielle », pose un cadre strict visant à encadrer les pratiques liées à cette technologie.
Publiée discrètement le 23 décembre 2024 sur le site officiel du Vatican, cette réglementation interdit formellement certaines utilisations de l’IA jugées contraires à l’éthique ou à la mission de l’Église. Elle ne s’applique toutefois qu’aux institutions de l’État de la Cité du Vatican, excluant ainsi la Curie romaine.
Le texte de 13 pages détaille les pratiques prohibées, parmi lesquelles :
Toute utilisation compromettant la sécurité de l’État de la Cité du Vatican.
Les systèmes d’IA qui excluraient les personnes handicapées ou les discrimineraient.
Les applications engendrant des inégalités sociales ou portant atteinte à la dignité humaine.
Les techniques de manipulation subliminale causant un préjudice physique ou psychologique.
De plus, il est explicitement interdit d’utiliser des outils d’intelligence artificielle qui seraient contraires à la mission du pape, à l’intégrité de l’Église ou aux activités institutionnelles du Vatican.
Pour garantir le respect de ces directives, une Commission sur l’Intelligence Artificielle a été instituée. Composée de cinq membres issus des services juridiques, informatiques et de sécurité du Vatican, cette commission a pour mission de :
Superviser les activités liées à l’IA.
Proposer des lois complémentaires pour renforcer le cadre réglementaire.
Rédiger des rapports semestriels sur l’état des pratiques liées à l’IA au Vatican.
Examiner les propositions d’expérimentations pour s’assurer de leur conformité aux principes éthiques énoncés.
Ce décret s’appuie sur les grandes lignes du règlement européen sur l’IA, adopté en août dernier, tout en les adaptant aux spécificités du Saint-Siège. Le texte insiste sur des principes tels que la transparence, l’inclusion et la responsabilité éthique, et réaffirme les lois existantes du Vatican sur la protection des données et des droits d’auteur.
Une attention particulière est accordée aux domaines sensibles comme la santé, le patrimoine culturel, la justice et l’administration. Par exemple, dans les tribunaux du Vatican, l’usage de l’IA est limité à des recherches documentaires, la tâche d’interprétation de la loi restant exclusivement confiée aux juges humains.
Le décret souligne également que tout contenu généré par l’IA au Vatican devra être clairement identifié par la mention « IA », afin de distinguer la création humaine des productions artificielles.
Ce texte reflète l’engagement du pape François pour une régulation éthique de l’intelligence artificielle. Dans sa Rome Call for AI Ethics, il rappelle que science et technologie sont des dons de Dieu, devant être employés au service du bien commun. Le Pape a également plaidé pour un traité international sur la régulation de l’IA et a exhorté les leaders du G7 à bannir les armes autonomes.
Tout en posant des interdictions claires, les directives reconnaissent les bénéfices que la technologie peut apporter :
« La science et la technologie, fruits de la créativité humaine, sont des dons de Dieu qui ont permis de remédier à de nombreux maux. »
Le Vatican prévoit d’élaborer des lois complémentaires d’ici à la fin de l’année afin de renforcer ces premières directives. Une fois encore, l’Église manifeste son souci de conjuguer progrès technique et respect de la dignité humaine, tout en défendant sa mission évangélique face aux défis du monde moderne.
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