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Des démons effrayent Sainte Françoise Romaine sous forme humaine

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Des démons effrayent Sainte Françoise Romaine en forme humaine

Dans le troisième livre de la vie de cette Sainte, nous pouvons y lire toute l’ingéniosité démoniaque, des démons effrayent Sainte Françoise Romaine dans son quotidien.

Lorsque Dieu permit a l’esprit de ténèbre de se montrer a sa servante sous des formes sensibles, il lui apparut d’abord sous la figure d’un ermite, couvert d’une robe très-pauvre, avec une longue barbe et tenant a la main un bâton tortueux. Françoise était dans la salle de réception, avec son beau-frère Paulutius.

Lorsqu’elle vit entrer ce monstre qu’elle reconnut sans peine, effrayée de se voir si près de l’ennemi du genre humain et ne pouvant supporter sa vue, elle courut se renfermer dans sa chambre et le démon resta dans la salle en conversation avec Paulutius qui ne le connaissait pas. Cependant, Françoise, malgré son éloignement, le voyait encore des yeux de l’esprit, et ne pouvant le bannir de sa pensée, elle en était toute peine et toute tremblante.

Vannotia étant entrée dans ce moment même, et s’apercevant de son trouble, lui demanda ce qu’elle avait. Françoise, de peur de trahir le secret de Dieu, ne lui fit aucune réponse ; mais elle continua son oraison ; et le démon, vaincu par cette arme puissante, fut contraint de se retirer sans nuire a personne dans la maison.

Une nuit, pendant qu’elle faisait oraison, ce cruel ennemi la prit par les cheveux, et, la portant sur le balcon, la suspendit sur la voie publique, en lui disant que c’en était fait de sa vie ; qu’il allait la briser contre le pavé. Il la tint assez longtemps dans cette position effrayante ; mais Françoise demeura confiante dans la bonté de Dieu qui, en effet, la tira de ses mains, et la remit en sûreté dans sa chambre.

Dès le lendemain Françoise fit couper ses cheveux, afin d’empêcher le retour d’un semblable accident. Étant un jour sortie avec sa sœur Vannotia, pour visiter l’église Saint-Jean de Latran, elles prirent un chemin détourné, afin de ne rencontrer personne. Lorsqu’elles approchaient de l’église des saints Pierre et Marcellin, Françoise se trouvant fatiguée s’assit sur une borne, et Vannotia en fit autant. Tandis qu’elles conversaient ensemble, elles furent abordées par un vieillard a longue barbe, qui leur fit les plus honteuses propositions. C’était l’esprit de ténèbre qui employait cette tentation pour causer a la servante de Dieu une affliction très-profonde, sachant bien que de tous les vices, c’était celui de la chair dont elle avait le plus d’horreur. Françoise, reconnaissant a ce trait le monstre qu’elle avait en sa présence et voulant l’affliger a son tour, lui adressa ces paroles humiliantes :

« Esprit dont la grossièreté égale la malice, tu te crois bien caché sous cette forme humaine ; je te reconnais et je rougis de ton infamie. »

Vannotia, avertie par ces paroles qu’elle était en présence de l’esprit infernal, fut saisie d’une grande crainte ; mais Françoise la rassura en lui disant :

« De quoi donc avez-vous peur ? Gardez-vous bien, ma sœur, de redouter une si vile créature ; mettons-nous à genoux, ajouta-t-elle, et invoquons le Tout-Puissant. »

Elles s’y mirent en effet et le démon disparut épouvanté par leur prière.

Une nuit que, selon sa coutume, elle vaquait a l’oraison, le démon à qui ce saint exercice déplaît souverainement, furieux contre elle, vint la prendre et la coucha sur une table fort étroite et fort haute, ou il lui était difficile de se mouvoir sans tomber. Ne sachant comment faire pour en descendre, le démon riait d’elle et se moquait de son embarras ; la servante de Dieu se recommanda à son bon Maitre, et demeura tranquille. Le Seigneur, après l’avoir laissée quelque temps dans cette position, sans doute pour exercer sa patience, la remit par terre, mais d’une manière si prompte et si subtile, qu’elle ne put se rendre compte du mouvement qu’elle avait fait.

Une autre fois, étant encore en oraison, le démon approcha d’elle avec une grande rage, et lui dit :

« Pour te faire de la peine, je jouerai quelque mauvais tour à ta sœur Vannotia. »

La bienheureuse, qui savait que sans la volonté de Dieu sa malice était impuissante, se moqua de cette menace et il disparut.

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Quelques jours après, Françoise voulant aller à l’église de Saint-Pierre, dont on célébrait la Dédicace, avec Vannotia, celle-ci fit un faux pas au haut de l’escalier et roula jusqu’en bas. La chute fut si lourde, que tout son corps en fut meurtri des pieds a la tête. Françoise la guérit sur-le-champ, au grand déplaisir du démon qui lui dit :

« Si ta sœur vit encore, c’est bien malgré moi ; je l’ai jetée de manière a ce qu’elle devait rester morte sur la place ; mais un ange la soutenue, et elle n’est pas tombée comme je l’avais projeté »


Dans une de ces rencontres ou ce méchant esprit tourmentait la bienheureuse, elle s’avisa de lui faire cette question :

« Dis-moi, misérable, pourquoi tu demeures dans ton obstination, au lieu de recourir à la divine miséricorde ? »

« Ce n’est pas à moi de prévenir Dieu, répondit-il, c’est à lui de me faire réparation de l’injure atroce qu’il m’a faite en me chassant du ciel. »

– Mais, reprit Françoise, c’est ton orgueil qui t’a valu cette chute déplorable.

– Pourrais-tu bien me dire, lui demanda le démon, pour changer de discours, ce que signifient ces paroles : II placera les brebis à sa droite et les boucs a sa gauche ?

– Par les boucs, répondit Françoise, il faut entendre les pécheurs superbes et désobéissants qui, comme toi, seront damnés pour leur orgueilleuse révolte et les brebis sont la figure des âmes humbles et soumises a la volonté de Dieu, dans l’accomplissement de ses commandements, dont l’observation leur ouvrira le ciel.

– Mais, dis-moi, reprit le démon, Dieu n’a-t-il pas dit, faisons l’homme a notre image et ressemblance ? Pourquoi donc m’a-t-il perdu moi, parce que je m’efforçais de lui ressembler ? N’est-il pas clair qu’en me chassant du ciel, il a commis a mon égard une injustice ?

– Non, répondit Françoise, ce châtiment fut juste, parce que dans ton orgueil, tu voulais te soustraire a son empire, t’égaler à lui et te faire Dieu.

Après avoir entendu ces paroles, Satan demeura sans réplique et fut tout confus. Un jour que Françoise se sentait singulièrement portée à la contemplation, elle s’en alla dans son oratoire, dont elle ferma la porte, pour être plus tranquille, et se mit en oraison. Le démon, toujours désireux de la troubler dans cet exercice, prit la forme de son confesseur, entra dans son petit ermitage, muni de plumes, de papier et d’encre, vint s’asseoir auprès d’elle, et lui dit :

« Je veux écrire les admirables visions et révélations dont Dieu vous favorise. Quel dommage que vous ne sachiez pas écrire vous-même, vous composeriez de gros livres de tant de choses merveilleuses qui vous sont manifestées ; je veux absolument que vous vous mettiez en état de rendre ce service au « monde. »

À ce langage si propre à lui inspirer de la vaine gloire, Françoise n’eut pas de peine à reconnaître le personnage qui lui parlait ; aussi, bien loin d’accueillir ses éloges, elle lui dit d’un ton moqueur et méprisant :

« Misérable, tu n’es pas le père de mon âme ; tu es l’esprit de déception et de mensonge. »

– Quoi, ma fille, lui répondit-il, vous osez m’insulter de la sorte, moi qui suis votre père spirituel, le ministre du Dieu très-haut et son représentant au saint autel ! Sachez respecter mon caractère et la mission que je remplis en ce moment auprès de vous ; je viens écrire les merveilles que Dieu vous fait connaitre, afin de les publier quand vous ne serez plus, a votre propre honneur et a la gloire de celui qui vous les révèle.

– Comment oses-tu parler de la sorte, répondit la bienheureuse, esprit rejeté de Dieu et souverainement misérable ? Raconte plutôt toi-même les choses divines que tu as vues pendant ton séjour dans le ciel, dans ce beau ciel dont ton orgueil t’a rendu indigne et qu’il t’a fait perdre.

Satan, furieux de se voir méprisé, changea de forme et devint un dragon, dont l’aspect était effrayant et la puanteur intolérable. II prit la servante de Dieu dans sa gueule, la pressa plusieurs fois violemment contre la muraille et finit par la jeter en l’air ; mais la puissance de Dieu l’empêcha de retomber, et la déposa doucement sur la plate-forme de l’édifice.

Delà, elle disait courageusement au démon :

« Je compte pour rien tout ce que tu m’as fait ; redouble tes mauvais traitements si Dieu t’en donne la puissance ; je suis sans crainte et n’ai que du mépris pour toi. »

Ce monstre confondu se retira pour quelques instants , mais il reparut ensuite sous la forme d’un homme, tenant une lance a la main et dit à Françoise :

« Je vais te tuer ainsi que ton fils Baptiste ; mais, pour te faire souffrir davantage, je commencerai par ton fils et finirai par toi. »

– Tu ne peux rien faire, lui répondit Françoise, sans que Dieu te le permette ; fais donc du pis que tu pourras, j’y consens.

Irrité de ce défi, il voulut lui porter un coup de lance, mais elle para le coup avec courage et prenant le fer de ses deux mains, elle l’arracha, ne laissant que le bois entre les mains de son ennemi. Quel fut l’étonnement de la bienheureuse.

Lorsqu’elle put se convaincre que ce fer, long de deux palmes, était tout simplement un carton noirci. Ce combat ayant duré depuis six heures du matin jusqu’à trois heures de l’après midi, Marguerite vint appeler Françoise, et le démon s’enfuit, ce qu’il faisait toujours lorsqu’elle était appelée.

Veillant une nuit auprès de son mari qui était malade et étant descendu dans la salle, pour y prendre quelque chose dont il avait besoin, elle y trouva un démon d’un aspect effrayant ; il la saisit avant qu’elle eût le temps de se reconnaitre, la porta sur le bord d’un puits et fit semblant de vouloir l’y précipiter.

Françoise, toujours tranquille dans sa confiance en Ia bonté divine, se contenta de dire, selon son usage en pareille circonstance : « mon Jésus ! » et le démon, saisi d’épouvante, la remit sur ses pieds et disparut.

Lorsqu’elle voulut rentrer dans la maison, elle trouva la porte fermée ; c’est que le démon l’avait sortie par une fenêtre. Elle rentra donc, comme elle put, par cette ouverture et remonta à la chambre de son mari. Celui-ci lui reprocha sa lenteur, et se plaignit que, l’ayant appelée cent fois, elle n’avait pas daigné lui répondre. Françoise, ne voulant pas lui faire part de ce qui lui était arrivée, s’excusa le mieux qu’elle put, sans blesser la vérité. Le démon l’avait saisie avec tant de violence, que la partie de son corps par laquelle il l’avait prise, était fort douloureuse et cette douleur lui demeura pendant un assez long temps.

Veillant encore, une autre nuit, auprès de son mari, avec je ne sais quelle personne, elle voulut s’occuper, selon sa coutume, au saint exercice de la contemplation ; mais elle ne put s’y livrer a son aise, parce que Laurent parlait avec 1’autre personne de ses bœufs, de ses vaches, de ses brebis, de ses champs, toutes choses qui, au lieu d’intéresser l’esprit céleste de Françoise, lui causaient beaucoup d’ennui.

Elle quitta donc la chambre, et alla s’enfermer dans la cuisine, ou les servantes n’étaient plus, pour contempler en pleine liberté. Elle se mit à genoux non loin du foyer qui était couvert d’une braise ardente ; mais à peine son esprit commençait-il à s’élever en Dieu, que le démon furieux la saisit et la tint suspendue pendant quelques instants sur les charbons, de manière à lui bruler un tant soit peu les pieds. Françoise, sans se troubler, recourut à Jésus, sa ressource ordinaire, et aussitôt elle se trouva libre et déposée sans violence sur la plate-forme de la maison, mais sans pouvoir deviner comment elle y était venue.

Les religieux du Mont-Cassin, obligés de fuir de leur couvent pour échapper aux horreurs de la guerre, étaient venus chercher un refuge a Rome, ou ils occupaient le palais de Sainte-Cécile, dans le quartier Trans-téverin. Un jour que Françoise passait par la rue qui longe cet édifice, elle aperçut sur le fronton sept esprits infernaux. Surprise de cette vision et désirant savoir la cause de leur présence, l’un d’entre eux lui dit :

« Nous sommes venus ici pour rendre la vie dure aux religieux qui demeurent dans cette maison, et les troubler autant que nous le pourrons dans leur recueillement, leurs oraisons et leurs offices. »

Source : Ch II – Vie de Sainte Françoise Romaine – Abbé Paul, Vicaire Général d’Évreux. 1900

Publié par Napo

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