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Sainte Catherine de Bologne

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Sainte Catherine de Bologne

Vierge Clarisse, Sainte Catherine de Bologne fut favorisée de grâces mystiques étonnantes. Elle ne cessait de rappeler à tous ceux et celles qui l’entouraient, les vertus d’humilité, de patience et d’union à Dieu. (1413-1463)

Au moment où Sainte Colette jetait en France un si grand éclat par ses œuvres admirables et par ses vertus, l’Italie voyait apparaître Sainte Catherine de Bologne, dont la Sainte Vierge avait annoncé la naissance, et qu’elle avait montrée comme une lumière, dont la splendeur devait un jour éclairer le monde.

De l’enfance et de la vie de notre Sainte Catherine de Bologne, avant son entrée en religion, ne disons qu’un mot. Élevée à la cour du duc de Ferrare, au milieu des grandeurs, dans l’étude des arts et des lettres, Catherine de Vigri n’avait qu’un seul désir : se consacrer à l’Epoux divin. Aussi, ce fut avec un bonheur indicible qu’elle revêtit, à vingt ans, l’habit de sainte Claire.

De grandes épreuves marquèrent les premiers pas de notre sainte dans les sentiers de la vie parfaite ; les âmes qui tendent à la perfection y puiseront d’utiles renseignements. Le démon se montra d’abord à elle sous les traits de la Mère de Dieu et lui donna de perfides conseils à double sens, qui jetèrent l’âme de la jeune novice dans de cruelles perplexités. Sainte Catherine de Bologne raconte dans ses écrits comment elle a été souvent la dupe du démon. Une fois, entr’autres, son esprit se remplit de pensées de blasphèmes et ces pensées étaient si importunes que rien ne pouvait l’en distraire ; elles la suivaient partout, jusqu’aux pieds de son confesseur dont les consolations ne lui procuraient aucun soulagement.

Elle était loin de consentir à ces pensées, elle les repoussait au contraire avec horreur ; une fois, dans son sommeil, le démon lui suggérant de blasphémer contre Dieu, on l’entendit répondre à plusieurs reprises :

« C’est ce que je ne ferai jamais. »

Le démon, irrité, fit un tel bruit qu’elle se réveilla et le sentit en quelque sorte s’éloigner d’elle. Elle connut alors, avec certitude, que toutes ces pensées venaient du démon et non d’elle-même, ainsi que cet esprit de ténèbres cherchait à le lui persuader, afin de la pousser au désespoir. À partir de ce moment Catherine ne fit plus de cas de ces pensées et le démon, se voyant découvert, cessa de la tourmenter.

L’âme qui a passé par de semblables épreuves acquiert l’humilité et se trouve préparée à recevoir les faveurs du ciel. Elles ne manquèrent pas à sainte Catherine de Bologne. En voici une dont elle fait le récit, en parlant d’elle-même à la troisième personne :

« La même servante de Dieu demanda à sa supérieure la permission de passer la nuit de Noël dans l’église du monastère, et l’obtint. Or, à minuit, elle vit apparaître la divine Marie tenant entre ses bras l’Enfant Jésus enveloppé de langes. Cette bonne Mère, s’étant avancée jusqu’à elle, lui donna son divin Fils. Je vous laisse à penser quelle fut la joie de cette pauvre créature, quand elle se vit en possession du Fils de l’Éternel. Toute tremblante de respect, mais encore plus enivrée d’amour, elle le pressa sur son cœur, elle approcha ses lèvres de sa face sacrée et éprouva une telle suavité que son âme semblait se fondre comme la cire aux rayons du soleil. Nulle langue humaine ne saurait dire, nul esprit ne saurait concevoir la beauté ravissante de ce divin Enfant et le parfum céleste qui s’exhalait de sa chair très pure. Cette vision n’eut pas lieu dans le sommeil, elle ne fut pas imaginaire et perçue seulement par l’esprit, elle fut réelle et manifeste. »

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D’ailleurs cette vision ne fut pas connue uniquement par la relation que Catherine en donna. Après avoir rempli les fonctions de maîtresse de novices on lui confia l’emploi de portière, ce qui lui fut un très grand sacrifice, parce qu’elle était obligée d’interrompre à tout instant ses exercices pour répondre aux personnes qui se présentaient ; mais elle se soumit humblement et joyeusement, ce dont le Seigneur ne tarda pas à la récompenser.

Parmi les pauvres qui venaient demander l’aumône à la porte du monastère, il s’en présenta un qui fixa davantage son attention, et pour lequel elle se sentit un intérêt tout particulier. C’était un vieillard d’un aspect vénérable dont les discours semblaient indiquer qu’il avait fait le pèlerinage de la Palestine. Ce bon vieillard revint plusieurs fois, et la pieuse portière éprouvait une indicible joie à l’entendre parler des lieux consacrés par la vie et la mort de son céleste Époux.

Un jour, après avoir reçu l’aumône, le vieillard lui remit une coupe d’une matière transparente et lui dit que c’était le vase dont se servait la sainte Vierge pour donner à boire à l’Enfant Jésus. Catherine apprit par révélation que cet inconnu était l’Époux virginal de Marie, Saint Joseph.

Ce prodige accrut la dévotion qu’elle avait déjà pour ce grand Patriarche. L’écuelle de Saint Joseph se conserve encore aujourd’hui chez les Clarisses de Ferrare et, le jour de la fête de Saint Joseph, on l’expose à la vénération des fidèles.

Il y avait vingt-quatre ans que la sainte embaumait de ses vertus le monastère de Ferrare, lorsqu’elle fut nommée abbesse d’un nouveau couvent à Bologne, sa ville natale. Ce fut grande joie parmi ses concitoyens, qui la reçurent avec pompe. Elle vécut à Bologne sept années, qui furent des années de bénédiction pour cette ville. Sa présence était un gage d’apaisement. Au seul aspect de la Sainte, on se sentait porté à cesser les haines et les divisions. Or, c’est dans un continuel commerce avec le ciel que la Sainte puisait cette apparence plus angélique qu’humaine ; on la voyait souvent rester de longues heures, prosternée la face contre terre, devant le Saint Sacrement.

Dans ses travaux extérieurs, elle gardait, autant que possible, le silence, afin de ne pas interrompre le Saint commerce de son âme avec Dieu ; elle a souvent affirmé que ses oraisons au pied des autels n’étaient pas aussi fructueuses que celles qu’elle faisait en travaillant par obéissance avec ses compagnes.

Que de fois l’état malheureux et l’aveuglement des pécheurs ne lui arrachèrent-ils pas d’abondantes larmes ! On l’entendait souvent s’écrier :

« Ouvrez le ciel, ô mon Dieu, à tous ces infortunés : admettez-les aux joies éternelles de votre royaume, je m’abandonne pour eux à votre justice, ne me réservant que votre grâce et votre amour. Je suis prête à descendre en enfer, à me placer sous le marteau de votre colère comme une enclume qu’il pourra frapper éternellement pour expier les péchés passés, présents et à venir, et sauver ces nombreux coupables, »

La sainte abbesse avait combattu le bon combat, le céleste Fiancé la convia enfin au banquet des noces éternelles. Elle expira doucement en prononçant le nom adorable de Jésus. Dix-huit jours après sa mort elle fut retirée de son tombeau et trouvée exempte de corruption : or, tandis qu’on exposait la défunte dans le chœur, on la vit saluer trois fois la communauté avec un doux sourire, et un doux parfum se répandit dans l’église et le monastère.

Publié par Napo

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