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À Marseille, un Christ armé relance la question du sacré dans l’art

À Marseille, James Colomina expose « Tu ne tueras point », un Christ rouge tenant deux Uzi. Une œuvre provocatrice qui interroge directement le rapport entre art, violence et sacré chrétien.

À Marseille, un Christ armé relance la question du sacré dans l’art

Une sculpture rouge de deux mètres représentant le Christ tenant deux pistolets-mitrailleurs Uzi est exposée depuis le 12 septembre à L’Aérosol, à Marseille. Intitulée Tu ne tueras point, l’œuvre de l’artiste toulousain James Colomina entend confronter l’interdit de tuer à la violence qui traverse les sociétés contemporaines. Sa représentation du Christ armé pose cependant une question particulière pour les chrétiens : jusqu’où l’art peut-il détourner une figure sacrée pour produire un choc visuel ?

Une sculpture de James Colomina exposée jusqu’au 1er novembre

Selon La Dépêche du Midi, l’œuvre est réalisée en résine et entièrement recouverte du rouge vif caractéristique de James Colomina. Elle doit rester visible à L’Aérosol jusqu’au 1er novembre 2026. Initialement placée à l’extérieur, elle a finalement été déplacée à l’intérieur du lieu d’exposition.

L’artiste présente son travail comme une interrogation sur le décalage entre les valeurs proclamées et la violence réelle. Le titre renvoie directement au commandement biblique « Tu ne tueras point ». Le choix d’un Christ armé ne constitue donc pas un simple décor : il est le ressort central du message artistique.

Pour les catholiques, le Christ n’est pas un symbole interchangeable

La réception d’une telle œuvre ne peut toutefois être exactement la même pour un spectateur chrétien et pour un observateur qui ne voit dans Jésus qu’une figure culturelle. Pour la foi catholique, le Christ est une personne vivante, vrai Dieu et vrai homme, et sa représentation appartient à une longue tradition d’art sacré, de catéchèse et de dévotion.

Le problème n’est donc pas de savoir si un artiste a le droit de provoquer. Il s’agit plutôt de distinguer l’intention revendiquée de l’effet produit. Associer visuellement Jésus à des armes automatiques peut être compris comme une dénonciation de la violence ; cela peut aussi être reçu comme une instrumentalisation d’une figure sacrée dont le message évangélique ne se réduit pas à un slogan pacifiste.

L’Évangile ne présente pas le Christ comme indifférent au mal ou à l’injustice. Mais son Royaume ne s’impose pas par la violence armée. Au moment de son arrestation, Jésus ordonne à Pierre de remettre son épée à sa place. Cette scène donne au chrétien une clé de lecture plus profonde que le seul contraste entre « religion » et « armes » : la victoire du Christ passe par le don de soi, non par la domination.

Une provocation artistique qui mérite une lecture précise

James Colomina a déjà utilisé des images religieuses ou des références à l’Église dans des installations volontairement provocatrices. Son travail s’inscrit dans le street art et recherche fréquemment le décalage visuel immédiat.

Il serait excessif d’affirmer, sans élément supplémentaire, que cette nouvelle sculpture constitue juridiquement ou intentionnellement une attaque contre les chrétiens. L’artiste dit vouloir dénoncer la violence. Mais il serait tout aussi artificiel d’ignorer que le choix du Christ donne à l’œuvre une charge religieuse spécifique.

Pour les catholiques, la réponse la plus solide consiste donc à ne pas s’arrêter à l’indignation : rappeler qui est le Christ, ce que signifie réellement le commandement de ne pas tuer et pourquoi les images chrétiennes ne sont pas de simples accessoires culturels. L’œuvre restera exposée à Marseille jusqu’au 1er novembre.

Sources principales

La Dépêche du Midi — présentation de l’œuvre
Toulouse7 — exposition à L’Aérosol

Conversation des fidèles

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