Le diocèse d’Aberdeen, en Écosse, a confirmé être en contact direct avec le Saint-Siège pour évaluer la situation canonique des Fils du Très Saint Rédempteur, plus connus sous le nom de Rédemptoristes transalpins. Cette démarche intervient après la publication, le 16 octobre, d’une lettre de la communauté affirmant rejeter « l’Église synodale distincte de l’Église catholique divinement instituée ».
Une communauté traditionnelle sous examen
Dans un communiqué du 24 octobre, Mgr Hugh Gilbert, OSB, évêque d’Aberdeen, a déclaré que le diocèse « regrette profondément le ton, la direction et les éléments essentiels de cette lettre ». Il a ajouté que « les Dicastères compétents du Saint-Siège étudient la situation et fourniront les orientations canoniques et doctrinales nécessaires ».
Fondée en 1987 par le Père Michael Mary Sim, sous l’impulsion de Mgr Marcel Lefebvre et avec le soutien du cardinal Édouard Gagnon, la communauté des Rédemptoristes transalpins a son siège sur l’île de Papa Stronsay, au nord de l’Écosse. En 2012, elle avait obtenu une reconnaissance canonique du Saint-Siège sous le pontificat de Benoît XVI.
De nouvelles tensions avec Rome et les évêques locaux
La congrégation dispose de maisons aux États-Unis, dans le Montana, et en Nouvelle-Zélande, à Christchurch. Cependant, leur présence dans ce dernier diocèse a pris fin après une décision de Mgr Michael Gielen, soutenue par le Vatican, d’expulser la communauté.
Le 31 octobre, le Père Michael Mary a publié un nouveau communiqué sur le site de la communauté. Il y évoque les récents propos du pape Léon XIV, qui, dans une homélie prononcée au Vatican, aurait déclaré que « personne ne possède la vérité tout entière ».
Pour le supérieur, une telle phrase revient à nier la foi catholique comme unique voie du salut : « Si cela n’est pas un reniement du catholicisme comme seule vraie religion, alors je ne sais pas ce que c’est », écrit-il.
Dans ce texte, le religieux cite l’Écriture sainte, le Concile de Trente, ainsi que des enseignements de Grégoire XVI et Léon XIII, pour démontrer que la foi de l’Église ne saurait être compatible avec ce qu’il appelle « une nouvelle Église moderne ». Le Père Michael Mary dénonce notamment la commémoration du 60ᵉ anniversaire de Nostra Aetate, document du concile Vatican II, célébré au Vatican, qu’il accuse d’avoir mis le catholicisme « au même niveau que les autres religions ».
Selon lui, « la Messe de toujours ne suffit pas à elle seule. Son inséparable compagne est la foi de toujours. L’une sans l’autre n’a aucun sens : elles sont deux organes d’un même corps ».
Le rôle controversé du cardinal Zuppi
Le supérieur évoque également la participation du cardinal Matteo Zuppi au récent pèlerinage Summorum Pontificum à Rome, suivi d’un événement interreligieux où le prélat a allumé des bougies avec des non-chrétiens. Il estime que cette scène symbolise « une religion mondiale unie, non fondée sur le Dieu de Vérité, mais sur la fraternité humaine ».
Il ajoute : « Dans une telle religion, il restera peut-être un coin pour la Messe traditionnelle, mais aucun pour la Foi traditionnelle. »
Zuppi, cardinal depuis 2019 et président de la conférence épiscopale italienne depuis 2022, est connu pour ses positions favorables aux revendications LGBT et pour avoir célébré en 2020 le mariage civil d’un ancien Grand Maître franc-maçon de Rome.
Une fracture visible depuis Vatican II
La controverse survient alors que le Vatican célébrait les 60 ans de la déclaration Nostra Aetate, dont l’origine remonte à la rencontre entre le pape Jean XXIII et l’historien juif Jules Isaac en 1960. Ce dernier avait demandé une nouvelle approche du dialogue entre l’Église et le judaïsme, à l’origine de ce texte conciliaire.
Le cardinal Kurt Koch, préfet du Dicastère pour la promotion de l’unité des chrétiens, a rappelé que cette demande avait conduit à la rédaction du document final, qui reste à ce jour sujet de profondes divisions dans l’Église.
Pour le Père Michael Mary, la ligne actuelle de nombreux évêques s’éloigne clairement de la foi transmise : « Il est évident, par le silence des évêques depuis soixante ans, qu’ils adhèrent à ces erreurs. »
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