Le 7 septembre 2025, le pape Léon XIV a proclamé saints deux jeunes figures lumineuses : Pier Giorgio Frassati, fils de la première moitié du XXe siècle, et Carlo Acutis, adolescent de notre époque. Deux vies différentes, mais un même élan : tout donner à Jésus-Christ.
Dans son homélie, le Saint-Père a rappelé les paroles du Livre de la Sagesse : « Qui aurait connu ton dessein, Seigneur, si tu n’avais pas donné la Sagesse et envoyé ton Esprit Saint d’en haut ? » (Sg 9,17). Comme le roi Salomon, Pier Giorgio et Carlo ont compris très tôt qu’il ne suffit pas d’avoir la jeunesse, la santé, la richesse ou les talents : la vraie question de la vie est de savoir comment ne rien perdre, comment orienter son existence selon le plan de Dieu.
La croix, chemin de la vraie vie
L’Évangile du jour venait éclairer cette proclamation de sainteté. Le Christ y affirme : « Celui qui ne porte pas sa croix et ne marche pas à ma suite ne peut pas être mon disciple » (Lc 14,27). Tout disciple doit se déprendre de ses attachements terrestres pour se livrer sans réserve à la volonté de Dieu. C’est ce que nous rappellent ces deux jeunes saints, comme jadis saint François d’Assise qui, lui aussi, a dû quitter les illusions de la gloire pour entendre la voix de Jésus : « Seigneur, que veux-tu que je fasse ? ».
Pier Giorgio Frassati : la joie du service
Le bienheureux turinois a rencontré le Christ dans les œuvres et les associations catholiques : l’Action Catholique, les Conférences de Saint-Vincent de Paul, la FUCI et le Tiers-Ordre dominicain. Sa foi débordait dans la prière, l’amitié et le service concret. Ses camarades, le voyant distribuer des vivres aux pauvres dans les rues, l’avaient surnommé avec humour « Frassati Transport ». Sa vie de laïc engagé illustre une spiritualité simple et joyeuse, insérée dans la société et tournée vers les plus petits. Il n’hésitait pas à dire : « La charité est le fondement de notre religion », voyant dans les pauvres une lumière particulière.
Carlo Acutis : l’Eucharistie comme centre
Le jeune milanais, de son côté, a puisé dans sa famille et dans la paroisse l’amour de Dieu et des sacrements. Il intégrait naturellement prière, sport, études et charité dans son quotidien. Pour lui, la clé était l’Eucharistie : « Devant le soleil, on bronze ; devant l’Eucharistie, on devient saint », aimait-il répéter. Il rappelait aussi que « le seul vrai danger, c’est le péché », s’étonnant de voir tant de personnes se soucier du corps et si peu de l’âme. Sa joie profonde venait de son regard tourné vers Dieu : « La tristesse, c’est se regarder soi-même ; le bonheur, c’est regarder Dieu ».
Un même appel à la sainteté
Tous deux se sont nourris des mêmes pratiques simples et accessibles à chacun : la messe quotidienne, la confession fréquente, l’adoration eucharistique, la prière mariale et la charité cachée. Leur témoignage demeure une lumière pour la jeunesse : il ne s’agit pas de grandes œuvres héroïques, mais de dire « oui » à Dieu dès l’adolescence, de garder rien pour soi et d’avancer avec Lui.
Même la maladie et une mort prématurée n’ont pas pu éteindre leur flamme. Pier Giorgio confiait : « Le jour de ma mort sera le plus beau jour de ma vie », et dans sa dernière photo en montagne il écrivait ce simple mot : « Vers le haut ». Carlo, plus jeune encore, répétait que le ciel nous attend toujours et qu’aimer aujourd’hui, c’est déjà offrir le fruit du Royaume.
Une invitation pour notre temps
Le pape Léon XIV a conclu son homélie en montrant que ces deux nouveaux saints nous exhortent à ne pas gaspiller nos vies, mais à en faire un chef-d’œuvre. Leurs paroles demeurent comme un héritage : Carlo disait « Non pas moi, mais Dieu », et Pier Giorgio affirmait : « Si Dieu est au centre de toutes tes actions, tu atteindras le but ». Voilà la recette simple et sûre de leur sainteté : vivre avec Dieu, par Dieu et pour Dieu.





