Le 1er octobre 2025, une nouvelle attaque violente a frappé l’Église catholique en Inde. Dans le village de Tumdegi, dans l’État du Jharkhand, des assaillants armés ont pénétré de force dans l’église Saint-Joseph en pleine nuit. Les deux prêtres présents sur place, le père Dean Thomas Soreng et le père Emmanuel Baghwar, ont été enlevés, ligotés et battus sans pitié. Grièvement blessés, ils ont dû être hospitalisés avant de pouvoir regagner leur presbytère.
Les malfaiteurs ont volé environ 3 400 dollars en espèces, mais pour les fidèles et les responsables catholiques locaux, il est évident que ce n’était pas qu’un simple cambriolage. Comme l’a affirmé le père Ignatius Tete, vicaire général du diocèse de Simdega : « Si l’objectif était seulement le vol, pourquoi frapper avec une telle brutalité nos prêtres ? »
Un climat de haine contre l’Église
L’attaque s’inscrit dans un contexte de persécutions antichrétiennes en hausse dans toute l’Inde. Selon plusieurs associations de vigilance, on compte en moyenne un acte de harcèlement ou de violence contre des chrétiens tous les deux jours. Cette hostilité s’est amplifiée depuis 2014, avec l’arrivée au pouvoir du Premier ministre Narendra Modi et de son gouvernement nationaliste hindou. La volonté d’imposer une identité religieuse unique, appelée « safranisation », place les chrétiens dans une situation de plus en plus périlleuse.
Le père Tete souligne que la cible n’est pas seulement la foi chrétienne, mais aussi les œuvres éducatives et sociales de l’Église. Dans des régions isolées comme Tumdegi, la paroisse n’offre pas seulement la messe mais aussi une école privée et des services d’aide. Or, ces œuvres bénéficient majoritairement à des non-chrétiens, souvent hindous. Pour l’Église, chaque homme est un enfant de Dieu, et tous sont traités avec la même dignité. Mais cette égalité dérange ceux qui veulent maintenir le système des castes et les populations dans l’oppression.
Une attaque qui choque la communauté
L’agression du 1er octobre a profondément marqué les fidèles. Pour eux, c’est non seulement un acte de violence, mais aussi une atteinte directe à leur liberté religieuse. Un porte-parole chrétien local a déclaré : « Cet incident exige une enquête et une réponse urgentes. Il s’agit clairement d’une tentative d’instiller la peur dans notre communauté. »
La communauté catholique du district de Simdega a publié une déclaration ferme : « Nous condamnons cet acte de violence et de violation. Nous appelons tous les citoyens à maintenir la paix et l’unité, et nous exhortons l’administration à agir rapidement pour que de tels crimes ne se répètent pas. »
Les demandes des chrétiens
Face à cette attaque, les catholiques de la région exigent :
- L’identification et l’arrestation immédiates des auteurs
- Le renforcement de la sécurité autour des églises
- Un soutien médical et psychologique pour les victimes
- Une véritable garantie de sécurité et de dialogue pour la communauté
Cette nouvelle tragédie rappelle que les chrétiens d’Inde vivent leur foi dans une atmosphère de peur et de persécution. Alors que leurs écoles et leurs hôpitaux accueillent des personnes de toutes religions, ils sont pourtant considérés comme une menace. L’Église catholique, fidèle à sa mission d’évangélisation et de charité, continue de servir, même au prix du sang de ses prêtres et de ses fidèles.






