L’unité de l’Église est un bien précieux, souvent invoqué par la prière du Christ : « Que tous soient un ». Pourtant, l’actualité récente en Espagne démontre que sur le terrain sociopolitique, cette unité est mise à rude épreuve. Alors que le gouvernement de Pedro Sanchez vient d’acter la régularisation de nombreux sans-papiers, une mesure saluée par la présidence de la Conférence Épiscopale, des voix discordantes et puissantes se lèvent. Le sujet des migrants devient le théâtre d’une fracture ouverte entre la ligne progressiste et l’aile conservatrice prônant une prudence stricte.
La position officielle : La CEE salue la régularisation
Il est important de rappeler le contexte initial. La Conférence Épiscopale Espagnole (CEE), sous la houlette de son président, Mgr Luis Arguello (archevêque de Valladolid), s’est montrée favorable à la régularisation des personnes sans papiers. Cette position n’est pas isolée : elle est soutenue par des organisations ecclésiales de premier plan comme Caritas et s’aligne sur l’Initiative Législative Populaire (ILP) que l’Église avait elle-même contribué à promouvoir.
Pour la CEE, cette mesure est une application concrète de la Doctrine Sociale de l’Église, qui place la dignité de la personne humaine au-dessus des frontières administratives. Les évêques catalans se sont joints à ce concert de louanges, voyant dans le décret gouvernemental une réponse nécessaire à une situation humanitaire précaire.
Évêques espagnols et migrants : La fracture visible
Cependant, l’harmonie n’a été que de courte durée. Dès l’annonce de la mesure, le sujet des évêques espagnols et des migrants a cristallisé les tensions. L’aile considérée comme conservatrice au sein de l’épiscopat a publiquement affiché son désaccord, non seulement sur le fond, mais aussi sur la forme politique employée par le gouvernement de coalition.
La charge de Mgr Jesus Sanz Montes
L’archevêque d’Oviedo, Mgr Jesus Sanz Montes, figure de proue de ce courant critique, n’a pas mâché ses mots. Utilisant le réseau social X (anciennement Twitter), il a confronté la charité chrétienne à ce qu’il considère comme le réalisme démographique et économique.

Sa méthode rhétorique est frappante : il cite l’Évangile de Matthieu (25, 35) : « J’étais un étranger et vous m’avez accueilli », pour immédiatement en limiter la portée politique.
- L’argument de la capacité : Sanz Montes pose la question : « Combien pouvons-nous en assumer ? ». Sa réponse est sans appel : « Tous ne rentrent pas » (Todos no caben).
- La critique du populisme : Il appelle à des « mesures sensées », rejetant ce qu’il qualifie de démagogie, et suggère de filtrer ceux qui « s’infiltrent étrangement ».
Cette prise de position marque une rupture nette avec le ton pastoral habituel, empruntant un vocabulaire plus proche du débat politique sécuritaire que de l’exhortation spirituelle classique.
Mgr Munilla et la critique de la « porte de derrière »
Un autre prélat influent, Mgr José Ignacio Munilla, évêque d’Orihuela-Alicante, a ouvert un second front. Si Sanz Montes attaque sur la capacité d’accueil, Munilla critique la méthode politique.
Pour lui, le dossier est instrumentalisé par le gouvernement Sanchez. Il établit un parallèle audacieux entre la régularisation des migrants et le décret « omnibus » sur les retraites (récemment rejeté). Selon lui :
- Ce sont des stratégies pour « obtenir d’autres fins ».
- C’est une « manière tordue de procéder » qui contourne le débat parlementaire nécessaire.
- Les migrants, tout comme les retraités, sont utilisés comme « monnaie d’échange ».
Cette division n’est pas anecdotique ; elle révèle des courants profonds qui traversent le catholicisme espagnol et, par extension, européen voir mondial.
L’interprétation de l’Évangile
Au cœur du débat sur les évêques espagnols et migrants, il y a l’exégèse de Matthieu 25. Pour la ligne CEE/François, l’accueil est un impératif catégorique qui doit inspirer la loi civile. Pour l’aile conservatrice (Sanz, Munilla), la charité évangélique ne doit pas abolir la prudence politique ni la gestion des frontières, au risque de déstabiliser le bien commun national.
La méfiance envers le gouvernement de gauche
Il ne faut pas sous-estimer la dimension politique. Les critiques des prélats Munilla et Sanz s’inscrivent dans une opposition plus large au gouvernement de Pedro Sanchez. Les secteurs ultraconservateurs de l’Église, souvent proches de l’électorat de Vox ou de l’aile droite du PP, voient d’un mauvais œil toute collaboration avec l’exécutif, allant jusqu’à appeler au boycott de la case fiscale de l’Église (la fameuse croix sur la déclaration de revenus) en représailles.
Ce n’est pas la première fois que ces divergences éclatent. L’été dernier, des tensions similaires avaient émergé lors de polémiques à Jumilla ou Torre-Pacheco concernant la communauté islamique. Déjà, l’archevêque d’Oviedo s’était distingué par des propos sortant du « scénario » officiel de la concorde interreligieuse.
Le dossier des évêques espagnols et des migrants est loin d’être clos. Si le président de la CEE tente de maintenir le cap de la doctrine sociale favorable à l’intégration, les sorties médiatiques de l’aile dure rappellent que l’Église espagnole est aussi plurielle que le pays lui-même. Entre l’impératif de charité et les considérations de « bon sens » politique, la hiérarchie catholique cherche encore son point d’équilibre, sous le regard attentif de Rome et des fidèles.
L’analyse de Napo
Et ici, comme vous pouvez vous en douter, je me place complètement du côté de Mgr Sanz, car cela correspond à ma sensibilité politique. Comme il le dit si bien, il n’est pas question d’interdire l’accueil des migrants, mais aujourd’hui ce sujet est dévoyé par l’État, qui s’en sert pour faire passer tout et n’importe quoi, en donnant un os à ronger pendant qu’en douce d’autres lois infâmes sont adoptées.
Il faut rappeler la prudence dans l’accueil : les Espagnols eux-mêmes ne sont plus épargnés par l’insécurité grandissante dans leurs rues et par la christianophobie qui explose. Tout catholique doit réfléchir avec discernement face à des pays qui s’appauvrissent à vitesse grand V, face à des États qui souhaitent déchristianiser la population et imposer un multiculturalisme poussé à l’extrême. La réponse catholique doit être ferme.
Il est hors de question d’accueillir à tout-va, surtout que, dans le cas de la France, nous n’avons plus ni les moyens ni la place. L’accueil est indigne, et nous avons déjà beaucoup trop de pauvres sur notre sol. L’État a d’ailleurs fait venir tout ce beau monde grâce à l’UMPS et aux révolutionnaires, sans jamais demander l’avis du peuple légitime, ce qui est cocasse dans une « démocratie ».
Accueillir temporairement, oui. Mais offrir la nationalité à tout-va, comme c’est le cas en France, c’est clairement non. Nous devons préserver un seuil d’autochtones ainsi qu’un socle culturel qui ne doit jamais être remplacé. Face à la dénatalité des peuples de souche, l’effondrement est rapide : en moins de trois générations, comme c’est déjà le cas dans certaines grandes villes françaises.





