Alors que la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X (FSSPX) projette de procéder à de nouvelles consécrations épiscopales le 1er juillet prochain sans mandat pontifical, le directeur de son séminaire d’Écône, en Suisse, a tenu à clarifier les intentions de son mouvement. Lors d’un entretien accordé au quotidien romand Le Nouvelliste, l’abbé Bernard de Lacoste a publiquement défendu cette démarche, se disant convaincu que le pape finira par remercier la Fraternité pour son rôle dans la préservation de la foi et lui accordera un statut canonique régulier.
La perspective de ces ordinations épiscopales illicites suscite de vifs remous au sein de l’Église, y compris parmi les prélats réputés pour leur sensibilité conservatrice. Si l’initiative a reçu le soutien public de Mgr Athanasius Schneider, d’autres grandes figures ecclésiales, telles que les cardinaux Gerhard Müller et Robert Sarah, ainsi que Mgr Marian Eleganti, s’y opposent fermement, alertant sur le danger d’un « acte schismatique ».
Face à ces mises en garde, l’abbé de Lacoste se veut catégorique et rejette toute volonté de rupture avec Rome. Soulignant que lui et ses confrères préféreraient « mourir plutôt que de causer un schisme », le recteur du séminaire suisse rappelle que la définition même de la dissidence schismatique implique le désir de se séparer de l’Église catholique. À l’inverse, il affirme que ces futures consécrations sont organisées précisément pour leur permettre de « rester catholiques romains ».
Cette position s’enracine dans une lecture sévère du concile Vatican II, dont les textes entreraient, selon lui, en contradiction avec ce que l’Église a enseigné durant vingt siècles. Qualifiant le modernisme d’erreur théologique, le prêtre estime que le Concile a échoué dans sa volonté d’apporter un souffle nouveau à l’institution. Il en veut pour preuve objective la chute constante du nombre de prêtres et de fidèles pratiquants à travers le monde.
Dans ce contexte de crise, le directeur d’Écône décrit les membres de la Fraternité comme des « médecins de l’âme ». Il affirme que pour faire leur salut, les fidèles ont un besoin vital d’accéder à la doctrine intégrale de l’Église, à la liturgie traditionnelle et aux sacrements qui en découlent. L’abbé de Lacoste a particulièrement insisté sur l’enseignement moral classique, regrettant que ces principes soient aujourd’hui minimisés ou niés par une partie de la hiérarchie. Il a ainsi rappelé avec fermeté que les relations sexuelles en dehors du mariage, les actes homosexuels ou encore le divorce suivi d’un remariage civil constituent des péchés mortels. La sexualité, a-t-il réaffirmé, est ordonnée par la volonté du Créateur à la seule procréation, dans le cadre exclusif et stable de l’union entre un homme et une femme en vue de l’éducation des enfants.
Porté par l’augmentation régulière de l’assistance aux messes célébrées par la Fraternité, le prêtre perçoit un avenir ecclésial indissociable de la Tradition. Confiant dans cette dynamique, l’abbé de Lacoste a conclu son propos en formulant l’assurance qu’une réconciliation officielle verra le jour : il se dit certain que le Souverain Pontife reconnaîtra un jour s’être éloigné de la doctrine catholique, et qu’il remerciera la FSSPX de l’avoir conservée intacte en actant sa pleine reconnaissance canonique.





Conversation des fidèles
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