Le 8 juin 2025, un nouveau drame s’est abattu sur les chrétiens de l’État du Chhattisgarh, en Inde. Dans le village de Borsi, situé dans le district de Dhamtari, une attaque violente a visé les fidèles rassemblés pour le culte dominical au sein de la communauté indépendante Penial Prayer Fellowship. Une quinzaine de membres étaient présents lorsque des extrémistes hindous ont fait irruption, armés de bâtons et criant « Jai Shri Ram », un slogan devenu tristement célèbre pour accompagner les persécutions antichrétiennes.
Le pasteur protestant Wakish Sahu, qui dirige cette communauté avec son père Mannohan Sahu, a rapporté que les assaillants ont saccagé les lieux : chaises, ventilateurs, instruments de musique ont été détruits, et tous les livres religieux, y compris les Bibles, ont été jetés au feu. Son père a été roué de coups jusqu’à perdre connaissance. Sa mère, qui tentait de s’interposer, a également été frappée à la tête et aux bras.
Plusieurs membres ont dû être hospitalisés pour blessures graves. Malgré cela, la police locale n’a pas formellement enregistré la plainte déposée, préférant annoncer une « enquête » sans suite à ce jour. Pire encore : alors que les agresseurs s’étaient rassemblés de nouveau pour tenter un second assaut, les policiers présents n’ont offert qu’une protection partielle en raccompagnant les pasteurs « à moitié chemin » vers leur domicile, laissant le reste de la route à la merci des extrémistes.
Depuis cette attaque, la peur a gagné les cœurs. Alors que la communauté comptait encore une cinquantaine de fidèles en 2024, les violences répétées ont réduit la congrégation à une poignée de membres — et après cette nouvelle agression, seuls les membres de la famille Sahu osent encore venir prier dans le bâtiment profané. « Nous avons décidé de ne pas céder à la peur », affirme le pasteur, même si les autres fidèles ont choisi de se réfugier dans des églises plus éloignées, quand bien même celles-ci ne sont pas à l’abri non plus.
Car cette vague de haine ne s’arrête pas à Borsi.
Le même jour, à Gopal Puri, à environ 15 km de là, un autre culte chrétien a été interrompu. Le pasteur Thanu Ram n’a pas pu témoigner, mais l’incident a été confirmé par deux autres pasteurs de la région. À Elohim Church, toujours dans le district de Dhamtari, des membres du groupe extrémiste Bajrang Dal ont envahi l’église en pleine célébration, entonnant à pleine voix des chants religieux hindous pour perturber le culte. La police est intervenue pour les disperser, mais là encore, aucun dépôt de plainte formel n’a été accepté.
Plus tôt dans la journée, ces mêmes extrémistes avaient fait une halte dans une autre église, dirigée par le pasteur Rekha Mahilanh. Là, un jeune homme de 21 ans, qui assistait pour la première fois au culte, a été agressé physiquement. Les agresseurs ont également tenté d’intimider la responsable de l’église, mais se sont heurtés au courage de plusieurs femmes de la communauté, qui les ont confrontés avec fermeté. Les extrémistes auraient alors utilisé un spray irritant contre certaines d’entre elles, avant de prendre la fuite.
Face à cette multiplication des attaques, plusieurs responsables chrétiens du district — notamment les pasteurs Raju Verghese, Alok Majumdar et le révérend Diamond Phillius, président du Dhamtari Christian Forum — ont déposé un nouveau mémorandum auprès du bureau du préfet, Avinash Mishra. Ce dernier, bien qu’occupé, a promis de traiter la demande ultérieurement.





