Ce 5 mai 2025, les rues de Dublin ont vibré au rythme de la foi et de la défense de la vie. Des milliers de personnes se sont rassemblées pour participer à la grande March for Life, un événement désormais incontournable pour les catholiques irlandais et tous ceux qui refusent de baisser les bras face à la culture de mort qui ronge l’Irlande depuis la légalisation de l’avortement.
Parmi les intervenants venus prendre la parole, plusieurs voix fortes se sont levées contre l’aveuglement idéologique du gouvernement irlandais, qui semble tout faire pour étouffer les appels à la vérité, à la compassion véritable, et à l’accompagnement des femmes en détresse.
La journaliste Wendy Grace a rappelé une réalité glaçante : en 2018, l’Irlande enregistrait 2 879 avortements. Cinq ans plus tard, en 2023, ce chiffre est monté en flèche à 10 033. Et selon une réponse toute récente à une question parlementaire, les chiffres de 2024, qui seront publiés sous peu, montreront encore une hausse marquée. “Ce que le gouvernement laisse faire est une folie pure”, a-t-elle lancé à la foule, soulignant l’urgence de réintroduire un véritable débat et de ne plus laisser le monopole de la parole aux seuls partisans de l’avortement.
Ce sentiment d’exclusion et de manipulation a été exprimé avec force par Eilís Mulroy, porte-parole de la Pro Life Campaign, qui a dénoncé le refus systématique de la part de l’État d’écouter autre chose que les discours les plus extrêmes du camp pro-avortement. Pour elle, il y a aujourd’hui en Irlande “un déni, une indifférence et une absence totale de responsabilité publique” face au drame de l’avortement. “Quand je pense à la douleur et au cœur brisé de tant de femmes que je connais, et à toutes ces vies de bébés arrachées, cela me donne l’énergie et la détermination de continuer le combat”, a-t-elle confié, sous les applaudissements nourris du public réuni rue Molesworth.
Ce combat, il est aussi personnel pour Ruth O’Sullivan, une infirmière venue de l’Ouest de Cork. Avec beaucoup d’émotion, elle a partagé son propre témoignage, six ans après avoir subi un avortement qu’elle regrette profondément. “À l’époque, je croyais qu’avorter était une réponse ‘compatissante’. Je m’en étais convaincue. Mais ce n’est pas la vérité. Il n’y a rien de compatissant ni de digne là-dedans”, a-t-elle confié, la voix tremblante. Elle a pointé le manque dramatique de soutien réel pour les femmes enceintes en difficulté – qu’il s’agisse de soutien émotionnel, matériel ou même simplement humain. “Il n’y avait rien. Absolument rien autour de moi. Je regretterai cet acte jusqu’à mon dernier souffle.”
La sénatrice Sarah O’Reilly, membre du parti Aontú, était également présente. Elle a rappelé aux participants que leur engagement n’était pas vain. “Même si ce n’est pas toujours visible, nous faisons des progrès. Mais nous devons continuer, sans honte, à faire entendre nos voix. Il faut remplacer ce slogan vide et mensonger qu’est ‘faire confiance aux femmes’ par une vraie confiance : celle qui consiste à leur donner toute la vérité, un soutien complet, et une vraie possibilité de choisir la vie.” Et de conclure avec espoir :
“Le changement est à notre portée. Il viendra. Vous en êtes la preuve. Chaque panneau pour la vie, chaque discussion, chaque appel à un élu nous rapproche d’une Irlande meilleure.”
L’ambiance de la marche était empreinte de gravité, mais aussi de force et d’unité. Malgré les attaques, malgré les tentatives d’effacement de la voix pro-vie, les catholiques irlandais tiennent bon. Ils refusent de céder au désespoir et continuent de lutter pour les plus petits, les plus faibles, ceux qui n’ont pas de voix.
Car le combat pour la vie ne se mesure pas uniquement en lois ou en statistiques. Il se mesure en âmes. En vérités proclamées. En larmes essuyées. Et en espérance portée à bout de bras par des hommes et des femmes de foi, qui n’ont pas honte de dire que chaque vie est un don de Dieu, et que l’Irlande, terre autrefois si fidèle, mérite mieux que l’abandon des innocents.





