Dans un souci de transparence toujours plus grand, les autorités financières du Saint-Siège ont récemment gelé plusieurs millions d’euros sur les comptes de l’Institut pour les Œuvres de Religion (IOR), plus connu sous le nom de Banque du Vatican. Ces mesures, prises en 2024, font suite à des mouvements jugés suspects, selon le rapport annuel de l’Autorité de Surveillance et d’Information Financière (ASIF), publié ce mercredi.
Ce sont précisément 2,1 millions d’euros d’avoirs qui ont été gelés l’année dernière, tandis que des transactions totalisant environ 1,06 million d’euros ont été bloquées. Ces chiffres, bien supérieurs à ceux enregistrés lors des cinq années précédentes, témoignent du sérieux avec lequel l’ASIF exerce sa mission.
Au total, l’année 2024 a vu 79 signalements pour activités suspectes – un chiffre en baisse par rapport à 2023, où l’on en comptait 123 – mais, fait notable, ces nouvelles alertes ont cette fois mené à des mesures concrètes, contrairement à l’année précédente où aucune immobilisation de fonds n’avait été nécessaire.
La vigilance de l’ASIF s’est cette année particulièrement portée sur les transferts liés à des pays dits « à haut risque », là où l’Église catholique est néanmoins présente et active. Bien que ces transactions aient fait l’objet d’une attention particulière, aucun dossier n’a donné lieu à une procédure pénale.
L’activité financière de l’IOR reste importante : environ 15,5 millions d’euros ont été transférés vers l’étranger via la banque du Vatican en 2024 – un record. L’IOR, qui ne relève pas du système bancaire italien, est pourtant pleinement inséré dans les circuits internationaux. Depuis 2019, elle fait partie du réseau SEPA, permettant les virements européens standards. Depuis 2021, elle bénéficie également du statut de « partenaire privilégié » auprès de l’administration fiscale américaine (IRS).
Fondée pour soutenir les œuvres de l’Église, cette institution bancaire a connu par le passé de lourdes accusations liées au blanchiment d’argent ou à des transactions douteuses. Mais grâce aux réformes initiées sous Benoît XVI et renforcées sous le pontificat du pape François, l’IOR a connu une transformation remarquable. La surveillance rigoureuse exercée par l’ASIF a permis à la banque de regagner le respect des milieux financiers internationaux. Elle est désormais certifiée par Moneyval, l’organisme du Conseil de l’Europe chargé de lutter contre le blanchiment et le financement du terrorisme.
D’un point de vue économique, l’année 2023 a été positive pour la banque : elle a réalisé un bénéfice net de 30,6 millions d’euros, légèrement supérieur aux 29,6 millions enregistrés en 2022. La majorité de ces profits est versée directement au Saint-Siège pour soutenir ses œuvres spirituelles, caritatives et administratives.
Le patrimoine confié à l’IOR s’élève actuellement à environ 5,4 milliards d’euros. Elle compte près de 12 000 clients, dont la plupart appartiennent au clergé, à des communautés religieuses, des diocèses, des institutions ecclésiales ou encore au corps diplomatique accrédité auprès du Vatican.
Ce renforcement de la discipline financière au sein de l’Église romaine s’inscrit dans une volonté claire de mettre les biens matériels au service du bien commun et de la mission spirituelle de l’Église, dans la fidélité à la vérité et à la justice.
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