À Madrid, les récentes critiques formulées par le président américain Donald Trump à l’encontre du Pape Léon XVI et de la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni ont suscité une vive réaction au sein de la classe politique espagnole. Ce mercredi 15 avril, la porte-parole du groupe Vox au Congrès, Pepa Rodriguez de Millan, a publiquement qualifié de « peu compréhensibles » les attaques du chef de l’État américain visant ces deux figures de proue, pourtant considérées comme des alliées de premier plan.
Cette mise au point intervient dans un climat de tension diplomatique croissant. Donald Trump a récemment pris pour cible Giorgia Meloni, qu’il considérait jusqu’alors comme sa principale partenaire au sein de l’Union européenne. Le président américain a exprimé son amertume après la décision de Rome de rompre un accord militaire entre l’Italie et Israël, mais aussi après le soutien explicite apporté par la dirigeante italienne au Pape Léon XVI face aux assauts verbaux venus de Washington. « Je pensais qu’elle avait du courage, je me suis trompé », a notamment déclaré le président des États-Unis.
Face à ces reproches, la formation espagnole Vox a tenu à réaffirmer son soutien indéfectible à la présidente du Conseil italien. Mme Rodríguez de Millan a décrit Giorgia Meloni comme « l’une des personnalités politiques les plus courageuses au monde », soulignant qu’elle demeure une amie et une alliée privilégiée de son parti. Pour la porte-parole, la posture de Rome relève de l’exercice légitime de la souveraineté nationale, un devoir qu’elle juge impératif pour tout dirigeant occidental soucieux de protéger les intérêts de son pays.
La question de l’indépendance de l’Église a également été au cœur de cette intervention. Interrogée sur les pressions exercées par le pouvoir politique américain sur le Saint-Siège, Pepa Rodriguez de Millan a rappelé un principe de distinction essentiel pour les fidèles et les institutions. Elle a ainsi affirmé que la mission du Souverain Pontife « n’est pas de se soumettre à un quelconque homme politique ». Selon elle, l’Église et la papauté œuvrent dans une sphère qui leur est propre, et il n’appartient pas aux responsables politiques de chercher à exercer une tutelle ou un contrôle sur elles.
Ces déclarations interviennent alors que Vox entretient des relations diplomatiques complexes avec les deux parties. Bien que le parti de Santiago Abascal ait quitté en 2023 le groupe des Conservateurs et Réformistes européens, présidé par Mme Meloni, pour rejoindre les Patriotes de Viktor Orban, il conserve une proximité idéologique et personnelle très forte avec la dirigeante italienne. Parallèlement, Vox est souvent présenté comme un allié de Donald Trump, ce qui rend cette prise de distance d’autant plus significative dans le contexte international actuel.
En récusant la tonalité des récents propos de la Maison Blanche, la porte-parole a ainsi réitéré que les mouvements d’humeur du président américain envers ses alliés traditionnels demeuraient, aux yeux de sa formation, difficiles à justifier. Pour la classe politique espagnole, le respect de la souveraineté des nations et l’autonomie de la mission spirituelle du Pape Léon XVI constituent des lignes rouges qui ne sauraient être franchies, même au nom des alliances géopolitiques.





Conversation des fidèles
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