Le lundi 9 juin 2025, une discrète mais importante mise à jour est intervenue sur les plateformes officielles du Vatican : les œuvres de Marko Ivan Rupnik ont été retirées des sites de Vatican News et du Dicastère pour la Communication. Ces images, souvent utilisées pour illustrer des articles liturgiques ou mariaux, ont désormais disparu sans annonce formelle, mais non sans signification.
Ce retrait intervient dans un contexte précis : quelques jours seulement après que le pape Léon XIV a rencontré la Commission pontificale pour la protection des mineurs, le 5 juin dernier. C’est la deuxième fois en moins d’un mois que le Saint-Père se penche sur ce sujet épineux. Dès la première semaine de son pontificat, le 14 mai, il recevait le cardinal Seán O’Malley, ancien archevêque de Boston, qui préside cette commission chargée de protéger les plus vulnérables.
Il faut dire que la figure de Rupnik, ancien jésuite slovène, est devenue un véritable scandale au sein de l’Église. Accusé par une vingtaine de femmes, principalement des religieuses ou ex-religieuses, d’abus spirituels, psychologiques et sexuels sur une période de plus de trente ans, il a été expulsé de la Compagnie de Jésus en juin 2023, précisément pour son refus obstiné d’obéir à ses supérieurs.
Si l’Église reste prudente dans sa communication officielle, la disparition soudaine de ses œuvres des sites du Vatican est un signe clair : l’ère de la tolérance implicite est en train de prendre fin. Cette décision rejoint d’autres prises dans le même esprit. Ainsi, le sanctuaire de Lourdes a lui aussi agi le 31 mars dernier, annonçant que les mosaïques de Rupnik, visibles à l’entrée de la basilique Notre-Dame-du-Rosaire, seraient désormais recouvertes.
Des voix s’étaient élevées depuis plusieurs mois, un peu partout dans le monde catholique, pour réclamer l’effacement des œuvres de cet artiste devenu source de trouble et de division. Car au-delà de leur qualité esthétique, ces représentations ne peuvent plus être regardées de la même manière, maintenant que leur auteur est accusé d’actes aussi graves, commis de surcroît en milieu religieux.
Amy Welborn, une auteur catholique américaine, a d’ailleurs relayé sur X une capture d’écran montrant la suppression récente de l’art de Rupnik dans un article de Vatican News consacré à la fête liturgique de la Sainte Vierge, Mère de l’Église. Une image en moins, mais un message en plus.
C’est un geste symbolique fort de la part du Saint-Siège, et sans doute l’un des premiers marqueurs clairs du nouveau style de gouvernance du pape Léon XIV, qui semble vouloir affronter sans détour les blessures laissées ouvertes. Car si l’Église doit toujours pardonner, elle ne peut le faire sans d’abord réparer, purifier, et dire la vérité.





