L’aube de l’année 2026 s’est levée sur le Venezuela dans une atmosphère marquée par l’ambivalence, mêlant peines et quelques joies, mais surtout des incertitudes croissantes. Au cœur de cette nation éprouvée, l’Église au Venezuela poursuit sa mission salvatrice, naviguant dans une réalité turbulente que les évêques n’ont pas hésité à qualifier, dès le début de l’année précédente, de « dérive autocratique de la politique nationale ».
Dans ce contexte dramatique, la fidélité à la Tradition et au Christ devient un acte de résistance spirituelle face à un régime qui semble vouloir étouffer la voix de la Vérité.
Une Nativité « assombrie » par la souffrance du peuple
Lors de leur message de Noël en décembre dernier, les prélats vénézuéliens ont réaffirmé avec gravité que l’« expérience joyeuse » de la naissance de Notre-Seigneur est aujourd’hui « assombrie » par la situation nationale. Le peuple fidèle vit son quotidien sous un barrage de nouvelles inquiétantes et d’épreuves matérielles.
L’effondrement de l’économie et des services de base, qui semble sans issue, inflige de grandes souffrances aux plus vulnérables. À cela s’ajoute la menace latente d’une intervention militaire étrangère, exacerbée par les tensions sévères entre le président américain Donald Trump et le président vénézuélien Nicolas Maduro. Plus grave encore pour les âmes et les corps, la persécution politique et idéologique du régime socialiste s’aggrave, comme en témoignent les centaines de prisonniers, hommes, femmes et même mineurs, détenus dans des conditions déplorables.
Le spectre du modèle nicaraguayen
L’une des plus grandes craintes pour l’année 2026 est de voir le Venezuela suivre la voie douloureuse du Nicaragua. Interrogé par ACI Prensa, l’archevêque Jesús González de Zárate, président de la Conférence épiscopale, a souligné que les évêques prient et œuvrent pour éviter une telle tragédie. Leur souhait est que la nation puisse « vivre dans l’harmonie et la paix » avec des conditions de liberté religieuse.
Pourtant, Víctor Maldonado, politologue, affirme que la relation entre le gouvernement socialiste et l’Église est clairement « très mauvaise ». Bien que l’épiscopat tente de maintenir « une certaine modération et autocensure » pour ne pas « tomber dans une situation où ils perdent tout », les évêques subissent mépris et insultes. Ils sont actuellement concentrés sur le fait de « tenir bon » pour éviter « la persécution brutale qui a eu lieu au Nicaragua ».
Ce modèle nicaraguayen, véritable laboratoire de mesures extrêmes, a été documenté par l’avocate Martha Patricia Molina. Son rapport, remis au Pape Léon XIV en octobre 2025, recense l’interdiction de plus de 16 500 processions et plus de 1 000 attaques contre l’Église. Selon elle, lorsque la société civile est réduite au silence, le régime « concentrera sa fureur et son pouvoir punitif contre les prélats ».
Les stratégies de l’ennemi : division et délégitimation
Le régime de Maduro ne se contente pas de la répression physique ; il mène une guerre spirituelle et culturelle. Víctor Maldonado note que le gouvernement intègre des « efforts pour délégitimer la religion catholique », notamment par la promotion de la Santería et du protestantisme, cherchant à prouver qu’il peut déterminer l’hégémonie religieuse.
De plus, le régime utilise certains « prêtres ouvertement révolutionnaires » pour promouvoir son agenda politique, tel le Père jésuite Numa Molina, qui « se comporte comme un membre engagé du parti ». Cette situation crée un scandale parmi les croyants, car « la relation étroite de certains pasteurs avec ceux qui violent les droits et persécutent avec une telle férocité » affaiblit l’autorité morale du clergé.
Malgré cela, des figures héroïques se dressent. Le Cardinal Baltazar Porras, archevêque émérite de Caracas, demeure une voix critique majeure, s’attirant l’inimitié particulière du régime dont l’essence est qualifiée de « totalitaire et athée ».
Persévérance et prière : les armes de la Foi
Face à un autocrate défini par Marcela Szymanski, experte de l’Aide à l’Église en Détresse, comme « un homme assoiffé de pouvoir », l’Église ne dispose ni d’armes ni d’argent. Dans des pays où l’État de droit s’est effondré et où l’idéologie marxiste s’allie au crime organisé, la position des fidèles est précaire.
Cependant, la réponse catholique demeure surnaturelle. Comme le souligne Szymanski : « Les hommes et les femmes qui composent l’Église doivent persévérer dans leur foi ». La résilience, l’espérance et une vie de prière sont des trésors que nul tyran ne peut ravir, même s’ils ferment les églises. « Les prêtres et les sœurs qui persévèrent à leurs côtés sont les piliers de cette Église souffrante ».
Sous le pontificat du Pape Léon XIV, l’Église au Venezuela entre dans cette année 2026 avec la certitude que la Croix est le seul chemin vers la véritable Résurrection, refusant de plier devant les idoles du socialisme moderne.





















