Dans un geste fort et très attendu, le nouveau Souverain Pontife, le pape Léon XIV, a pris l’une de ses premières grandes décisions en tant que chef de l’Église universelle. Il a choisi de remplacer l’archevêque Vincenzo Paglia de ses fonctions de Grand Chancelier de l’Institut Pontifical Théologique Jean-Paul II pour les sciences du mariage et de la famille. C’est un tournant symbolique, mais aussi très concret, qui marque un net changement de cap par rapport à la dérive doctrinale constatée sous le pontificat précédent.
Le cardinal Baldassare Reina, âgé de 54 ans, a été nommé pour occuper cette charge désormais vacante. Ce prélat discret mais respecté est actuellement vicaire général du diocèse de Rome. Créé cardinal en décembre 2024, il avait auparavant servi comme évêque auxiliaire de Rome. Sa nomination, rendue publique ce 19 mai par le Bureau de presse du Saint-Siège, est accueillie avec soulagement par de nombreux défenseurs de la vie et de la famille, qui y voient une volonté claire de restaurer la fidélité au Magistère et à l’enseignement moral traditionnel de l’Église.
Mgr Paglia, quant à lui, avait été placé à la tête de l’Institut par le pape François en 2016. Il cumulait également la présidence de l’Académie pontificale pour la vie. Dès sa prise de fonction, il entreprit une refonte radicale de ces deux institutions autrefois solides remparts de la morale catholique. En 2019, l’Institut Jean-Paul II fut littéralement vidé de sa substance : le président de l’époque, Mgr Livio Melina, fut brutalement renvoyé, et de nombreux professeurs fidèles à la doctrine furent suspendus sans autre forme de procès.
Ces changements n’avaient rien d’anodin : les nouveaux membres choisis pour remplacer l’équipe précédente se sont avérés largement favorables à des positions morales contraires à l’enseignement constant de l’Église, notamment en matière de contraception et d’homosexualité. Une trahison ouverte de l’héritage du saint pape Jean-Paul II.
Mgr Melina avait d’ailleurs, à l’époque, exprimé une inquiétude profonde : si les décisions de Paglia n’étaient pas annulées, cela reviendrait à déclarer que toute tentative d’interpréter le magistère de François dans la continuité du magistère antérieur était devenue « intolérable dans l’Église« . Une remarque qui résume bien le climat de rupture et de confusion qui régnait alors.
Plusieurs voix autorisées ont dénoncé ce « coup de balai » idéologique. Le journaliste catholique Phil Lawler a parlé d’une purge, pointant du doigt l’éviction systématique des professeurs les plus proches de l’enseignement du saint patron de l’Institut.
Mais ce n’est pas tout. L’archevêque Paglia, toujours en poste à la tête de l’Académie pontificale pour la vie, a accumulé depuis de nombreux scandales. Ses prises de position ont souvent suscité l’indignation : défense des injections liées à l’avortement, promotion de la contraception, soutien public à l’euthanasie, et même appels en faveur de la communion pour les divorcés dits « remariés« . En 2016 déjà, il s’était attiré les foudres des fidèles en commandant une fresque scandaleusement homoérotique dans sa cathédrale, se représentant lui-même parmi une foule d’hommes nus, peints par un artiste argentin ouvertement homosexuel.
À cela s’ajoutent des accusations graves de corruption : des fonds destinés à des œuvres caritatives auraient été détournés pour la rénovation luxueuse de son appartement au Vatican. L’Institut Jean-Paul II, jadis phare de la formation morale et doctrinale sur la famille, reste cependant encore entre les mains d’un autre personnage controversé : Mgr Philippe Bordeyne, président depuis 2021. Connu lui aussi pour ses positions favorables à l’homosexualisme et sa remise en cause de la morale naturelle, il n’a pas été remplacé à ce jour, mais son avenir à ce poste semble désormais incertain.
En somme, la décision du pape Léon XIV de se débarrasser de Mgr Paglia à la tête de l’Institut Jean-Paul II est une première étape encourageante. Elle montre une volonté ferme de redresser ce qui a été démoli, de purifier les institutions romaines de l’esprit de compromis avec le monde, et de redonner à la doctrine catholique sa clarté et sa force. Le chemin sera long, les résistances seront fortes, mais les signaux envoyés aujourd’hui montrent que Rome peut encore être la gardienne vigilante de la foi. Prions pour que ce mouvement de restauration continue.






J’ai déjà eu l’occasion de rencontrer Mgr Livio Melina
Ce fut une très belle rencontre, c’est un évêque qui explique très bien la doctrine catholique
Il a un tempérament pondéré, toujours égal à lui même, et une personnalité humble