Alors que le pape Léon XIV entame les premiers mois de son pontificat, de nombreuses voix dans l’Église se lèvent pour exprimer leur confiance dans son approche pastorale, notamment du côté des membres du Renouveau charismatique catholique. Parmi eux, Shayne Bennett, figure engagée dans la formation et la mission au sein du Saint Esprit Seminary à Brisbane, voit dans ce nouveau pontificat une promesse d’ouverture et de bienveillance envers les mouvements laïcs.
Lors d’un rassemblement à Rome du 9 au 12 juin 2025, organisé par le CHARIS – l’organe international mis en place pour accompagner les communautés charismatiques à travers le monde – Bennett s’est exprimé avec clarté :
« Je crois vraiment que le pape Léon sera très favorable au renouveau et aux autres mouvements laïcs ».
Il a rappelé que dans son ancienne mission épiscopale au Pérou, le nouveau souverain pontife s’était montré favorable au mouvement charismatique local, ce qui laisse entrevoir une certaine continuité à Rome.
CHARIS, rappelons-le, est une structure voulue par le pape François pour centraliser les efforts des groupes charismatiques au niveau mondial. Une décision qui, à l’époque, avait suscité des réactions contrastées au sein du mouvement. Certains y voyaient une manière utile de favoriser l’unité, d’autres redoutaient une mainmise excessive de la curie romaine sur un mouvement né, par essence, de manière spontanée et libre dans l’Église.
Shayne Bennett, qui occupe aussi un rôle de coordinateur au sein de la commission des communautés du CHARIS, reconnaît lui-même que les orientations données par François n’ont pas toujours fait l’unanimité. « Quand un pape prend des décisions claires, il est normal que cela suscite des réactions. Certains ont perçu les trois objectifs données comme un contrôle excessif », dit-il, faisant référence aux fameuses “trois formes de témoignage” que François avait données à CHARIS dès sa fondation en 2019 : le baptême dans l’Esprit Saint, la communion fraternelle et le service des pauvres.
Il faut cependant souligner que, malgré des débuts hésitants avec les groupes charismatiques en Argentine — allant jusqu’à les comparer, de manière peu flatteuse, à une « école de samba » — le pape François avait par la suite reconnu leur vitalité ecclésiale, dans une démarche d’encouragement et d’unité avec les autres mouvements. Il les exhortait notamment à marcher sur le chemin de la communion et à accueillir les orientations du Saint-Siège avec confiance.
Cette bienveillance pontificale à l’égard du renouveau charismatique ne date pas d’hier. Déjà en 1974, le pape Paul VI, sensible à cette ferveur nouvelle qui touchait tant de fidèles, avait nommé le cardinal Léon-Joseph Suenens comme conseiller épiscopal du mouvement. Un geste fort qui avait marqué une reconnaissance officielle. Un an plus tard, dans son exhortation Evangelii Nuntiandi, Paul VI désignait ces petits groupes charismatiques comme « une espérance pour l’Église universelle ».
Bennett insiste sur cette continuité dans le soutien pontifical, de Paul VI à Jean-Paul II, de Benoît XVI à François. Chacun, à sa manière, a vu dans ce renouveau un ferment missionnaire et une réponse à l’appel du Christ à annoncer l’Évangile. Pour Jean-Paul II, c’était une réponse concrète à l’urgence d’une « nouvelle évangélisation ». Pour Benoît XVI, cela incarnait une prise de responsabilité réelle des fidèles laïcs dans la vie et la mission de l’Église.
Reste à voir comment les prochains mois viendront confirmer ou infirmer cette espérance. Mais pour l’heure, la confiance semble de mise.





