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Mois de Marie au Bangladesh : le Rosaire pour ramener les jeunes à la foi

Mois de Marie au Bangladesh : le Rosaire pour ramener les jeunes à la foi

Au cœur du Bangladesh, pays à très large majorité musulmane, le mois de mai revêt une dimension missionnaire et spirituelle singulière pour la minorité catholique. À travers tout le pays, les paroisses, les commissions de jeunes et les associations de laïcs ont fait le choix de s’appuyer sur la traditionnelle prière du chapelet pour raviver la ferveur des fidèles. Une attention toute particulière est portée à la jeunesse étudiante, parfois éloignée d’une pratique religieuse régulière, que l’Église espère ainsi ramener vers une foi plus active.

Ce pèlerinage marial spirituel se décline de multiples manières : dans l’intimité des foyers, au pied des grottes extérieures ou au sein des résidences universitaires. Cette vaste mobilisation implique un travail conjoint entre les religieuses, les prêtres et de nombreux groupes de femmes. Dans le diocèse de Mymensingh, par exemple, la commission diocésaine pour la jeunesse a mis sur pied une initiative d’un mois spécifiquement destinée aux étudiants résidant dans les foyers urbains. Le programme a été inauguré au sein de la résidence Surasree-Panthanivas, située dans le quartier de Kachizhuli, où jeunes hommes et femmes se sont rassemblés pour assister à la messe et réciter ensemble le rosaire.

Pour Charchil Mrong, secrétaire de la commission des jeunes du diocèse, les fruits de cette démarche sont déjà palpables. Il rapporte que ces rencontres ont permis à de nombreux étudiants de renouer des liens fraternels et de retrouver un élan d’espérance dans leurs objectifs de vie comme dans leur foi. L’objectif pastoral assumé de cette initiative est d’aller chercher la jeunesse là où elle vit pour la ramener sur le chemin du Christ. Au-delà des résidences étudiantes, la dévotion s’ancre également dans les maisons de la ville, réunissant les familles. Le responsable souligne que ce temps de prière partagé renforce concrètement l’unité, l’harmonie et les liens intergénérationnels dans toute la région, apportant une nouvelle lumière au sein de la société.

Dans la capitale, Dacca, l’affluence est tout aussi notable à l’église du Saint-Rosaire de Tejgaon, où la messe et le chapelet sont proposés chaque mardi et mercredi du mois. Des fidèles de toutes conditions y prennent part, beaucoup choisissant de prolonger cet instant par une prière silencieuse et l’offrande d’un cierge devant la grotte de la Vierge. Le père Jyanto S. Gomes, curé de la paroisse, rappelle avec conviction que Marie demeure le moyen par excellence pour s’approcher du Christ. En la priant, explique le prêtre, les fidèles se mettent à l’école de son obéissance et de son humilité, des vertus essentielles qui doivent devenir une composante constante de la vie familiale.

Plus au nord, dans le district de Natore, la piété populaire s’organise avec la même ferveur. Les paroissiens de l’église catholique de Gopalpur se retrouvent tous les mercredis du mois de mai au cimetière paroissial pour la prière du chapelet. Dans les villages environnants, des groupes de femmes cheminent de maison en maison pour animer ces temps de dévotion.

Mary Rozario, une paroissienne de Gopalpur, constate l’importance vitale de ce mois consacré à la Vierge dans un contexte où le rythme effréné de la vie moderne tend à étouffer l’attention portée à Dieu. Face à des fidèles de plus en plus accaparés par les préoccupations matérielles, elle estime que l’institution ecclésiale doit faire preuve de pragmatisme. Pour enraciner durablement cette orientation vers la prière, elle appelle à adapter les horaires des dévotions aux contraintes réelles de la population, afin que cet élan marial puisse continuer à irriguer efficacement le cœur des familles et l’avenir des jeunes catholiques du pays.

Conversation des fidèles

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