Les évêques du Nicaragua devaient se rendre ensemble à Rome pour leur visite ad limina durant la semaine du 12 octobre 2026. Mais, selon une information publiée lundi 12 octobre par le média nicaraguayen Mosaico CSI, cette visite collective a été annulée faute de conditions jugées suffisantes pour l’organiser. Le pape Léon XIV a cependant reçu individuellement Mgr Carlos Enrique Herrera, évêque de Jinotega et président de la conférence épiscopale nicaraguayenne. Dans un pays où l’Église subit de fortes pressions politiques, cette distinction est capitale.
Photographie d’archives : ancienne cathédrale de Managua. Elle ne représente pas la rencontre du 12 octobre.
Une visite collective qui n’aurait pas pu se tenir
La visite ad limina apostolorum est un rendez-vous régulier au cours duquel les évêques rendent compte au Saint-Siège de la vie de leurs diocèses et prient sur les tombeaux des apôtres Pierre et Paul. Il ne s’agit ni d’une simple tournée protocolaire ni d’un geste facultatif dépourvu de portée ecclésiale : c’est une manifestation concrète de la communion des pasteurs avec le successeur de Pierre.
Mosaico CSI affirme, sur la foi d’une source ecclésiastique, que Rome avait annulé le déplacement collectif avant même l’annonce de l’opération du pape. Le média attribue cette décision à l’absence de garanties suffisantes. Il convient cependant de présenter cette explication comme une information rapportée par le journal et non comme un motif officiellement détaillé par le Saint-Siège dans les sources consultées. La dernière visite collective des évêques nicaraguayens remontait à septembre 2017, sous François.
Une audience auprès du pape malgré le contexte politique
Mgr Carlos Enrique Herrera, président de la conférence épiscopale et évêque de Jinotega, a été reçu par Léon XIV le lundi 12 octobre. Cette audience ne permet pas de dire que les dix évêques prévus ont tous effectué leur visite ad limina. Elle souligne néanmoins la continuité du lien entre l’épiscopat nicaraguayen et Rome.
Depuis plusieurs années, le pouvoir de Daniel Ortega et de Rosario Murillo multiplie les mesures restrictives envers les communautés catholiques : arrestations et expulsions de responsables ecclésiastiques, fermeture d’organisations liées à l’Église, restrictions sur les manifestations religieuses publiques. Ces faits donnent une portée particulière à toute rencontre des évêques avec le souverain pontife.
La fidélité à Rome face aux pressions du pouvoir
La défense de l’Église au Nicaragua ne saurait se réduire à une rivalité entre institutions. La liberté religieuse implique que les prêtres puissent exercer leur ministère, que les fidèles puissent prier, que les évêques puissent gouverner leurs diocèses sans intimidation. Un État soucieux du bien commun ne gagne rien à traiter la prédication catholique comme une menace politique permanente.
Pour LeCatho, la solidarité avec cette Église éprouvée doit être ferme : les catholiques ne peuvent accepter que l’on expulse des pasteurs, que l’on interdise arbitrairement la vie associative et que l’on entrave l’exercice ordinaire de la foi. Cette fermeté doit s’accompagner de précision sur les décisions diplomatiques, afin de ne pas transformer une nouvelle difficile en récit approximatif.
Il faudra désormais surveiller les éventuelles explications officielles de Rome et les prochaines occasions pour l’ensemble des évêques nicaraguayens de rencontrer le pape. Leur communion avec le Saint-Siège demeure une affaire majeure pour les fidèles de ce pays.





Conversation des fidèles
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