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Suicide assisté : les députés britanniques rejettent le projet de loi

La Chambre des communes a rejeté par 286 voix contre 270 le projet de loi sur le suicide assisté. Les évêques catholiques saluent le vote et appellent à renforcer les soins palliatifs.

Suicide assisté : les députés britanniques rejettent le projet de loi

La Chambre des communes britannique a rejeté le 11 septembre le projet de loi visant à légaliser l’assistance au suicide pour certains adultes en phase terminale en Angleterre et au pays de Galles. Le texte a été repoussé par 286 voix contre 270, soit une majorité de seize voix. Pour l’Église catholique en Angleterre et au pays de Galles, ce vote marque une victoire importante pour la protection des personnes vulnérables et remet au premier plan la question des soins palliatifs.

Un texte rejeté dès sa deuxième lecture

Le Terminally Ill Adults (End of Life) Bill, porté par la députée travailliste Lauren Edwards, prévoyait qu’un adulte atteint d’une maladie terminale, disposant de sa capacité de décision et dont l’espérance de vie était estimée à moins de six mois puisse demander une assistance pour mettre fin à ses jours. Le gouvernement britannique avait adopté une position de neutralité sur le principe du texte.

Le vote du 11 septembre a mis fin à sa progression parlementaire à ce stade. La Chambre des communes avait déjà connu, lors de la précédente législature, un débat très serré sur une proposition comparable. Cette fois, les opposants ont obtenu la majorité.

Les évêques catholiques remercient ceux qui se sont mobilisés

Mgr John Sherrington, archevêque de Liverpool et responsable des questions de vie au sein de la Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du pays de Galles, a salué le résultat. Il a remercié les personnes ayant écrit à leurs députés, ainsi que les associations de défense des personnes handicapées et les professionnels du droit et de la santé mobilisés dans le débat.

Avant le scrutin, les évêques avaient insisté sur plusieurs risques : la pression susceptible de s’exercer sur des personnes fragiles, la protection de la conscience des soignants et la situation des établissements catholiques de soins et d’accompagnement. Ils avaient surtout demandé que l’effort politique se concentre sur l’accès à des soins palliatifs de qualité.

La distinction catholique entre tuer et accompagner jusqu’à la mort

La doctrine catholique refuse l’euthanasie et le suicide assisté parce qu’ils ont pour objet de provoquer intentionnellement la mort. Cette position ne signifie pas qu’il faudrait prolonger la vie à n’importe quel prix. L’Église distingue l’acte qui donne la mort de la renonciation à des traitements devenus disproportionnés ou sans bénéfice raisonnable.

Cette distinction est essentielle dans un débat souvent réduit à l’opposition entre souffrance et autonomie. L’accompagnement de la fin de vie comprend le soulagement de la douleur, les soins palliatifs, la présence familiale, le soutien psychologique et spirituel, ainsi que le respect du patient lorsque certains traitements n’ont plus de proportion avec le résultat attendu.

Le débat britannique n’est pas clos

Le rejet du projet de loi ne fera pas disparaître la question du suicide assisté de la vie politique britannique. Ses partisans ont déjà indiqué qu’ils continueraient à défendre une évolution de la loi. Mais le scrutin du 11 septembre montre qu’une majorité de députés n’a pas considéré les garanties proposées comme suffisantes.

Pour les catholiques, l’enjeu dépasse le seul Royaume-Uni. Plusieurs pays européens sont confrontés à des débats similaires. La question centrale demeure celle du type de solidarité qu’une société veut offrir aux personnes malades, âgées, handicapées ou proches de la mort : une aide à mourir ou une présence qui garantit que personne ne soit conduit à considérer sa propre vie comme un poids.

Sources principales

UK Parliament — Terminally Ill Adults (End of Life) Bill
House of Commons Library — dossier législatif
Conférence des évêques catholiques d’Angleterre et du pays de Galles — réaction au vote
Reuters — résultat du scrutin

Conversation des fidèles

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