La Maison-Blanche a pris position, ce lundi 30 mars 2026, face aux récentes déclarations du Pape Léon XIV critiquant les chefs d’État engagés dans des conflits armés, tout en s’exprimant sur l’incident diplomatique ayant touché le Patriarche latin de Jérusalem lors du dimanche des Rameaux.
Lors d’un point de presse largement consacré au conflit persistant avec l’Iran, la secrétaire de presse de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a été interrogée sur l’homélie prononcée la veille à Rome par le Saint-Père. Le souverain pontife y avait affirmé que Jésus-Christ est le « Roi de la Paix, qui rejette la guerre et que nul ne peut utiliser pour la justifier ». Citant le prophète Isaïe, le Pape avait ajouté que Dieu « n’écoute pas les prières de ceux qui font la guerre », soulignant que leurs mains sont « pleines de sang ». Depuis le début des hostilités, Léon XIV multiplie les appels au cessez-le-feu et à l’aide humanitaire, qualifiant ce conflit de « scandale pour toute la famille humaine ».
Sans désavouer frontalement les propos du Pape, Karoline Leavitt a rappelé que la prière a toujours occupé une place centrale dans l’histoire américaine, particulièrement en période de crise. « Notre nation a été fondée il y a près de 250 ans sur des valeurs judéo-chrétiennes », a-t-elle déclaré, précisant qu’il est, selon elle, « noble » de la part du président ou des chefs militaires d’inviter les citoyens à prier pour les troupes en service à l’étranger.
Cette réaction intervient alors que le Secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, fait l’objet de vives critiques après avoir invoqué des psaumes d’imprécation contre les ennemis des États-Unis. Lors d’un service de prière au Pentagone, Monsieur Hegseth a lu un texte demandant à Dieu d’accorder aux forces américaines une « violence d’action écrasante contre ceux qui ne méritent aucune pitié ». Cette prière, initialement rédigée pour l’unité spéciale ayant capturé l’ancien président vénézuélien Nicolás Maduro en janvier dernier, appelait à ce que la justice soit exécutée « sans remords » afin que les âmes impies soient livrées à la « damnation éternelle ».
Par ailleurs, la Maison-Blanche a abordé la vive tension diplomatique survenue à Jérusalem. Dimanche, le cardinal Pierbattista Pizzaballa a été empêché par la police israélienne d’entrer dans la basilique du Saint-Sépulcre pour des raisons de sécurité. Le Patriarche latin a finalement dû célébrer la messe des Rameaux en plein air, sur le mont des Oliviers.
Face aux protestations du Vatican et de plusieurs chancelleries occidentales, dont celle de l’ambassadeur américain Mike Huckabee, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a présenté ses excuses, assurant qu’aucune « intention malveillante » n’était à l’origine de cet empêchement. Le président israélien Isaac Herzog a également fait part de son « immense regret » au cardinal Pizzaballa.
Karoline Leavitt a indiqué s’être entretenue avec le Secrétaire d’État Marco Rubio, lui-même catholique pratiquant, à ce sujet. « Nous avons exprimé nos inquiétudes à Israël concernant la fermeture de ces lieux saints », a-t-elle précisé, tout en reconnaissant les impératifs de sécurité. Les sites religieux de la Vieille Ville sont en effet fermés au public sur ordre du commandement militaire intérieur en raison des tirs de missiles balistiques iraniens. Depuis le début du conflit, ces attaques ont causé la mort d’au moins 19 personnes en Israël et des débris de projectiles sont tombés à quelques mètres seulement du Saint-Sépulcre, ainsi que sur plusieurs couvents et quartiers de la cité historique.
En conclusion de son intervention, la porte-parole de la Maison-Blanche a souligné qu’Israël travaille actuellement à la mise en place de mesures de sécurité permettant la réouverture des lieux saints pour la suite de la Semaine Sainte, une démarche que les États-Unis disent encourager vivement.





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