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De la fausse liberté que le démon cherche à substituer à la vraie

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L’homme n’a rien de plus cher que sa liberté : la liberté, c’est son salut ; c’est la loi fondamentale de sa destinée, et par conséquent de son bonheur. L’amour, l’amour passionné de la liberté, est comme un besoin instinctif du cœur humain.

Le vieux Serpent le sait bien, lui qui a perdu pour toujours le bonheur, avec la puissance d’atteindre sa fin dernière; il a perdu la liberté et le bonheur ; et, dans sa rage jalouse, il veut nous la ravir à nous-mêmes. Mais comment faire pour enlever à l’homme son cher trésor ? Il n’a pas osé l’attaquer en face : s’il lui eût dit que la liberté était mauvaise, qu’il fallait la rejeter, il n’aurait eu aucune chance de succès.

Il a été plus habile : il s’est présenté à l’homme sous le masque et avec le nom magique de la liberté elle-même. La pauvre humanité s’y est laissé prendre ; elle s’y laisse prendre aujourd’hui plus que jamais ; et elle lâche la proie pour l’ombre.

Qu’il y ait une fausse liberté, une liberté menteuse et purement apparente, c’est ce qui résulte de la parole de l’Évangile : « Si le Fils de Dieu vous délivre, vous serez vraiment libres. »

« Le Fils de Dieu ne nous dirait pas qu’il veut nous rendre vraiment libres, si, en nous faisant espérer une liberté véritable, il n’avait dessein de nous faire entendre qu’il y en a aussi une fausse ? »

Or, quelle est cette liberté fausse ? C’est tout simplement l’esprit d’indépendance ou, pour parler plus nettement encore, l’esprit de révolte contre l’autorité légitime ; c’est le fameux Non serviam que le démon transmet à l’homme.

« Cette affectation de l’indépendance, c’est la liberté de Satan et de ses rebelles complices qui ont voulu s’élever eux-mêmes contre l’autorité souveraine. Loin de nous une liberté si funeste, qui a précipité ces esprits superbes dans une servitude éternelle. »

La vraie liberté se résume dans l’accomplissement fidèle des volontés de Dieu sur nous : l’indépendance, la liberté fausse, est la révolte contre Dieu et contre tous ceux qui le représentent ici-bas ; de sorte que, au lieu que l’une nous fait atteindre notre fin, l’autre nous la fait perdre.

La liberté vénère et aime l’autorité, parce qu’elle voit en elle sa protectrice dévouée ; l’indépendance déteste l’autorité, la méprise et cherche à s’en débarrasser comme d’une ennemie personnelle. La liberté fausse crie instinctivement : « À bas l’autorité ! » et dans sa bouche impie, le cri de : « Vive la liberté ! » si fort à la mode depuis trois siècles, ne veut pas dire autre chose que: « Plus d’autorité ! vive l’indépendance ! »

C’est ce que Bossuet appelle la liberté des rebelles. Ce que les protestants, les savants incrédules, les rationalistes et les politiques modernes appellent liberté n’est pas autre chose. Leur liberté, à eux, n’est que le voile de leur esprit de révolte.

Ce n’est qu’un masque, creux et menteur comme tous les masques. Je ne veux pas dire que tous les sectateurs de la liberté fausse soient des impies : non, certes ; il y a parmi eux une foule innombrable de pauvres égarés, dont l’ignorance s’est laissé prendre aux apparences. Comme il est naturel, ils aiment d’instinct la liberté ; et, croyant que ce que Satan leur présente est la liberté, ils s’y attachent ; ils poursuivent cette chimère avec ardeur, et, ne connaissant pas la vraie liberté, ils s’indignent contre nous qui faisons la guerre à leur prétendue liberté, et ils nous accusent de tyrannie et de bassesse d’âme.

Pauvres esclaves ! que le démon a réduits en captivité en leur promettant la liberté, et qui s’imaginent que nous leur apportons la servitude. Au fond, et malgré ses beaux airs d’impartialité et de modération, la fausse liberté, la liberté telle qu’on la prône aujourd’hui, est au service du mal, comme la liberté véritable, telle que l’enseigne l’Église, est au service du bien.

L’une donne à toutes les erreurs et à toutes les passions toute facilité pour triompher, aux dépens du bien : l’autre met au service de la vérité et du bien toutes les forces des créatures, et assure ainsi le règne de Notre-Seigneur sur la terre ; or, ce règne, c’est la paix et le bonheur du monde. La vraie liberté a, comme nous l’avons dit, pour loi suprême la vérité, la justice, la charité.

La fausse, qui met sur la même ligne la vérité et l’erreur, le bien et le mal, repose sur la négation du devoir, lequel consiste essentiellement à aimer et à faire le bien, à n’aimer, à ne faire que le bien. La fausse liberté n’a pas, comme il convient, l’horreur du mal, c’est-à-dire de l’hérésie, de l’incrédulité, de l’impiété, de l’indifférence, etc.

Elle ressemble à la fausse mère du jugement de Salomon ; elle consent volontiers au partage de l’homme entre l’Église et le monde, entre JÉSUS-Christ et le démon. La fausse liberté est le suicide de la vraie liberté, comme la fausse autorité est le suicide de la vraie autorité, comme la fausse science, les fausses religions, les faux principes, etc., sont la mort et le suicide de la vraie science, de la vraie religion, des vrais principes.

Méfions-nous extrêmement des hommes et des livres qui, sous prétexte de tolérance, prônent cette liberté menteuse, fille de la renaissance païenne, du protestantisme et de la Révolution : qu’ils le veuillent ou non, qu’ils soient ou non de bonne foi, ils n’en sont pas moins « ces faux frères qui s’insinuent parmi les fidèles pour surprendre notre liberté, la liberté que nous avons dans le Christ JÉSUS, et pour nous réduire en servitude. »

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Et quelle servitude, grand Dieu ! celle de l’erreur, celle de l’indifférence religieuse, celle du père du mensonge, plus délétère mille fois que la servitude des esclaves proprement dits. Il y a quatre siècles, la fausse liberté, drapée à l’antique, s’est appelée la renaissance, un peu plus tard, elle s’est faite protestante et s’est appelée le libre examen ; au siècle dernier, pour mieux en imposer au vulgaire, elle a pris le nom emphatique de philosophie ; de nos jours, elle s’appelle la science, la libre -pensée, l’esprit moderne, le libéralisme.

Naturalisme, césarisme, libéralisme, voilà les trois grandes erreurs du dix- neuvième siècle .

Source : Mgr de Ségur – La liberté – 1869

Publié par Napo

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