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De la vie et de la mort de Sainte Gertrude

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De la vie et de la mort de Sainte Gertrude

NOTRE abbesse, de très douce mémoire, Sainte Gertrude, l’illustre et glorieuse lumière de notre Église, s’épanouit comme la rose dans toutes les vertus. Modèle de sainteté, ferme colonne de la vraie religion, elle fut la sœur selon la chair de la vierge dont nous parlons en cet écrit. Dès son enfance, sa sagesse et sa discrétion furent si merveilleuses qu’en la dix-neuvième année de son âge, l’élection la fit abbesse. Elle gouvernait avec tant de mérite, de douceur et de prudence qu’elle s’attira la vénération et l’amour de tous ; elle se montrait gracieuse et aimable devant
Dieu et devant les hommes.

L’humilité de sa conduite et de ses démarches brillait dans ses paroles et dans ses œuvres. On la voyait souvent partager avec les sœurs les ouvrages les plus vils et les travaux communs. Parfois elle y arrivait la première, ou même travaillait seule jusqu’à ce que celles qui lui étaient soumises fussent attirées à l’aider par son exemple ou ses bonnes paroles Amante de la vraie pauvreté, elle éloignait d’elle-même et de celles qui lui étaient soumises toute superfluité dans les choses temporelles.

Sainte Gertrude prenait le plus grand soin des malades ; aucune occupation ne pouvait l’empêcher de passer un seul jour sans les visiter l’une après l’autre, pour s’enquérir avec sollicitude de leurs moindres désirs ; elle les servait souvent de ses propres mains, autant pour les distraire que pour les soulager. Aussi quand la vieillesse vint l’accabler d’infirmités, elle se faisait encore porter auprès des malades, et lorsqu’il lui fut impossible de leur parler, son attitude et ses gestes leur manifestaient encore un sentiment fidèle de compassion qui les attendrissait jusqu’aux larmes.

Sainte Gertrude était accessible à toutes, et les chérissait toutes d’un amour si maternel que chacune se croyait la plus aimée ; c’est à peine si l’on pouvait distinguer celles de ses filles qui lui étaient unies par les liens du sang. Ses manières étaient douces et aimables ; aussi lorsqu’elle avait adressé par devoir à quelque sœur une remontrance sévère, sans retard et au même lieu, elle lui adressait la parole avec autant d’amitié et de douceur que si la délinquante n’eût pas failli. Elle en agissait de même lorsque au Chapitre la justice l’obligeait à réprimander avec vigueur ; le Chapitre fini, la sœur qui avait été reprise était sûre de trouver bon accueil. Il n’y avait aucune sœur, même parmi les plus jeunes, qui n’osât lui parler avec confiance. Jamais on ne la vit, jamais on ne l’entendit se montrer sévère sans motif raisonnable, ni contrister quelqu’une par une saillie de caractère. Pendant sa maladie, elle se montra douce et bienveillante, si gaie même et si patiente qu’elle égayait et réjouissait tous ceux qui venaient la visiter ou la servir.

Elle se délectait dans l’étude attentive des saintes Écritures, elle s’y livrait le plus possible. Elle exigeait es sœurs non seulement l’amour des saintes lettres, mais aussi une étude capable de les fixer dans leur mémoire. C’est pourquoi elle se procurait pour son église ou faisait transcrire par les sœurs tous les bons livres qu’elle pouvait trouver. Elle tenait beaucoup aussi aux progrès des jeunes filles dans les arts libéraux, disant que si le zèle de la science venait à se refroidir, on ne comprendrait plus la sainte Écriture, et que deviendrait alors le culte de la religion ?

Aussi obligeait-elle souvent les plus jeunes, moins formées aux lettres, à une étude plus assidue, surveillées par les maîtresses qu’elle leur donnait. Sa dévotion et sa ferveur étaient grandes pendant la prière, ses larmes tarissaient rarement. Son âme était si tranquille, son cœur si libre et si dégagé de tout souci que, souvent appelée à la fenêtre (du parloir) ou à d’autres affaires pendant l’oraison, elle retrouvait dès son retour toute la pureté de sa dévotion. Enfin elle s’était fait de la prière une telle habitude, que dans la vieillesse, malgré la défaillance de ses forces et même de ses sens, puisqu’elle fut privée de l’usage de la parole, elle communiait encore avec le respect et l’abondance de larmes qu’on avait remarqués en elle tous les autres jours de sa vie.

Lorsque les sœurs lui parlaient de Dieu, Sainte Gertrude témoignait sa satisfaction en remerciant par l’expression de ses traits et par des signes de tête ; jamais elle ne fut assez absorbée par la maladie pour ne point manifester son contentement quand elle entendait un discours ou même seulement une parole sur Dieu. Elle voulait qu’on la conduisît souvent à la messe, et suivait avec tant de zèle et d’attention les heures canoniales qu’elle triomphait de l’assoupissement et de ses habitudes pour se tenir en éveil tout le temps qu’elles duraient.

La pureté de son cœur fut si grande dès son enfance qu’elle ne voulait pas entendre la moindre parole capable de la souiller. Que dire encore ? Tout ce qu’on peut imaginer de vertu, de science, de véritable esprit religieux, brillait en elle comme en un miroir. Très fervente dans son amour et sa piété envers Dieu, elle atteignit le plus haut degré de la tendresse et de la sollicitude à l’égard du prochain, et fut la première dans l’humilité et la mortification à l’égard d’elle-même.

Avec les enfants, elle se montrait douce et indulgente, sainte et discrète avec les sœurs plus jeunes, très sage et prévenante avec les anciennes. Jamais on ne la trouvait inoccupée, car elle travaillait des mains dès qu’elle cessait de prier, d’instruire ou de lire. Enfin elle fut si vraiment grande,
se gouverna elle-même et dirigea ses filles d’une manière si digne de louange que, si j’ose ainsi parler, elle n’eut point sa pareille dans le passé et ne l’aura jamais dans l’avenir.

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Il y avait quarante ans qu’elle gouvernait notre monastère lorsqu’elle fut atteinte de nombreuses infirmités. Malade pendant plus d’une année, elle
perdit ensuite l’usage de la parole. Sa pieuse sœur, qui craignait une fin prochaine, redoubla de ferveur dans ses prières afin que le Seigneur daignât disposer toutes choses d’une part selon son bon plaisir, de l’autre selon les besoins de cette âme. Mais elle fut tout à coup ravie dans le ciel où elle vit dans le miroir de la divine Providence que sa sœur la Dame Abbesse ne mourrait pas encore malgré cette maladie.

Cependant l’armée des saints préparait déjà avec allégresse l’arrivée et la réception de cette grande épouse de Dieu.

La bienheureuse Vierge Marie, outre ses splendides ornements, se mettait aux mains des gants blancs comme la neige : sur l’un était brodé un aigle d’or, sur l’autre un lion également d’or. Ces gants symbolisaient l’âme que la bienheureuse Vierge Marie se disposait à accueillir solennellement et qui, sur trois points en particulier, peut lui être comparée : son innocence virginale n’est-elle pas aussi blanche que les gants de la Vierge, tandis que sa sublime et profonde contemplation est figurée par un aigle, et sa vigoureuse constance à triompher des vices, par un lion ?

Les Patriarches et les Prophètes préparaient des corbeilles d’or remplies de divers joyaux, indiquant par là quelle avait pourvu avec sagesse et fidélité aux besoins spirituels et temporels de tous ses subordonnés.

Les Apôtres portaient devant eux pour lui faire honneur, de grands livres magnifiquement ornés, car elle avait distribué aux siens la saine doctrine, ce qui lui donnait les mérites d’un apôtre.

Les Martyrs avaient en main de resplendissants boucliers d’or dont ils devaient lui faire hommage à cause de son infatigable patience dans toutes les adversités, ce qui en faisait leur émule.

Les Confesseurs étaient couverts de chapes splendides aux larges plis afin de lui faire cortège, car sa vie dans la sainle religion et ses saints exemples lui avaient acquis des mérites égaux aux leurs.

Les Vierges dans leurs apprêts mettaient des auréoles et des miroirs, pour les offrir a la malade, en signe de son innocente pureté et pour rappeler la louable coutume qui la portait à examiner souvent sa vie au clair miroir des exemples de Jésus-Christ, afin de constater si elle arrivait à prendre plus ou moins la ressemblance de Dieu.

C’est ainsi qu’elle avait mérité d’être réunie aux saintes vierges et d’occuper même un rang supérieur parmi elles.

Douze anges assistent la malade

Dans la suite, sa sœur, priant encore pour elle, vit son âme sous la forme d’une maison transparente, au milieu de laquelle Dieu était assis et rayonnait comme le soleil à travers le cristal. Le Seigneur dit :

« De même que tu me vois sans obstacle à travers cette maison, ainsi tu peux me reconnaître en son âme, dans toutes les œuvres et les vertus qu’elle pratique actuellement, en particulier dans la patience, la bienveillance, la bonne humeur ; la grâce de Dieu lui a départi ces dons plus encore que la nature. C’est moi qui opère ces vertus en elle et par elle. »

Puis Sainte Gertrude vit autour de la couche de la malade douze anges députés à son service qui rapportaient sans cesse au Seigneur tout ce qui se passait autour d’elle, ainsi que ses vertus et les actions des personnes qui la servaient.

À ses pieds étaient trois anges qui entretenaient sa patience ; elle en était si largement pourvue que les douze anges n’étaient pas trop nombreux pour en louer le Seigneur Dieu.

A gauche, trois archanges lui inspiraient la bonne volonté, les intentions, les saints désirs.

A droite, trois anges du chœur des Trônes lui servaient la tranquillité, la mansuétude et la piété.

A la tête, trois anges du chœur des Dominations s’emparaient de l’honneur, de la vénération et de la charité témoignée par les sœurs à la malade et les transportaient avec joie en présence du Roi suprême.

Mais sa sœur se reprocha comme un péché de demeurer si volontiers auprès d’elle, parce qu’elle craignait de céder en cela à un sentiment humain ; elle consulta donc le Seigneur qui lui répondit :

« Tu n’as commis aucune faute. Ses sens, ses mouvements, tous les moyens de pécher lui ont été enlevés ; je l’ai mise en un état où sa vie ne peut en rien me déplaire. De plus, tu ne me trouveras en aucun lieu, si ce n’est au sacrement de l’autel avec plus de vérité et de certitude qu’en elle et avec elle, et tu rencontreras en elle la conformité parfaite avec mes mœurs et mes vertus. Je me suis montré plein de bénignité, de mansuétude et d’amabilité envers mes disciples et envers tous les hommes ; elle en agit de même à l’égard de ses sujets et de quiconque vient vers elle. J’ai enduré avec douce joie et patience toutes les injures et les peines qu’on m’a faites ; c’est ainsi qu’elle supporte d’un coeur doux et content, les maladies et les douleurs.

Dans mon extrême libéralité, j’ai distribué à mes bourreaux tout ce que je possédais ; ainsi avec la libéralité de cœur qui l’a toujours distinguée, elle donne maintenant tout ce qui lui appartient.
»

Une autre fois, comme elle devait communier, sa soeur pria le Seigneur de daigner se recevoir lui-même en elle et d’offrir à Dieu le Père un digne tribut de louange et d’actions de grâces, puisqu’elle ne pouvait parler. A quoi le Seigneur répondit :

« Ne suis-je pas obligé d’agir ainsi ? Un voleur même le ferait s’il voulait se montrer juste ; il rendrait l’objet volé ou restituerait l’équivalent. Je lui ai enlevé l’usage de la parole ; j’acquitterai par moi-même au centuple ce qu’elle ne peut donner. »

Il lui sembla que le Seigneur se tenait à la droite de la malade, revêtu d’un manteau d’or garni de fleurs vertes, et que la prenant avec amour entre les bras, il lui donnait un baiser en disant :

« Reçois-en des milliers de mille, ô mon épouse. »

Le vêtement d’or du Seigneur figurait l’amour de son Coeur divin et les fleurs vertes, la fraîcheur et l’épanouissement des vertus qu’il avait pratiquées sur la terre. Une rose splendide brillait sur sa poitrine ; elle semblait aussi de couleur verte, mais tout enrichie de pierres précieuses ; la malade jouait avec celte fleur qui signifiait le complet abandon qu’elle avait pratiqué en toutes circonstances.

Le visage de la malade devint alors d’une si éclatante beauté, que celle-ci ne croyait pas en avoir jamais vu d’aussi splendide ; il laissait pour ainsi dire percer la beauté de l’âme invisible ; ses sourcils en particulier, bien dessinés, légèrement arqués, remettaient en mémoire la merveilleuse prévoyance qui avait présidé à toutes les dispositions de son gouvernement.

Le rayonnant éclat de ses yeux rappelait le regard de miséricorde qu’elle dirigeait avec tant de compassion sur ses sujets en détresse, tandis que ses lèvres vermeilles redisaient les fréquents enseignements qu’elle faisait entendre à ceux qui vivaient sous sa crosse ou qui de loin, venaient la consulter.

Une autre fois, sa soeur, après avoir communié, dit encore au Seigneur :

« Je vous en conjure, ô Seigneur, souvenez-vous du zèle avec lequel votre servante amenait les soeurs, tantôt par caresses, tantôt par menaces, à pratiquer volontiers la communion fréquente. La maladie l’empêche maintenant de recevoir votre corps adorable, veuillez donc vous donner vous-même à elle par le moyen qui convient à votre royale libéralité. »

Le Seigneur répondit :

« Elle me possède comme Époux ami fidèle et seul consolateur. »

« Comment peut-il être exact, reprit-elle, que vous soyez son seul consolateur, puisque son sourire dénote une certaine satisfaction quand elle reçoit des autres un service ou un petit présent ? Ne semble-t-elle pas prendre encore plaisir aux choses terrestres ? »

Le Seigneur répondit :

« Mais ne remarques-tu pas que, lorsque vous faites le contraire de ce qu’elle demande, faute de comprendre ses signes, elle vous sourit cependant avec autant de bonté que si vous lui aviez fait grand bien ? Sache donc qu’elle est si fermement établie en moi que, devant tout ce qui arrive d’agréable ou de pénible, elle garde toujours la même altitude. »

Une autre fois encore qu’elle devait communier, cette même soeur vit le Seigneur Jésus sous la forme d’un beau et noble jeune homme, âgé d’environ douze ans. De son bras droit, il enlaçait son épouse et il lui disait :

« Je t’ai pris la main droite, car je me fais ton coopérateur en toutes tes oeuvres : je t’ai pris le pied droit, je me fais ton conducteur. Je te donnerai l’éclat dune virginité perpétuelle ; la joie et l’allégresse pour compenser tes infirmités ; l’agilité parfaite au lieu du poids actuel de ton corps. Enfin tu jouiras de moi dans une éternelle félicité. »

De son heureux trépas

À lA fin donc, comme ce rayon de soleil descendait vers le couchant de la mort, et que cette brillante couronne de notre gloire s’inclinait déjà vers le tombeau, afin de la mieux préparer le Seigneur lui enleva pendant vingt-deux semaines l’usage de la parole, d’une manière en quelque sorte miraculeuse puisqu’elle ne pouvait plus dès lors faire connaître ses besoins même par signes, et que cependant elle prononçait encore deux mots : « spiritiis meus : mon esprit ».

Elle se servit dès lors de ces deux mots pour tout exprimer. Il arriva plus d’une fois que ne le comprenant pas, on fit tout le contraire de ce qu’elle voulait, et elle le supportait sans se départir de sa bonté et de sa patience admirables. Dieu habitait vraiment en elle et avec elle ; il la dirigeait entièrement selon son bon plaisir, par son très doux esprit. Comme elle ne faisait que répéter ces mots : « Mon esprit », sa soeur lui dit une fois :

« Et qui donc est votre esprit ? Ou bien à quel chœur des anges appartient-il ? »

Aussitôt sa langue se délia, et elle put répondre : « Mon esprit est un séraphin. »

Il y avait environ un mois qu’elle avait ainsi perdu la parole, lorsqu’un matin elle se trouvait si mal qu’on la crut à l’agonie. Comme on lui donnait en hâte les dernières onctions en présence du couvent rassemblé, le Seigneur Jésus apparut à plusieurs personnes, revêtu de la beauté que décrit saint Bernard, étendant les bras comme pour l’y recevoir, la regardant avec tendresse, et se plaçant toujours en face de la malade, de quelque côté qu’elle se tournât, comme s’il eut attendu l’heure de sa délivrance avec de véhéments désirs.

Le jour approchait, salué d’avance par tant de joyeux désirs, préparé par tant de dévotes prières, jour où elle entra vraiment en agonie. Le Seigneur parut venir en hâte à sa rencontre, ayant à côté de lui la bienheureuse Vierge Marie à droite, son bien-aimé disciple saint Jean l’Évangéliste à gauche les habitants de la cour céleste arrivaient en foule à leur suite et spécialement l’armée des vierges ; elle parut ce jour-là remplir la maison et se mêler au couvent qui demeura toute la journée au lieu même où trépassait sa Mère.

Les soupirs et les sanglots trahissaient la douleur des filles ; mais elles donnaient aussi à leur Mère de dévotes oraisons. Cependant, le Seigneur Jésus semblait par ses gestes témoigner tant d’affection à la malade que l’amertume de la mort dut lui être bien adoucie. Quand on en fut dans la Passion à ces mots : puis inclinant la tête, il rendit l’esprit (Jean. XIX, 30 ,) le Seigneur, comme s’il ne pouvait contenir davantage l’ardeur de son amour, s’inclina vers la mourante et, de ses deux mains, ouvrit au-dessus d’elle son propre Coeur.

L’heure était près de sonner où l’Époux céleste, royal Fils du Père tout-puissant, allait recevoir sa bien-aimée, délivrée de la prison terrestre de son corps après de longs soupirs. Elle allait reposer avec lui dans le lit nuptial de l’amour. Cette âme heureuse, cent fois heureuse, prit son essor avec un bonheur inestimable vers ce sanctuaire surexcellent, c’est-à-dire vers le Coeur très doux de Jésus-Christ, qui lui avait été ouvert avec tant de joie et de fidélité.

Ce qu’elle entendit, ce quelle ressentit là, la part de béatitude que la surabondance de la miséricorde fit pénétrer en elle, après lui avoir donné le privilège spécial d’être transportée par un tel moyen, qui, parmi les mortels, ne pourra jamais l’imaginer ? Avec quelles délices l’Époux toujours brillant de jeunesse l’introduisit dans sa douce intimité, avec quels transports d’allégresse lui firent cortège ceux qui apportaient les couronnes de joie, quelles furent les louanges qui accompagnèrent cette glorification bienheureuse, la faiblesse humaine ne peut même tenter de le balbutier.

Il ne reste donc qu’à chanter à Dieu, auteur de toutes choses, le cantique de jubilation et celui de l’action de grâces, en union avec les citoyens du ciel. Lors donc que ce soleil éclatant qui avait rayonné au loin sur notre terre eut disparu, lorsque au regard de la divinité, cette petite goutte d’eau fut rentrée dans l’abîme d’où elle était sortie, ses filles, restées dans la région des ténèbres, élevèrent les yeux de leur foi par le chemin de l’espérance, vers la béatitude de leur Mère. Leurs larmes sincères coulèrent abondantes ; mais elles prirent en même temps part aux joies célestes de leur Abbesse.

Au milieu des tristesses de leur propre désolation, elles adressèrent à haute voix leurs louanges au ciel et représentèrent leur abandon à leur tendre Mère en lui chantant le répons : Surge virgo. Mais à ces paroles : « Toi qui reposes à l’ombre de ton Bien-Aimé, » on entendit la Dame abbesse répondre :

« Il ne me suffirait pas de reposer à son ombre ; c’est dans le Coeur du Bien Aimé que je repose avec douceur, sécurité et quiétude. »

Dans la suite la vierge du Christ étant un jour en prières, vit l’âme de sa sœur rayonnante de gloire. Saint Benoît le Père de l’Ordre, la précédait tenant la crosse d’une main et entourant de son autre bras, avec amour et vénération, son heureuse fille, c’est-à-dire, l’àme de notre Abbesse.

Il la conduisit ainsi jusque devant le trône de l’adorable Trinité où il chanta dune voix sonore, sur une délicieuse mélodie le Répons : Quae est ista quae processit sieut sol, à la louange et à l’honneur de cette âme. Puis le Seigneur s’inclinant vers elle avec amour, lui dit :

« Sois la bienvenue, ma fille très belle. »

Mais elle, toujours fidèle pria le Seigneur pour la communauté qui lui avait été confiée. Celle qui voyait ces choses lui dit ensuite :

« Sœur bien-aimée, que voulez-vous mander à vos filles ? »

Elle répondit :

« Dites-leur d’aimer toujours de toutes leurs entrailles le Bien-Aimé de mon coeur et de mon âme, et de ne préférer rien ci son amour – : bien plus, de ne rien préférer à son souvenir ».

Celle-ci reprit alors :

« Recommandez-nous toutes à Dieu, puisque votre sort est si heureux ! »

Elle répondit :

« Moi, je recommande mes filles pour leur obtenir le repos plein de douceur où je vis avec tant de sécurité, c’est-à-dire le très doux Cœur de Jésus-Christ. »

Source : Le livre de la grâce spéciale – Les révélations de Sainte Mechtilde 1921

Publié par Napo

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