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La grande ennemie : La Franc-maçonnerie à Rome

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C’est à Rome même que la Franc-maçonnerie a établi son pouvoir central, on le sait. Un rapport présenté par l’Orateur du jubilé de la Loge «Universo» et publié par la Rivista massonica (novembre-décembre 1898) nous révèle toute la gravité de cet apostolat satanique.

Nous allons donner l’analyse de ce rapport avec quelques réflexions qu’il provoque. Transférée de Florence à Rome, la Loge voulut « grouper les forces, discipliner les énergies, les rassembler, les guider d’une main ferme et d’un vif élan à la conquête des nouveaux horizons ». Dans ce but, le 28 avril 1872, s’ouvrait à Rome une constituante maçonnique, qui démolit les autres loges, trop anémiques, pour ne laisser subsister que « L’Universo ».

Dès lors, les F… [Franc-Maçons] ont consacré tous leurs efforts à certaines œuvres, ainsi définies par notre orateur.

1° Promouvoir, favoriser, protéger dans le monde profane toute espèce d’agitations en vue d’arracher au gouvernement les innovations et les réformes législatives, que requièrent l’esprit du temps et le péril toujours imminent du Vatican.

2° Promouvoir une agitation très vive pour l’abolition des corporations religieuses, avec des réunions populaires et des démonstrations dans la rue.

3° Commencer les études et les travaux nécessaires pour la réforme du code civil, par l’institution du divorce. – Faute de mieux, on discute en ce moment la préséance du mariage civil sur le mariage religieux, et la solution maçonnique est en bonne voie, grâce aux concours des frères qui composent le ministère et remplissent le Sénat et la Chambre.

4° Commencer et mener à bonne fin une enquête détaillée sur les Œuvres pies, en formulant des vœux et des projets de loi. Cette action aboutit à la loi du 17 juillet 1890, qui a laïcisé les ressources accumulées par la charité des catholiques; depuis lors les bureaux de bienfaisance qu’on appelle ici ‘congrégations de charité’ sont devenus le pays de Cocagne où se casent et s’enrichissent les frères et amis.

5° Établir les règles que doivent suivre les francs-maçons dans les élections politiques.

6° Travailler à s’assurer pour toujours la possession du conseil municipal de Rome.

En même temps qu’elle s’appliquait à réaliser le programme d’où la politique est absolument bannie, comme on le voit, la Franc-maçonnerie s’est payé de temps en temps le plaisir de triompher publiquement et bruyamment dans les rues de Rome. Notre orateur rappelle les fêtes en l’honneur de Mazzini, le 17 mars 1872, « où pour la première fois fut salué avec enthousiasme, dans les rues de Rome, le drapeau vert » de l’ordre.

Le 3 mai 1878, célébration du centenaire de Voltaire; puis érection de monuments dans le Campo-Santo, à Mazzini et à Macchi; sur le Pincio, aux frères Cairoli, par-dessus tout, le 9 juin 1889, l’exaltation de Giordano Bruno, « la revanche de l’histoire! ». Il y a bien aussi, enfin, les œuvres d’éducation.

« Nous avons eu comme objectif principal, dit toujours le frère … orateur, les écoles populaires, les cercles et patronages laïcs et les asiles. En 1875, les frères s’inscrivirent en masse sur les listes de la Ligue pour l’instruction du peuple, en lui imprimant une direction nettement laïque et anticléricale. Plus tard, et toujours par l’initiative de notre Loge, prirent naissance l’asile Humbert I [Umberto I], aujourd’hui si florissant ; une association pour l’éducation morale et physique des enfants du peuple ; divers jardins, plusieurs patronages de dimanche pour les enfants.

Nous avons acquis une influence prépondérante dans le Cercle de la Sainte-Famille (!), dans la direction de l’asile Savoia; nous avons favorisé de toutes les manières les asiles enfantins fondés par le sénateur Tommasini. Récemment, quelques-uns de nos jeunes frères, étudiants de l’Université, ont ouvert des écoles du soir pour les ouvriers; elles sont très fréquentées, et leur direction est nettement maçonnique ».

Suivent ces graves paroles :

« C’est vers l’école populaire en effet, que doivent converger toutes nos volontés, si nous désirons arracher aux mains des prêtres les armes en apparence innocentes, avec lesquelles ils espèrent frapper dans l’ombre, suivant leur coutume, l’unité de la patrie et la liberté de la pensée ».

N’y a-t-il pas dans toutes ces menées dirigées contre les enfants de Rome, contre les diocésains immédiats du Pape et ses défenseurs-nés, un très grave danger et une manœuvre d’une habileté vraiment diabolique ? Avec combien de raison, la Civiltà demande aux Romains de redoubler d’activité, de vigilance, de force d’âme pour sauver le vieil esprit romain ! Une circulaire générale a été envoyée aux loges par Lemmi, car la Franc-maçonnerie a aussi ses encycliques, pour recommander aux maçons les œuvres de jeunesse.

On sait avec quel zèle les loges françaises ont obéi au maître. Leur activité n’est-elle pas même pour les catholiques une humiliation ? Une tactique spéciale aux francs-maçons de Rome, c’est de se glisser, dans l’ombre, au plus intime des œuvres catholiques et d’en transformer peu à peu l’esprit et la direction. Ils y ont pleinement réussi pour le cercle de la Sainte-Famille, et ils ont même eu l’habileté de lui garder ce nom tout en le mettant sous la direction de la Loge !

Ces jours derniers encore, on a vu les journaux maçonniques prendre fait et cause contre l’autorité ecclésiastique en faveur d’un ouvroir tenu par des religieuses (!) qui avaient accepté le patronage d’hommes au moins équivoques. D’ailleurs, la Loge a nommé une commission « chargée de surveiller la marche et l’attitude des principaux établissements d’éducation et de bienfaisance de notre ville, avec le mandat d’en référer par écrit chaque trimestre ».

Qui gouverne à Rome ?

À peine est-il besoin de dire que les œuvres de charité ne sont pas très abondantes ni très fournies au sein de la maçonnerie romaine. Il est bien question dans le discours jubilaire « d’importants subsides aux écoles ouvrières, de secours en temps d’épidémie, de fondation de cuisines économiques ». On ne cite pas de chiffres. On dit seulement que le « fonds intangible pour les veuves et orphelins» atteint la somme de 18.000 francs. » Si l’on veut savoir le nombre de ces ardents adversaires de l’Église et du Pape, c’est encore le frère orateur qui nous renseigne.

La Loge « Universo » vient d’absorber trois autres loges romaines qui se mouraient. « Cette fusion nous donne la suprême joie de pouvoir compter sur l’énergie de 140 Frères actifs ». C’est peu, mais quelle puissance dans la haine de 140 volontés agissant avec prudence et dans l’ombre ! Et faut-il compter pour rien Satan qui combat pour eux ? Le discours qui nous a servi de thème se termine par les strophes de l’Hymne à Lucifer de Carducci. Et dans la Revue maçonnique officielle, on peut lire cette invitation :

« Saluez le génie rénovateur ; vous tous qui souffrez, relevez le front, parce que c’est lui qui arrive : Satan le grand ! ».

Il ne faut pas que pour avoir été trompés par un infâme imposteur, les catholiques ne veuillent plus entendre parler de l’action très réelle que Satan exerce dans les loges. Leur incrédulité serait le triomphe des Taxils et du diable. Pourtant il ne faut pas désespérer de la victoire prochaine. La maçonnerie, à Rome, comme en France, a subi en ces dernières années, quelques mécomptes. L’ancien grand maître Lemmi a été pris en flagrant délit de concussion dans le commerce de tabacs dont l’État lui avait gracieusement octroyé le monopole, tellement qu’à Rome maçonnerie et tabac sont devenus synonymes !

Puis ont éclaté coup sur coup des banqueroutes, des procès de péculats et de concussions de tout genre, où ont été compromis les principaux fidèles du grand architecte ; c’est dans cette boue que le fr … Crispi a vu s’enfoncer l’immense crédit dont il jouissait jusque-là. La presse elle-même s’est mise de la partie, même la presse officieuse. C’est le Corriere della sera, l’un des organes officiels du libéralisme italien, qui écrivait, il y a trois ans déjà (26 avril 1896):

« La maçonnerie est une espèce de société de secours mutuels, très puissante, internationale, dans laquelle quelques malins s’élèvent en se servant des épaules de milliers d’imbéciles. C’est vraiment un fait injuste et intolérable que, sous le régime des lois de liberté, une secte parvienne à ne laisser passer que les siens, et pour les gros traitements et dans les concours et en mille autres circonstances.

Pour obtenir quelque chose du gouvernement de Crispi, il fallait entrer par la filière de la maçonnerie. Mais sans parler de ce favoritisme, il y a quelque chose de plus grave. L’unité italienne étant consommée, la maçonnerie pouvait appliquer ses idées rationalistes, et exercer librement son action: eh bien! Avons-nous vu se réaliser dans la vie publique cet idéal de parfaite justice, qui sonnait si haut dans les loges? Avons-nous vu restaurée, sous les auspices de la maçonnerie, la morale publique et privée? Hélas! Point n’est besoin de citer les exemples qui prouvent le contraire: ils sont trop récents ».

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En France, comme en Italie, la presse libérale s’unit à la presse catholique pour combattre l’action tyrannique des loges. Jules Lemaître, Coppée et d’autres dénoncent l’association malfaisante et lancent une pétition puissante contre elle. Pour triompher de l’ennemie de l’heure présente, l’Église catholique n’a besoin que d’une seule chose : continuer à arracher les masques.

Dans sa lutte contre les sectes, sa grande alliée est la lumière. Quand les principes et les œuvres de l’Église sont dévoilés et publiés, elle y trouve honneur et profit. La Franc-maçonnerie sait bien qu’elle n’a rien à attendre de la publicité que la honte, puisqu’elle se cache !

Source : Revue (LeonDocs)- Léon Dehon – 1899

Publié par Napo

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