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De la nature et des attributs de Dieu

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Quoique la nature divine soit incompréhensible, nous comprenons cependant que Dieu EST, et qu’il ne peut n’être pas. Nous comprenons qu’il est celui qui EST, c’est-à- dire celui qui est l’Être par excellence, l’Être des êtres.

Qui est par sa nature, existant de lui-même, sans s’être donné l’existence, ni l’avoir reçue d’aucun autre ; celui qui est aujourd’hui, qui a toujours été et qui sera toujours. Nous comprenons qu’il est nécessairement, que son existence est nécessaire d’une nécessité absolue, de sorte qu’on ne peut ni le supposer ni le concevoir non existant ; qu’il est absolument indépendant quant à l’Être et quant à la manière d’être ; qu’il est essentiellement tout ce qu’il est et tout ce qu’il peut être ; qu’il est par conséquent infini.

Nous comprenons enfin qu’il est l’alpha et l’omega, le principe et la fin de toutes choses. Ainsi, quoiqu’on ne puisse donner une définition proprement dite de Dieu, nous disons que Dieu est l’Être infiniment parfait, créateur et souverain Seigneur de toutes choses. D’abord, Dieu est infiniment parfait :

« Le Seigneur est grand, dit le prophète, il est au-dessus de toute louange, et sa grandeur est infinie »

Comme il existe de lui-même et qu’il est absolument indépendant, il est nécessairement tout ce qu’il est et tout ce qu’il peut être en tout genre de perfections ; il est donc nécessairement infini et infiniment parfait. Il est éternel, étant sans commencement et sans fin ; et il l’est tout entier, parce qu’il existe nécessairement tout entier et dans toute la plénitude de son être.

Il est immense ; et il l’est tout entier, parce qu’il ne peut, pour ainsi dire, être ni plus ni moins étendu qu’il l’est, étant nécessairement tout ce qu’il est. Il est immuable ; et il l’est dans tout son être, parce qu’il ne peut être autre qu’il n’est nécessairement ; il ne peut rien perdre de ce qu’il a, ni rien acquérir de ce qu’il n’a pas. Toujours pour la même raison, il est intelligent, et il l’est infiniment ; il sait tout, il voit tout, il conçoit et comprend tout ; il est puissant, et il l’est infiniment ; il peut tout ; il est bon, et il l’est infiniment ; il est sage, et il l’est infiniment ; il est juste, et il l’est infiniment ; il est miséricordieux, et il l’est infiniment.

En un mot, étant l’Être nécessaire et quant à son existence et quant à sa nature ou à ses attributs, Dieu réunit nécessairement au plus haut degré possible toutes les perfections possibles, c’est-à-dire toutes les perfections qui sont compatibles, soit entre elles, soit avec le plus haut degré possible. La nature divine n’exclut que ce qui est contraire à la souveraine perfection ; elle exclut les propriétés de la matière.

Dieu est un être incorporel, immatériel ; il est esprit. La matière n’existe point nécessairement, elle est de sa nature contingente, pouvant indifféremment exister ou ne pas exister ; elle ne peut par conséquent se concilier avec les attributs de l’Être nécessaire. Mais la distinction que nous faisons des perfections divines, qu’on nomme attributs de Dieu, n’est-elle pas contraire à la nature de l’Être nécessaire, qui est essentiellement un, essentiellement simple et absolument indivisible ?

Il est bien vrai que perfections de Dieu ne sont ni distinctes entre elles, ni distinctes de l’essence divine. Mais comment, faibles mortels que nous sommes, pourrions-nous, d’une seule vue, embrasser et comprendre l’infini ? Comment pourrions-nous en parler sans emprunter le langage de Dieu même, qui, pour se mettre à la portée de l’homme, a bien voulu s’abaisser jusqu’à parler de ses attributs comme nous en parlons nous-mêmes ?

Comment concevoir celui qui est parfaitement un, sans le diviser, pour ainsi dire, en autant de parties qu’il a de rapports avec les créatures ? En exprimant par divers noms les différentes perfections de Dieu, nous ne prétendons point exprimer une distinction réelle entre les attributs de l’infini. Nous le reconnaissons, en Dieu l’intelligence, la volonté, la puissance, la sagesse, la bonté, la justice, ne sont qu’une même chose.

Ce qui pense en lui est la même chose qui veut ; ce qui agit et qui fait tout, est la même chose qui pense et qui veut ; ce qui prépare, qui arrange et qui conserve tout, est la même chose qui détruit ; ce qui punit est la même chose qui pardonne. Si donc nous distinguons les perfections divines en parlant de Dieu, ce n’est qu’à raison de la nécessité où nous sommes de contempler l’infini à diverses reprises, en le considérant sous les différents rapports qu’il a avec ses ouvrages, et particulièrement avec l’homme.

Nous avons dit que Dieu est l’Être créateur et souverain, Seigneur de toutes choses. C’est Dieu, comme nous le verrons plus bas, qui a créé, c’est-à-dire qui a fait de rien, le ciel et la terre, les anges et les hommes ; en un mot, tout ce qui est hors de lui ; comme c’est lui qui dirige tout, qui gouverne tout, qui dispose de tout dans sa sagesse.

Dieu est un, et il ne peut être qu’un ; il n’y a qu’un seul Dieu, et il ne peut y avoir qu’un seul Dieu. Quand Moïse se présente de la part de Dieu devant les enfants d’Israël, il leur dit : Celui qui est m’a envoyé vers vous. Il ne leur dit point, Ceux qui sont, mais Celui qui EST celui dont l’Être est le nom essentiel, éternel, incommunicable.

« Je suis celui qui suis ; c’est mon nom dans toute l’éternité. »

Aussi le Seigneur disait-il au peuple juif : Considérez que je suis seul, et qu’il n’y a point d’autre Dieu que moi. Telle est, d’ailleurs, la croyance des patriarches, des Israélites et des chrétiens ; la croyance de tous les peuples. On a conservé chez toutes les nations une idée plus ou moins distincte de l’unité de Dieu.

« Il faut, dit l’abbé Bergier, ou que cette idée ait été gravée dans tous les esprits par le Créateur lui-même, ou que ce soit un reste de la tradition qui remonte jusqu’à l’origine du genre humain, puisqu’on la trouve dans tous les temps aussi bien que dans tous les pays du monde. »

Les idolâtres même avaient généralement quelque notion de l’Être suprême, auteur de toutes choses. Ils ont connu, du moins imparfaitement, le vrai Dieu ; et c’est parce que, l’ayant connu, ils ne l’ont pas glorifié comme Dieu, qu’ils sont inexcusables : Inexcusables, dit l’apôtre. Ils se sont rendus coupables en adorant la créature au lieu du Créateur. C’est en cela principalement que consistait le crime de l’idolâtrie.

À quelques exceptions près, les gentils n’admettaient point plusieurs dieux proprement dits, plusieurs êtres incréés, souverains, indépendants. Le polythéisme, comme l’a remarqué l’abbé Bullet, n’était point un polythéisme d’égalité, mais un polythéisme de subordination. Les païens, dit Beausobre, n’ont jamais confondu leurs dieux célestes ou terrestres avec le Dieu suprême.

En reconnaissant plusieurs divinités, ils reconnaissaient en même temps le Dieu très-grand et très-bon, maximus et optimus, le père des dieux et des hommes, ce qui fait allusion à ce que dit Moïse, qui appelle le vrai Dieu, le Seigneur des seigneurs, le Dieu des dieux. Ainsi la croyance des différents peuples, quoique altérée par les superstitions du paganisme, se trouve d’accord, touchant l’unité de Dieu, avec la tradition primitive qui s’est conservée dans toute sa pureté chez les patriarches, les Hébreux et les nations chrétiennes.

D’ailleurs, Dieu est celui qui EST, celui qui est par lui-même, qui existe nécessairement, qui est indépendant, infini, souverainement parfait. Or celui qui est par lui-même, qui existe nécessairement, qui est indépendant, infini, souverainement parfait, est un, et il ne peut être qu’un ; il répugne qu’il y ait plusieurs êtres nécessaires, plusieurs êtres indépendants, plusieurs êtres infinis et souverainement parfaits.

On conçoit et on concevra toujours qu’un seul être nécessaire suffit pour rendre raison de l’existence de tout ce qui est hors de lui ; que tous les êtres, à l’exception d’un seul, peuvent ne pas exister ; qu’ils n’existent pas nécessairement ; qu’ils n’existent par conséquent qu’en vertu de la toute-puissance de cet être unique qui leur a donné l’existence.

On conçoit et on concevra toujours qu’un être n’est indépendant, absolument indépendant, qu’autant que tous les autres êtres dépendent de lui, et qu’il demeure par cela même seul indépendant. On conçoit et on concevra toujours qu’un être ne peut être infini et souverainement parfait qu’autant qu’il est au-dessus de tous les autres êtres, quelque parfaits qu’on les suppose.

Supposer plusieurs infinis, c’est évidemment nier l’infini ; supposer plusieurs êtres infiniment parfaits, c’est nier la souveraine perfection ; supposer plusieurs dieux, ce sera donc aussi nier la Divinité.

Enfin, l’ordre admirable qui règne dans l’univers, en nous offrant une preuve des plus frappantes de l’existence de Dieu, nous offre en même temps une preuve non moins sensible de son unité. Tout, dans le monde physique et dans le monde moral, nous montre l’unité de pensée, l’unité de volonté, l’unité dans l’exécution ; partout se présentent à nos regards les mêmes desseins, les mêmes lois, les mêmes causes, les mêmes résultats ; partout l’unité la plus parfaite et la plus constante dans la variété même et la contrariété apparente des moyens par lesquels l’ordre s’observe sans interruption.

Or cette unité suppose nécessairement qu’il n’y a qu’une intelligence suprême, qu’un législateur suprême, qu’une providence qui gouverne tout, qui s’étend à tout, qui pourvoit à tout ; qu’il n’y a qu’un monarque, qu’un souverain Seigneur de toutes choses.

Les anciens ont été frappés de ces différentes preuves de l’unité de Dieu. Minucius Félix les résume en ces termes :

« Lorsque vous entrez dans une maison, et que vous en voyez toutes les pièces parfaitement disposées et magnifiquement décorées, ne pensez-vous pas qu’un maître, supérieur à toutes ces choses, préside à leur ordonnance ? De même, quand vous considérez le ciel, la terre, et l’ordre qui règne dans ce monde, ne devez-vous pas croire qu’il existe un être qui est l’auteur et le maître de toutes choses ?

Mais, sans douter de la Providence, vous demanderez peut-être si le ciel est gouverné par un seul ou par plusieurs. Il ne sera pas difficile de résoudre cette question, si on fait attention que les empires de la terre ont leurs modèles dans le ciel. Jamais le partage d’un royaume a-t-il commencé de bonne foi, ou fini sans quelque scène sanglante ?…

Voyez aussi les animaux : les abeilles n’ont qu’un roi, les troupeaux n’ont qu’un guide ; et vous voulez que dans le ciel le pouvoir souverain puisse être divisé, et que la puissance absolue de ce véritable et divin empire puisse être partagée ! N’est-il pas hors de doute que Dieu, le créateur de toutes choses, n’a ni commencement ni fin ; que celui qui a donné l’être à tout, a l’éternité pour lui-même ; que tout a été fait par sa parole, disposé par sa sagesse, consommé par sa puissance ?

On ne peut le voir, parce qu’il est plus éclatant que la lumière ; on ne peut le toucher, parce qu’il est plus subtil que le tact ; on ne peut le comprendre, parce qu’il est au-dessus des sens. Il est infini, immense, n’étant connu que de lui-même ; notre esprit est trop étroit pour le concevoir tel qu’il est.

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C’est pourquoi nous avons une idée digne de lui, lorsque nous disons qu’il est au-dessus de toutes nos idées. Dirai-je ce que je pense ? S’imaginer connaître sa grandeur, c’est la diminuer ; se persuader qu’on ne la diminue point, ce n’est pas la connaître. Ne cherchez donc point de nom à Dieu : son nom est Dieu.

On a besoin de noms pour distinguer chaque particulier dans la multitude ; le nom de Dieu suffit à celui qui seul est Dieu. Si je l’appelais père, vous penseriez qu’il est terrestre ; si je l’appelais roi, vous le soupçonneriez charnel ; si je l’appelais maître, vous le croiriez mortel. Supprimons tout ce que nous avons ajouté à l’idée simple de Dieu, il restera tel qu’il est.

Mais quoi ! n’avons-nous pas pour nous le consentement de tous les hommes ? Lorsque le peuple lève les mains au ciel, c’est Dieu seul qu’il invoque ; il s’écrie Grand Dieu ! vrai Dieu ! Plaise à Dieu ! Ce langage naturel n’est-il pas la confession du chrétien ?

Ceux même qui veulent que Jupiter soit maître souverain, se trompent pour le nom ; mais ils reconnaissent avec nous une seule puissance »

Source : Théologie Dogmatique – Cardinal Thomas-Marie-Joseph Gousset – 1879

Publié par Napo

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