L’actualité catholique sans concession
CULTURE

Pourquoi le « baiser de paix » sur la bouche a-t-il disparu de nos messes ?

Réagir à cet article

C’est une pratique qui pourrait choquer bien des fidèles aujourd’hui : pendant des siècles, le signe de paix ne consistait pas en une simple poignée de main ou un signe de tête, mais en un véritable baiser sur la bouche entre chrétiens. Dans ce numéro d’Antenne des Fidèles (ADF #35), nous plongeons dans l’histoire de ce rite méconnu pour comprendre ce qu’il disait du sacré et pourquoi il a fini par décliner.

Un geste ancré dans les Écritures

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le baiser de paix n’est pas une invention tardive. Il est mentionné à plusieurs reprises dans les épîtres de Saint Paul et de Saint Pierre (« Saluez-vous les uns les autres par un saint baiser »). Pour les premiers chrétiens, ce geste n’avait aucune connotation érotique. Il symbolisait l’unité totale des membres du Corps du Christ, un échange de souffle signifiant l’union des âmes avant de recevoir l’Eucharistie.

Du baiser sacré au déclin du sacré

Pourquoi ce geste a-t-il disparu pour le commun des fidèles ? Plusieurs facteurs historiques et sociétaux entrent en jeu :

  1. La mixité des assemblées : À l’origine, les hommes et les femmes étaient séparés à l’église, ce qui permettait le baiser entre frères d’une part et entre sœurs d’autre part sans ambiguïté. Avec la fin de cette séparation, le risque de familiarité excessive a poussé l’Église à la prudence.
  2. L’évolution de la pudeur : Dès le Moyen Âge, le baiser direct a commencé à être remplacé par le « bâton de paix » ou le baiser d’un instrument liturgique (l’osculatorium) que le prêtre présentait aux fidèles.
  3. La ritualisation du baiser féodal : Curieusement, ce qui a survécu à la messe s’est longtemps maintenu dans la société civile, notamment lors de l’hommage vassalique, où le baiser sur la bouche scellait la loyauté absolue entre deux hommes.

Le signe de paix aujourd’hui : une coquille vide ?

Le débat soulevé dans cette émission va au-delà de l’anecdote historique. En perdant ces gestes de communion intense et physique, n’avons-nous pas perdu une part de la dimension sacrée de la liturgie ? Entre le rigorisme de certains et le modernisme des autres, la question de la place du corps dans la prière reste entière.

Pour découvrir l’intégralité de ce débat passionnant sur l’histoire du baiser chrétien et la crise du sacré, regardez le replay complet :

Annonce

Conversation des fidèles

0 commentaire(s)

Aucun commentaire pour le moment.

Retour en haut