Depuis le 28 juillet et jusqu’au 3 août, des milliers de jeunes catholiques venus du monde entier se retrouvent à Rome pour vivre un événement unique : le Jubilé de la Jeunesse. Une semaine de prière, de rencontres, de catéchèses et de mission, qui dépasse la simple festivité. Ce jubilé devient le signe éclatant que la jeunesse catholique, souvent caricaturée, est bien vivante et brûlante d’amour pour le Christ.
Pour cette jeunesse entre 18 et 35 ans, il ne s’agit pas d’un simple pèlerinage ou d’une parenthèse. C’est un appel à témoigner de la foi dans un monde en crise. Emmanuel Varela, jeune américain membre des Chevaliers de Colomb, dit ressentir une émotion particulière à « marcher là où ont marché les saints ». Cette conscience du patrimoine de la foi, ce lien entre les générations, entre les saints d’hier et la mission d’aujourd’hui, anime toute cette jeunesse.
Lucia Martinez, elle, souligne que sa génération peut apporter un « regard joyeux et créatif sur la foi », en sortant de l’habituel “on a toujours fait comme ça”. Elle n’est pas seule à penser ainsi. Arely Reyes, également venue du Texas, voit dans l’abandon total au Christ non pas une privation, mais une libération. Et ce souffle nouveau, cette audace, ce goût de la vérité, le Jubilé le révèle à la face du monde.
La Génération Z est née dans le chaos : attentats, pandémie, effondrement économique, politisation extrême, isolement numérique… Elle a grandi dans un monde instable, saturé d’écrans, mais aussi assoiffée de sens. Barna le confirme : 1 jeune sur 3 se sent constamment seul, et 85 % reconnaissent passer trop de temps en ligne.
C’est dans cette réalité que l’Église intervient, non pas en fuyant le numérique, mais en y apportant de la lumière. Les figures comme Carlo Acutis ou Pier Giorgio Frassati — tous deux bientôt canonisés — montrent que la sainteté est possible dans un monde moderne. Carlo, geek et missionnaire eucharistique sur Internet, est un modèle puissant pour cette génération qui cherche à évangéliser depuis ses téléphones, ses comptes Instagram ou ses chaînes YouTube.
Katie Prejean McGrady, animatrice radio et conférencière catholique, le résume ainsi :
« Le désir de consommer, mais aussi de créer du contenu, est une chance incroyable pour l’Église. À nous d’y répondre. »
Mais elle rappelle aussi le danger de la radicalisation numérique, d’où l’urgence d’un vrai accompagnement, et pas seulement de formations en ligne.
Ce qui revient chez tous ces jeunes interrogés, c’est ce besoin criant d’authenticité. Marina Frattaroli, convertie venue du protestantisme, le dit sans détour :
« Gen Z veut découvrir par elle-même ce qui est vrai. Pas avaler une vérité prémâchée. »
Elle ajoute que c’est la singularité des saints, leur liberté intérieure, qui l’a attirée. En devenant catholique, elle dit être devenue “plus elle-même”. Dans les paroisses, 51 % des jeunes disent ne pas pouvoir être eux-mêmes. Cela montre à quel point il est urgent d’ouvrir des lieux où ils peuvent vivre leur foi avec sincérité, loin des masques sociaux.




