Clotilde Bersone son initiation aux loges, sa conversion et son martyre
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Clotilde Bersone son initiation aux loges, sa conversion et son martyre

Clotilde Bersone son initiation aux loges, sa conversion et son martyre

Clotilde Bersone est une jeune femme, fille d’un diplomate accrédité à Constantinople elle fût initié dans les plus hauts degrés de cette secte luciférienne pour en devenir « Prêtresse de Lucifer »

Les Lucifériens et les Kabbalistes juifs le reconnaissent en lui rendant un culte. Lucifer, le vieux serpent de la Genèse, l’avait dit à Eve pour la tenter et l’amener à manger du fruit défendu :

« Aussitôt que vous aurez mangé de ce fruit, vos yeux seront ouverts et vous serez comme des Dieux, connaissant le bien et le mal ». (Genèse III, 15)

Oswald Wirth, le fondateur du SYMBOLISME maçonnique dont le successeur est le Frère Marius Lepage — qui a reçu le Père Riquet à la loge Volney, écrit :

« Le serpent inspirateur de désobéissance, d’insubordination et de révolte, fut maudit par les anciens théocrates alors qu’il était en honneur parmi les initiés. Rendre semblable à la divinité, tel était l’objet des anciens mystères. De nos jours le programme n’a pas changé » (Le livre du compagnon, p. 27).

Kadmi-Cohen, le Kabbaliste, proclame nettement qu’il veut l’homme égal à Dieu :

« Quelle joie ineffable, surhumaine, divine, d’être soi qui s’égale à Dieu, qui lutte avec Lui, qui L’absorbe. C’est Israël, c’est Ismaël qui fournissent ces hommes au monde ».

Grand-Maître de la Franc-Maçonnerie internationale luciférienne, Albert Pike, déclare le 14 juillet
1889 aux chefs de la Franc-Maçonnerie universelle, à l’occasion du Centenaire de la Révolution :

« Ce que nous devons dire au vulgaire, c’est ceci : Nous adorons un dieu, mais c’est un dieu qu’on
adore sans superstition. A vous, Grands Inspecteurs Généraux, nous dirons ceci que vous pouvez répéter aux frères des 32° 31°et 30° degrés : La religion maçonnique devrait être maintenue, par nous tous initiés des hauts grades, dans la pureté de la doctrine luciférienne
» (Cité dans The Freemason du 19 janvier 1935).

Après avoir cité ce passage, très justement Monsieur Rémy de Laon, dans sa conférence, Significations et perspectives de l’aggiornamento, constate :

À la suite de quoi, A. Pike, exprimant ce qu’on peut appeler le summum de la subversion, résume en peu de mots la vieille doctrine luciférienne, celle même qui avait provoqué la condamnation de l’Ordre du Temple, la doctrine des gnostiques et des Manichéens, la doctrine dualiste suivant laquelle il y a en Dieu deux principes divins ; l’un le dieu bon est Lucifer, l’autre le dieu mauvais est celui des chrétiens. Et il reprend la citation d’Albert Pike :

« Si Lucifer n’était pas dieu, est-ce qu’Adonaï, le dieu des chrétiens ; dont les actes prouvent la perfidie, la haine des hommes, la barbarie et la répulsion pour la science, est-ce qu’Adonaï et ses prêtres le calomnieraient ? Oui, Lucifer est dieu et l’infortuné Adonaï est aussi dieu. Les intelligents disciples de Zoroastre, aussi bien qu’après eux les gnostiques, les manichéens, les Templiers, ont admis comme la seule logique conception métaphysique, le système des deux principes divins se combattant éternellement : l’on ne peut croire que l’un est inférieur à l’autre en puissance. Donc la véritable et pure religion philosophique est la foi en Lucifer l’égal d’Adonaï ».

Dans Morals and Dogma, Albert Pike avait écrit :

« La divinité de l’Ancien Testament est partout représentée comme l’auteur direct du mal, dépêchant aux hommes des esprits mauvais et trompeurs… Le Dieu de l’Ancien Testament et de Moïse est ravalé au niveau des passions humaines… C’est une divinité violente, jalouse, vindicative, autant qu’ondoyante et irrésolue ; elle commande des actes odieux et révoltants de cruauté et de barbarie … »

Domenico Margiotta, ancien haut dignitaire de la Maçonnerie, converti depuis lors, reconnaît :

« Le secret des secrets de la haute maçonnerie est la déification de Satan dissimulé sous le titre de
Grand Architecte de l’Univers
» (Domenico Margiotta, Le Palladisme, p. 104 et suite.).

La haine du Christ est poussée si loin — il le reconnaît — que les hosties consacrées sont volées dans les tabernacles pour la célébration de messes noires où les Saintes Espèces sont sacrilègement offertes « en holocauste à Satan avec des cérémonies horribles » des femmes infâmes s’adonnent à ces sacrifices iniques et les profanations les plus ignobles sont perpétrées « sur le corps de femmes nues » car le paroxysme de leur haine exige des hosties consacrées, ce qui est la reconnaissance implicite de la Présence réelle de Notre Seigneur !

Diana Vaughan, la grande prêtresse de Lucifer dont l’ancêtre, Thomas Vaughan, dit Philalète, avait été l’un des grands organisateurs de la franc-maçonnerie moderne avait fondé la revue du Palladium régénéré et libre.

Dès le premier numéro de la revue, (21 mars 1895) elle y expose, à son tour, la doctrine luciférienne, dans l’article 5 :

« Les deux dieux se combattent depuis des temps antérieurs, très antérieurs à la création organisation des mondes matériels. Lucifer est le principe de l’intelligence et de la vie ; Adonaï (le dieu des chrétiens) le principe de la matière et de la mort. Il suffit de jeter un regard autour de soi, de contempler la nature et de scruter par la raison tout ce qui est visible ; alors on contemple l’action incessante des deux principes contraires.

D’où : esprits de deux ordres opposés. Nous appelons démons les esprits de Lucifer, Dieu-bon, esprit du feu ; maleakhs, les esprits d’Adonaï Dieu-Mauvais, esprit de l’eau.

Lucifer, intelligence suprême est le Très-Haut, le plus haut. La plus élémentaire logique indique qu’il est supérieur au Très-Haut Adonaï, matière suprême. Pour ce, nous nommons Lucifer : l’Excelsus-Excelsior, ou encore Deus Optimus Maximus.

De même : les esprits du feu, les démons, sont des esprits intelligents et bienfaisants, tandis que, par opposition facile à comprendre, les esprits de l’eau, les maleakhs, sont des esprits bruts et malfaisants. Au royaume divin de Lucifer sont les deux sexes, le Dieu-Bon étant le principe de la vie féconde ; au royaume divin d’Adonaï, les esprits sont exclusivement insexuels, le Dieu-Mauvais, destructeur mortifère, étant l’essence même de l’improduction et de la stérilité.


L’homme a pour auteur Adonaï et Lucifer : l’Adam-brute d’Adonaï a reçu de Lucifer l’intelligence et le droit de reproduction … »

Clotilde Bersone intègre les loges maçonniques

Clotilde Bersone, que nous avons citée. Son père était un diplomate accrédité à Constantinople. Elle connut ainsi Bou Ahmed Pacha, l’un des plus hauts dignitaires du Pouvoir occulte et aussi de la Cour du Sultan. Elle alla ainsi à la Grande Loge des Illuminés. Voici ce qu’elle écrit dans ses Mémoires :

« Au milieu de la Loge ; je tombai soudain en arrêt, malgré mon père qui s’efforçait de m’en détourner, devant un animal étrange, en marbre blanc, étendu sur un piédestal, dans une attitude menaçante. Un sceptre et une couronne brisés sous ses pattes de devant, une tiare sous ses pattes de derrière ; il a sept têtes à figure humaine, une vie étrange, indéfinissable, émanait de ce monstre dont le multiple regard semblait s’être attaché au mien et le fascinait. «

C’est le Dragon, dit mon père d’une voix sourde … l’hydre de la cabale et des Illuminés.

« Il m’arracha presque de force à l’inexplicable attrait qui me clouait devant cette bête, et je ne m’avouais pas à moi-même l’étrange et subit empire de cette effigie sur mon esprit et sur mes sens … Personne, en ce temps-là, n’était plus rebelle que moi au symbolisme compliqué de ces vieilles figures hermétiques où semblaient s’être amalgamées les superstitions et les chimères d’un chaos de civilisations aujourd’hui éteintes.

Je n’avais plus, hélas, l’ombre d’une disposition à croire au surnaturel divin ou diabolique, aux évocations à la magie, à une entité quelconque étrangère à l’esprit de l’homme et supérieurs, au ciel ou dans les enfers, aux prises de la science moderne. Et pourtant une sorte de coup de foudre s’était abattu sur mon cœur et l’étreignait comme une proie, à la manière de serres vivantes, contre lesquelles se révoltaient en vain mon orgueil et ma passion d’indépendance.

Par qui, par quoi avais-je été ainsi captée tout à coup, frappée d’un trouble, d’un émoi encore inconnu dans ma vie, comme si une puissance mystérieuse, se jetant sur moi au passage, m’avait faite prisonnière : l’espèce d’engourdissement de hantise ou de rêve qui avait fondu sur moi, la durée d’un éclair, me laissait comme anéantie et perdue dans un éclair obscur de fantasmagorie sans forme précise ni volonté. « J’essayais encore de toucher de la main ce marbre pourtant aussi froid, aussi immobile …

Mon père me saisit le bras comme si j’allais attenter sacrilègement à la majesté des dieux. »

« Non, viens, bégayait-il avec un visible tremblement nerveux… C’est déjà trop. »

Et d’un air égaré, où se mêlaient l’accent du triomphe et une sorte d’accablement d’épouvante :

« Je m’en doutais… On me l’avait dit … Tu seras Souveraine Elue, Clotilde Bersone, et la Reine des Illuminés, au-dessus de ton père et de nous tous. »

Derrière le monstre, se trouvait un immense portrait de Mazzini, Chef suprême de l’ancienne Charbonnerie, l’un des plus hauts chefs de la Maçonnerie Internationale.

Mazzini, debout s’appuyait à un Dragon pareil à celui de la salle ; il tenait à la main une couronne royale dont il semblait arracher un à un les fleurons, avec un sourire ironique et cruel. À ses pieds, le sol était jonché de crânes encore coiffés de la mitre ou du diadème. Mais surtout — ce qui acheva de pénétrer mon imagination comme un trait de feu — derrière le tribun, une femme se dressait, fluide et blanche.

Elle tendait à Mazzini une coupe remplie de sang jusqu’au bord et tenait de l’autre main un globe terrestre dont le pied était entouré d’un serpent.

« Je fus prise d’un frisson. Dans cette femme, dans cette nymphe, il me semblait que je reconnaissais mon image, comme dans un miroir, et les yeux du dragon lançaient des flammes qui m’entouraient d’un tourbillon de clartés fumeuses. »

Clotilde regarda son père aussi livide qu’elle.

« Oui, balbutia-t-il, nous avons eu déjà deux nymphes … elles sont mortes … les Grands Orients attendent la troisième, celle qui ne mourra pas et parlera au nom du Dragon » (L’Élue du Dragon, pp. 32 à 35.).

En janvier 1875, son père l’emmena à la Loge et malgré lui, elle le suivit dans un espèce de caveau bas … Je cite encore ses Mémoires.

« Il ouvrit, sans prévoir lui-même toute l’horreur du spectacle qui nous attendait, et nous nous trouvâmes dans une sorte de crypte pleine d’instruments de torture … A terre gisaient encore des débris sanglants ou décharnés, des mains, des pieds, des bras, des têtes. Et sur cette boucherie une abominable odeur de charnier. Face à face, deux mannequins … se dressaient, la tunique maculée de sang. L’un portait la couronne, et l’autre la Tiare. A côté, un stylet, des poignards encore gluants attestaient que ces armes homicides des parades initiatiques n’avaient pas frappé seulement une cage d’osier ou une vessie pleine de carmin, mais une chair vivante, une chair humaine et que la coupe que tendaient les Nymphes, en ces lieux maudits aux grands rédempteurs des peuples, n’étaient pas seulement par métaphore, mais en réalité une coupe de sang encore tout chaud du meurtre des victimes. »

En juin 1875, un jeune gentilhomme italien, membre également de la Secte, abusa d’elle dans des conditions ignobles et c’est à ce moment que Bou Ahmed proposa à Clotilde une importante situation à Paris ; elle résolut alors de se venger et elle écrit dans ses Mémoires :

« Oui, je serai maçonne puisque la fatalité m’y poussait avec cette implacabilité féroce ; mais maçonne pour m’emparer de la puissance et des secrets, afin de les tourner contre tous les instruments de mon malheur … Comme un serment et comme un vœu à l’Etre innomé auquel je ne croyais pas … Dorénavant sans Dieu, sans parents, sans amour, avais-je levé la main et crié :

Haine et vengeance, c’est vous qui êtes A JAMAIS mon Dieu !

Une sorte de ricanement monstrueux me répondit comme un écho du fond de l’espace et me glaça jusqu’aux os ».

Le soir même de son arrivée à Paris, vraisemblablement le 29 juin, elle entra en contact avec les chefs occultes et notamment avec le futur président des Etats-Unis, Garfield, dont elle devint la Dalila. Elle ne tarda pas à subir les épreuves de l’initiation. On lui fit endosser une chemise maculée de larges taches de sang frais et passer une corde au cou, elle dut prêter le serment suivant :

« Je jure d’obéir aveuglément à tous les ordres de la Loge sans en rechercher ni les motifs, ni les conséquences. Je jure de ne suivre aucune religion, de ne subir aucune influence et de briser tout ce qui s’opposerait aux volontés de la Loge. Et si jamais je manque à ce serment, que tous les glaives qui visent mon cœur le percent de part en part »

Garfield saisit le bras de Clotilde et lui prit un tiers de verre de sang après quoi on lui mit un glaive à la main et il lui dit en montrant le fantôme royal : « frappe ! ». Elle comprit alors qu’elle devait assassiner et, comme tremblante, hagarde, elle hésitait « tous les affiliés, écrit-elle, en demi-cercle autour de moi, avaient tiré leur poignard et semblaient vouloir m’en percer pour me réduire au moins, sur cette scène d’horreur à un silence éternel. Alors, avec un rire strident … de toutes mes forces, ivre, titubante, frénétique, je lançai mon coup. Un jet de sang fumant inonda mes épaules, et je tombai moi- même à terre plus morte que vive. J’avais tué !

À jamais criminelle, j’aurai ce sang sur mon âme, comme un autre baptême de l’enfer, pour l’éternité. Ah ! maudite ! vraiment maudite ! »

On lui mit un drap des morts sur la tête et Garfield lui ordonna :

« Prosternez-vous maintenant. Soumettez-vous, pauvre incrédule, à la Puissance supérieure de l’Être suprême que nous adorons tous ici et qui nous gouverne ».

L’acte de foi après le baptême.

« D’âme, il me semblait que je n’en avais plus ! écrit-elle. Inerte ou morte, insensible désormais à tout, excepté à mon idée fixe d’ambition et de vengeance, je la traînais comme un fardeau étranger à ma vie ».

L’exécuteur des hautes œuvres lui dit :

« Agenouillez-vous et recevez le suprême honneur d’être marquée du Sceau qui distingue du vil troupeau des hommes les Frères de la Liberté, les Amis du Peuple et les vrais Fils de l’Unité.

« Je m’agenouillai et, sortant du feu une sorte de poinçon minuscule, il me l’appliqua au côté gauche du front. Une seconde la chair grésilla et une souffrance aiguë me mordit la tempe ; je ne sourcillai pas : tous en étaient stupéfaits … A jamais j’étais marquée du Sceau de la Bête, mais je ne compris pas sur le coup, l’horreur de cette consécration infamante. Tout m’était devenu indifférent, sauf l’espoir de tout faire payer un jour à mes bourreaux.

Restait à me présenter au Dragon, et, je dois le dire, si, jusqu’ici j’avais à peu près méprisé, grâce à un dédain supérieur, tant de simagrées ridicules ou criminelles, il n’en était pas de même pour moi au sujet de ce vis à vis final avec l’Hydre aux sept têtes, souveraine de ces lieux… Je posai la main sur son dos dans l’attitude même que Mazzini avait prise pour son portrait de Constantinople … Je prononçai froidement un dernier serment de fidélité à l’adresse de cette idole inanimée ».

A plusieurs reprises dans ses Mémoires, Clotilde Bersone affirme qu’au cours de ces cérémonies initiatiques les rites étaient souvent en hébreu. Consacrée ainsi à Lucifer, on lui confia des missions dans toute l’Europe. Elle ajoute :

« Ces voyages, à mon insu, me formaient. De plus en plus clairement et sur place, j’entendais débattre par nos Adeptes et Affiliés, à travers l’Europe, toutes les grandes questions de politique internationale, où il m’était facile de surprendre à chaque instant la main, voire les rivalités des diverses Grandes Loges d’Illuminés d’Europe et d’Asie … ».

Ayant reçu l’ordre de partir en Italie avec Garfield, celui-ci lui brossa un tableau de la situation internationale qu’elle relate :

« À l’entendre tout l’ordre maçonnique du monde était en jeu. Le vieux roi d’Italie penchait pour une alliance avec la France … La république anti-cléricale et maçonnique était son fait, et Garfield partageait ces sentiments. Mais une autre constellation d’influences… s’était formée dans le monde des chancelleries et jusqu’au sein des Hautes Loges, sous la pression du prince de Bismarck, affilié supérieur. Il s’agissait pour Bismarck d’attirer au contraire l’Italie dans un système de triple Alliance germanique avec Vienne et Berlin. Politique dont les répercussions devaient être considérables, d’une part sur la diplomatie anglaise et américaine, d’autre part jusque sur le Saint-Siège. Car l’alliance franco-italienne contraignait le Vatican pour garder un appui en Europe, à un chanceux, mais nécessaire accord avec Bismarck en s’aidant du Centre allemand comme instrument … »

La conclusion d’une Triplice austro-italo-germanique rejetait au contraire le Pape du côté d’un arrangement avec les partis modérés de la République Française au prix d’un ralliement paradoxal au régime contre toute la droite catholique. L’une ou l’autre solution ouvrait d’ailleurs à la Secte des perspectives d’intrigues et de profits : aussi l’une et l’autre avaient-elles ses partisans, et Garfield se voyait déjà dépouillé de son rôle d’arbitre et réduit à prendre seulement la tête de l’un des deux systèmes, tandis que Bismarck par position dirigeait l’autre.

Or, d’une part, en Italie, la vieillesse du roi Victor-Emmanuel II et les sentiments connus de l’héritier présomptif favorisaient de plus en plus les espérances du parti pro-allemand ; il ne manquait pas d’autre part, au sein des Loges, d’Initiés encore indécis, mais qui commençaient de se lasser de ce que Garfield, dans les conseils, sacrifiait presque toujours le point de vue purement maçonnique à des préjugés nationaux, à sa candidature comme sénateur fédéral aux Etats-Unis, voire à l’ambition de la Présidence à Washington.

Alors les grandes décisions ne devaient plus tarder, mais l’exécutrice, avant d’agir dut signer de son sang le dernier serment :

« Ecrivez avec votre sang ce que je vais vous dicter ».

— J’écrivis. —

« Je jure de m’ouvrir moi-même les veines si je suis assez lâche pour abuser du secret du Grand-Orient. Signez, m’ordonna-t-il encore… J’obéis sans plus ».

Alors Garfield lui remit un pli avec mission d’aller le porter à Rome et lui dit :

« Ce pli contient un ordre exprès, adressé au Prince Humbert, héritier présomptif de la couronne d’Italie, d’avoir à nous débarrasser de son Père Victor-Emmanuel, qui, malgré de longs services rendus à la Cause contre la tyrannie pontificale, gêne ou contrecarre aujourd’hui des plans supérieurs … »

Clotilde porta le message qui contenait également le poison destiné au crime. Il lui avait été précisé que, pour parvenir jusqu’au Prince Humberto, elle devrait s’adresser au nouveau Cardinal Secrétaire d’État du Saint-Siège, Rampolla, qui était haut dignitaire de la Secte … Et Victor-Emmanuel II, peu après le voyage de l’Elue du Dragon à Rome, mourut selon les ordres du Pouvoir occulte … Ayant pleinement réussi dans sa mission, Clotilde devait monter plus haut encore :

« C’était le moment qu’avait fixé l’Esprit pour ma consécration suprême, non plus d’Initiée, mais d’Inspirée ».

Les sept Grandes Loges des Illuminés étaient représentées. Assistaient à la cérémonie outre Garfield : le président de la République française, Grévy, qui était le second du Grand-Orient, Jules Ferry le ministre de l’Instruction Publique, Tirard le Ministre de l’Agriculture, etc. …

Ce jour-là, en fin de séance, elle reçut les félicitations de Bismarck qui annonçaient l’exécution future de Garfield. Elle dut briser un Crucifix et en jeter les morceaux à terre, découronner un mannequin portant la tiare, enlever la couronne du mannequin royal et en briser les fleurons.

Enfin, comme elle avait été baptisée dans la religion catholique, elle dût recevoir le baptême luciférien : le Dragon qui s’était animé, lui souffla dans la bouche. Alors dit-elle :

« Je me sentis comme animée d’un feu vivant qui dévora tout mon être, infusant à mon corps une force qui me renouvelait tout entière … Cette fois, j’étais bien littéralement et entièrement possédée par le Maudit …

On me fournit en même temps un petit sac de cuir, où plier cette donation (son serment à Lucifer signé de son sang) et enfermer une Hostie consacrée, désormais sacrilègement mêlée à mes pires impiétés.

Cette Hostie, à renouveler chaque mois si possible, est préalablement profanée par les initiés et l’objet d’indescriptibles outrages. »

C’est ce qu’en termes de Loges on appelle le Dépôt sacré et la Secte se vante, en réduisant l’Eucharistie à cet abaissement, de prouver l’impuissance du Christ face au pouvoir de l’Autre.

En réalité, c’est un hommage au rebours au dogme de la Présence Réelle.

La délivrance par Dieu

Je vous en ai assez dit sur l’action luciférienne de Clotilde Bersone. J’ajouterai simplement que, dans Sa Miséricorde infinie, Dieu manifesta qu’à tout péché — même le plus monstrueux — Il savait pardonner :

« Mes amères réflexions, écrit-elle, dataient du jour où le démon dût s’avouer impuissant devant l’évocation de la Trinité Sainte. Longtemps fermée à toute foi au surnaturel, j’en avais découvert un d’abord, et il me fallait maintenant en admettre deux : celui du catholicisme et celui de la Bête, et celle-ci avouait que le Dieu de mon baptême lui était supérieur. Il aurait fallu peut-être être aveugle pour ne pas conclure que ce n’était pas seulement en puissance mais en bonté, en lumières, en divine perfection … Je découvrais ainsi peu à peu que ce faux Esprit Suprême n’avait jamais été que le dieu de mes passions, et surtout de mon appétit d’aveugles vengeances. Dieu ne saurait être la Haine ni le Mensonge et je commençais d’aspirer tout bas — oh ! de si loin ! à la Vérité et à l’Amour. »

Bref Clotilde Bersone finit par se cacher dans un couvent où elle se convertit et où elle écrivit ses
Mémoires. Cette conversion constitue très véritablement une victoire de la bonté infinie et de la Toute Puissance de Dieu contre la haine et la révolte de Lucifer. Clotilde, découverte, mourut assassinée, crucifiée par les Loges.

Conlusion

Ce retour à Dieu, cette conversion de Clotilde Bersone, prêtresses de Lucifer constitue une belle victoire de Dieu à l’encontre du Luciférisme et prouvent la transcendance la plus évidente du surnaturel divin en opposition avec le préternaturel luciférien. L’esprit de haine, d’ambition et de vengeance animait Clotilde Bersone.

Oui, Dieu est le plus fort. Il est le Créateur, alors que Lucifer n’a jamais été, ne demeure et ne sera jamais que la créature toujours impuissante en face de Dieu.

Au moment où Lucifer se croira définitivement vainqueur et où l’Église et la France paraîtront à jamais perdues — Dieu, dans Sa Toute Puissance Infinie — détruira la démocratie parce qu’elle est luciférienne dans son principe, et Il fera remonter sur le Trône de France la Race de David — donc Celle même de Notre-Seigneur. Alors, uni au Saint Pape, le Grand Monarque assurera le Triomphe sans précédent de l’Église et de la France : L’Ordre voulu par Dieu sera rétabli et le Règne du Sacré-Cœur et du Cœur Immaculé de Marie assuré.

Source : Le Marquis de la Franquerie – Lucifer et le pouvoir occulte

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