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Mexique : un prêtre jeté à terre et roué de coups par des policiers dans le diocèse de Matehuala

Mexique : un prêtre jeté à terre et roué de coups par des policiers dans le diocèse de Matehuala

L’Église catholique mexicaine fait face à un nouvel épisode de violence, perpétré cette fois par des représentants des forces de l’ordre. Dans l’après-midi du dimanche 12 juillet 2026, quatre policiers municipaux ont violemment pris à partie un prêtre dans la commune de Villa de la Paz, située à quelque deux cents kilomètres de la capitale de l’État de San Luis Potosí. Cet incident, qui a suscité une vive indignation locale, met une nouvelle fois en lumière les graves dysfonctionnements sécuritaires qui minent certaines régions du pays.

L’échauffourée a débuté lors d’un simple contrôle routier. Selon les informations communiquées le soir même par le diocèse de Matehuala, les pères Carlos Eduardo Rodríguez et Ciro De La Rosa Ruiz circulaient à bord d’une camionnette lorsque des agents de police ont exigé que le père Ciro descende du véhicule pour subir une fouille. Alerté de la situation, le curé de la paroisse de Villa de la Paz, le père Israel Salinas Torres, s’est rapidement rendu sur les lieux. Souhaitant protéger son confrère, il s’est interposé devant la portière du véhicule pour empêcher les fonctionnaires de le faire sortir. En réponse à cette obstruction pacifique, les policiers ont brutalement jeté le curé au sol avant de le rouer de coups de pied et de faire usage de gaz lacrymogène à son encontre. Le communiqué diocésain précise formellement que les ministres du culte n’ont exercé aucune violence envers les agents.

L’agression a pris fin soudainement lorsque des riverains ont commencé à s’attrouper autour de la scène, provoquant la fuite précipitée des forces de l’ordre. Immédiatement pris en charge par les secouristes de la Croix-Rouge puis examiné par un médecin privé, le père Salinas Torres a confirmé quelques jours plus tard ne souffrir que de contusions mineures ne nécessitant pas de suivi médical approfondi.

Dès le lendemain matin, les ecclésiastiques se sont rendus auprès du parquet général de l’État de San Luis Potosí pour y déposer une plainte officielle. La réaction politique ne s’est pas fait attendre. Quelques heures plus tard, le maire de Villa de la Paz, Juan Francisco Gómez Escamilla, a convoqué une conférence de presse pour présenter des excuses publiques et sincères aux prêtres. Qualifiant les faits d’inconcevables, l’édile, qui entretient d’excellentes relations avec le curé de sa commune, a assuré ce dernier de son soutien absolu dans la procédure judiciaire engagée. Dans l’attente des conclusions de l’enquête menée par le parquet, les quatre policiers mis en cause ont été immédiatement suspendus et destitués de leurs fonctions.

Cet incident soulève de profondes interrogations sur le recrutement et la formation des forces de sécurité au Mexique. Interrogé sur cette affaire, le père Omar Sotelo, directeur du Centre catholique multimédia (CCM), y voit le reflet d’institutions policières souvent mal préparées, mal équipées et mal formées. Sans vouloir faire de généralités, le prêtre souligne que la vocation de service public fait cruellement défaut chez de nombreuses recrues, qui n’intègrent ces corps de métier que par nécessité économique, faute de trouver un autre emploi. Si les critères officiels exigent généralement un diplôme de fin d’études secondaires, une bonne santé physique et mentale ainsi qu’une enquête de moralité, la réalité du terrain s’avère souvent plus complexe. Afin de mettre un terme aux extorsions qui frappent la population, le directeur du CCM exhorte les gouvernements à redonner sa dignité à la profession policière en garantissant des salaires décents, un équipement adéquat et une formation orientée vers la recherche du bien commun.

Face à l’émoi légitime suscité par cette agression au sein de la communauté chrétienne, le diocèse de Matehuala a tenu à clore toute polémique par un appel solennel à la retenue. Refusant toute logique de vengeance, l’autorité ecclésiastique a prié l’ensemble des fidèles de ne pas se faire justice eux-mêmes et de s’en remettre sereinement à la voie légale, rappelant avec force que la paix véritable ne peut s’édifier que sur les fondements de la vérité et de la justice.

Conversation des fidèles

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