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Avocat canonique sur le renvoi du Père Pavone de la prêtrise

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Pour mieux comprendre les lois de l’Église et les processus judiciaires impliqués dans des cas comme celui du Père Pavone, CNA a demandé l’expertise du Père Gerald E. Murray, un avocat canonique et le pasteur de l’Église de la Sainte Famille à New York, qui contribue régulièrement à l’émission The World Over sur EWTN avec Raymond Arroyo.

Quelle est la procédure habituelle pour ce type d’accusations ?

Normalement, il incombe à l’Évêque du diocèse dans lequel le Prêtre accusé est incardiné d’enquêter sur les accusations de « communications blasphématoires sur les médias sociaux » et de « désobéissance persistante aux instructions légitimes de son Évêque diocésain« , qui sont les deux raisons invoquées pour le renvoi du Père Pavone de l’état clérical dans une communication envoyée aux Évêques des États-Unis par Mgr Pierre.

L’Évêque diocésain, s’il constate qu’un prêtre s’est rendu coupable de tels délits, en réfère alors au Saint-Siège s’il juge que la sanction de la destitution de l’état clérical est appropriée. L’Évêque diocésain ne peut pas, de sa propre autorité, révoquer un Prêtre de son diocèse de l’état clérical.

En outre, le Code de droit canonique n’indique pas que les sanctions possibles pour ces deux délits incluent la révocation de l’état clérical. Le canon 1368 stipule qu’une personne qui profère un blasphème doit être « punie d’une juste peine« . Le canon 1371 stipule que « celui qui n’obéit pas au commandement légitime » de son Ordinaire « et qui, après avoir été averti, persiste dans sa désobéissance, doit être puni, selon la gravité du cas, d’une censure ou d’une privation de fonction ou d’autres peines mentionnées au canon 1336, 2-4« . Le canon 1336, 5, qui n’est pas inclus dans le champ des punitions pour une violation du canon 1371, mentionne la destitution de l’état clérical.

Ainsi, imposer la révocation de l’état clérical pour ces infractions nécessiterait ce qui s’est produit dans ce cas, c’est-à-dire l’émission de ce que l’Archevêque Christophe Pierre [le nonce apostolique aux États-Unis] a identifié comme une « décision suprême n’admettant aucune possibilité d’appel« . Seul le Pape, qui jouit du « pouvoir plein et suprême dans l’Église » (canon 332, 1), peut rendre une telle décision sans appel possible.

Quand le défendeur est-il normalement informé ?

Normalement, le Prêtre qui a reçu une telle sanction est informé en temps utile. Il serait intéressant de savoir si et quand le Père Pavone a reçu une copie du décret dans lequel la Décision Suprême a été rendue et de voir si le décret spécifiait davantage les motifs sur lesquels il a été décidé qu’il était coupable de blasphème et de désobéissance. L’abbé Pavone aurait déclaré qu’il n’a appris cette décision, datée du 9 novembre 2022 selon l’Archevêque Pierre, que lorsque CNA l’a contacté le 17 décembre 2022.

Que se passe-t-il si le prêtre laïcisé persiste à célébrer les sacrements, en particulier la messe ?

Il est interdit à un Prêtre laïcisé de célébrer les sacrements, à l’exception d’entendre les confessions et d’absoudre un pécheur en danger de mort (canon 976). Toute autre célébration sacramentelle est illégale et constitue donc un acte de désobéissance.

Le cas de Pavone est-il inhabituel ?

Je connais le cas d’un Prêtre en France qui a été renvoyé de l’état clérical dans un passé récent, en partie à cause de sa désobéissance à son Évêque.

Qu’est-ce qui pourrait constituer un « blasphème sur les médias sociaux » ? Ce type d’accusation a-t-il déjà été relevé auparavant ?

Le Modern Catholic Dictionary du Père jésuite John Hardon définit le blasphème comme suit :

« Parler contre Dieu d’une manière méprisante, dédaigneuse ou abusive. Le fait de ridiculiser gravement et avec mépris les saints, les objets sacrés ou les personnes consacrées à Dieu est également blasphématoire, car Dieu est indirectement attaqué. »

Il aurait été utile d’identifier les incidents au cours desquels un tel blasphème a été commis, ainsi que la preuve que le Père Pavone a refusé de rétracter ces blasphèmes lorsqu’il a été informé qu’il était poursuivi pour ce crime canonique. Je n’ai pas entendu parler d’un autre cas récent de renvoi de l’état clérical pour cause de blasphème.

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Comme indiqué plus haut, le Code de droit canonique ne punit pas le blasphème et la désobéissance par la révocation de l’état clérical. Ainsi, les Prêtres qui sont reconnus coupables de tels actes ne s’attendent vraisemblablement pas à recevoir une telle punition. Lorsqu’ils sont accusés pour la première fois de telles infractions canoniques, il y aura probablement un différend quant à savoir si leurs actes constituent effectivement un blasphème ou une désobéissance.

Puisque le Saint-Siège a choisi d’imposer cette punition qui va au-delà de ce qui est prévu dans le Code de droit canonique, il aurait incombé à l’évêque diocésain et au Saint-Siège d’avertir le Père Pavone que, s’il était reconnu coupable, il risquait une telle punition qui allait au-delà des dispositions du Code.

Cet article a été publié originellement par le National Catholic Register (Lien de l’article). Il est republié et traduit avec la permission de l’auteur.

Publié par Napo

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