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Écosse : une motion du SNP veut dépénaliser l’avortement auto-administré

Écosse : une motion du SNP veut dépénaliser l’avortement auto-administré

En Écosse, un projet d’ordre du jour de la prochaine conférence du Scottish National Party (SNP), divulgué dans la presse britannique, comprend une motion demandant de retirer les sanctions pénales visant les femmes qui pratiquent elles-mêmes un avortement. Le document n’est pas encore l’ordre du jour définitif de la conférence prévue en octobre : il s’agit donc, à ce stade, d’une proposition interne au parti et non d’une réforme adoptée.

Selon le Catholic Herald, la motion affirme vouloir faire de la question de l’avortement auto-administré un sujet relevant des « droits humains » et de « l’égalité d’accès » plutôt que du droit pénal.

Une proposition qui n’est pas encore la politique officielle du SNP

Le point essentiel est la nature encore provisoire du texte. La motion figure dans un projet d’ordre du jour divulgué, mais la liste finale des motions qui seront débattues à la conférence du SNP n’est pas arrêtée. Même si les délégués adoptaient ensuite cette proposition, une nouvelle étape serait nécessaire avant toute modification de la loi écossaise.

Le Catholic Herald indique que, si la motion était approuvée par la conférence puis intégrée à la politique officielle du parti, elle pourrait être portée ensuite par le gouvernement écossais ou défendue au Parlement britannique.

Le gouvernement écossais dit ne pas prévoir de réforme en 2026-2027

Cette fuite intervient alors que la question de l’avortement est déjà inscrite dans le débat politique écossais. Le 1er septembre, au Parlement écossais, la ministre de la Santé publique Maree Todd a déclaré que le gouvernement restait attaché à l’idée que les services d’avortement relèvent avant tout de la santé.

Mais elle a également précisé que le gouvernement écossais n’avait « aucun projet » de réforme de la loi sur l’avortement pour l’exercice 2026-2027. Elle a toutefois confirmé que l’exécutif comptait consulter sur les recommandations du groupe d’experts chargé d’examiner le droit de l’avortement, conformément à un engagement du manifeste du SNP pour 2026.

Cette déclaration officielle montre donc que la proposition révélée dans le projet d’ordre du jour ne doit pas être présentée comme une réforme déjà décidée par le gouvernement écossais.

Un débat qui touche directement à la protection de la vie humaine

Pour les catholiques, l’enjeu dépasse la seule technique juridique. L’Église catholique enseigne que la vie humaine doit être respectée et protégée dès la conception et rejette l’avortement direct. Toute évolution du droit qui affaiblirait davantage la protection de l’enfant à naître constitue donc un sujet de préoccupation majeur.

Les défenseurs de la dépénalisation présentent au contraire ces réformes comme une manière de traiter l’avortement exclusivement comme une question de santé et de ne plus poursuivre pénalement les femmes. Le débat porte ainsi à la fois sur la responsabilité pénale, l’accès aux soins, la sécurité des femmes et le statut juridique de l’enfant à naître.

Des chiffres officiels en hausse en Écosse

Les dernières statistiques officielles de Public Health Scotland montrent que le recours à l’avortement a fortement augmenté au cours de la dernière décennie. En 2025, le taux d’interruptions de grossesse s’élevait à 17,6 pour 1 000 femmes âgées de 15 à 44 ans, contre 11,9 en 2016. L’organisme public indique une hausse de 55 % de la demande de services d’avortement depuis 2016.

Le sujet devrait donc rester très suivi à l’approche de la conférence du SNP d’octobre. La prochaine étape sera de savoir si la motion figure bien dans l’ordre du jour définitif, puis si les délégués choisissent de l’adopter. Tant que ces étapes n’ont pas eu lieu, il serait inexact de parler d’une nouvelle loi ou même d’une politique définitive du parti.

Sources principales :

Conversation des fidèles

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