Alors que les établissements scolaires présentent à nouveau aux familles les séances d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité, les Associations Familiales Catholiques mettent en avant leur formation « Grandir et Aimer ». L’objectif est concret : aider parents, enseignants, catéchistes et éducateurs à parler aux enfants de la vie, du corps, de l’affectivité, de la puberté et de la sexualité sans évincer la responsabilité première des parents. Les AFC maintiennent parallèlement leurs réserves sur plusieurs aspects du programme national et leur démarche juridique en faveur d’une plus grande association des familles.
Les parents ne sont pas des spectateurs de l’éducation affective
Dans une tribune diffusée le 16 septembre par RCF, Pascale Morinière, présidente des Associations Familiales Catholiques, revient sur l’EVARS et sur les inquiétudes exprimées par des familles. Son point central est traditionnel dans la doctrine catholique : les parents sont les premiers responsables de l’éducation de leurs enfants.
Cette priorité ne signifie pas que l’école n’aurait aucun rôle. Elle signifie que l’institution scolaire ne peut raisonnablement traiter des questions aussi intimes que le corps, l’affectivité et la sexualité comme si la famille était un obstacle à contourner. La confiance suppose information, transparence et coopération.
« Grandir et Aimer », une formation pour les adultes
Le site officiel des AFC présente « Grandir et Aimer » comme un programme destiné à former des adultes capables de répondre aux questions des enfants et d’intervenir auprès des 8-11 ans. Il s’adresse notamment aux pères et mères de famille, enseignants, catéchistes et éducateurs.
Les thèmes annoncés sont la vie, l’affectivité, la puberté, la sexualité et la transmission de la vie. Les AFC précisent que les interventions sont menées avec l’accord des parents, qui sont informés du contenu précis et invités à poursuivre eux-mêmes le dialogue avec leur enfant.
Selon l’association, plus de vingt sessions de formation ont déjà été organisées et plus de 4 626 enfants ont bénéficié du dispositif.
Former plutôt que laisser Internet former les enfants
Le réalisme impose de reconnaître que les enfants sont exposés de plus en plus tôt à des images, des discours et des contenus numériques sur la sexualité. Le silence des adultes ne protège donc pas nécessairement. Il peut laisser le terrain à la pornographie, aux réseaux sociaux et aux représentations les plus dégradées du corps.
Une éducation catholique doit au contraire parler avec vérité, pudeur et progressivité. Le corps humain n’est ni un objet de consommation ni un matériau indéfiniment disponible : il fait partie de la personne. La différence sexuelle, l’amour, le don de soi, la chasteté et la responsabilité doivent pouvoir être présentés positivement, avec des mots adaptés à l’âge de l’enfant.
Les réserves des AFC sur le programme national
Dans sa chronique, Pascale Morinière rappelle que les AFC reconnaissent certains objectifs légitimes du programme, notamment la prévention des violences, des abus et de l’inceste. Elles critiquent cependant ce qu’elles considèrent comme un poids excessif donné aux ressentis, une conception insuffisamment incarnée de la différence entre les sexes et une place trop faible laissée aux parents dans certains dispositifs.
Les AFC ont engagé un recours devant le Conseil d’État, avec l’objectif annoncé d’obtenir davantage de participation des associations de parents au choix des sujets et des intervenants ainsi qu’une meilleure transparence. À ce stade, l’issue de ce recours ne doit pas être anticipée.
Une responsabilité qui ne peut être abandonnée
La réponse catholique ne peut se limiter à protester contre ce qui paraît mauvais. Elle doit aussi construire, transmettre et former. C’est précisément l’intérêt d’un outil comme « Grandir et Aimer » : remettre les adultes en capacité de parler à leurs enfants au lieu de déléguer entièrement ces questions à l’école, aux influenceurs ou aux plateformes numériques.
La famille n’est pas une survivance à tenir à distance de l’éducation. Elle est le premier lieu où l’enfant apprend la confiance, la différence, le respect, le don et la fidélité. Une politique éducative qui veut réellement protéger les mineurs a donc intérêt à fortifier les parents plutôt qu’à les marginaliser.
Sources principales
Associations Familiales Catholiques – EARS : Grandir & Aimer et nos outils
Associations Familiales Catholiques – outils pour se former
Associations Familiales Catholiques – l’éducation et le rôle des parents





Conversation des fidèles
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