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À Saint-Gall, une pastorale catholique s’associe à une soirée « Deep Drag » : un grave brouillage pastoral

À Saint-Gall, la pastorale catholique de la ville collabore ce 18 septembre à une soirée « Deep Drag » mêlant performances et discussions spirituelles. Une initiative qui pose de graves questions sur la cohérence entre dialogue pastoral et…

À Saint-Gall, une pastorale catholique s’associe à une soirée « Deep Drag » : un grave brouillage pastoral

Ce vendredi 18 septembre 2026, à Saint-Gall en Suisse, la soirée « Deep Drag – Erinnerung und Hoffnung » doit réunir à la Grabenhalle deux artistes drag, Lupa Nova et Amélie Putain. L’événement est organisé en collaboration avec Katholisch St.Gallen, la pastorale catholique de la ville. Un choix pastoral qui soulève une question sérieuse : jusqu’où peut aller la rencontre avec le monde sans brouiller ce que l’Église enseigne sur la personne humaine, le corps et la sexualité ?

Voir la vidéo de Napo :

Dans sa dernière vidéo, Napo revient longuement sur cette soirée annoncée par la pastorale catholique de Saint-Gall. Les éléments essentiels de l’événement sont vérifiables : la Grabenhalle annonce une ouverture des portes à 18 h 30, un début à 19 h et une fin à 22 h 30, avec entrée gratuite. Le programme mêle prestations artistiques, conversations modérées et échange final autour d’un apéritif.

Une soirée portée avec Katholisch St.Gallen

Le média local StGallen24 indique que Lupa Nova et Amélie Putain ont préparé ce programme avec Ann-Katrin Gässlein, théologienne chargée de la formation et de la culture auprès de Katholisch St.Gallen. Celle-ci doit intervenir entre les prestations pour conduire des échanges autour de la mémoire, de l’espérance et de l’identité.

Les organisateurs présentent « Deep Drag » comme une rencontre entre l’art drag et des questions « sociales, spirituelles et culturelles ». L’intention affichée est de faire dialoguer des personnes aux parcours et visions du monde différents.

C’est précisément ici que se situe le problème pastoral. Dialoguer avec toute personne est une exigence chrétienne ; donner un cadre institutionnel catholique à une expression culturelle portant une anthropologie incompatible avec l’enseignement de l’Église est une autre question. L’accueil des personnes ne peut jamais signifier l’effacement de la vérité sur l’homme créé homme et femme, ni l’abandon de l’appel universel à la conversion et à la sainteté.

Charité envers les personnes, clarté sur la doctrine

La réponse catholique ne consiste ni à mépriser ni à humilier ceux qui vivent autrement que ne l’enseigne l’Église. Toute personne possède une dignité qui doit être respectée. Mais cette charité ne demande pas aux pasteurs de présenter comme neutres des conceptions de l’identité et de la sexualité qui contredisent l’anthropologie chrétienne.

Le Catéchisme demande simultanément le respect de toute personne et la fidélité à la chasteté. Cette distinction est capitale. L’Église n’a pas reçu mission d’épouser les catégories idéologiques de chaque époque, mais d’annoncer Jésus-Christ, d’appeler à la conversion et d’accompagner chacun vers la vérité dans la charité.

Napo insiste avec vigueur sur ce brouillage : selon lui, une pastorale catholique ne devrait pas mettre ses moyens et son nom au service d’un spectacle drag, surtout lorsque celui-ci entend aussi agir sur les représentations sociales de l’identité. Son propos est polémique ; le fait vérifiable demeure que Katholisch St.Gallen collabore bien à la soirée et que sa propre théologienne participe au programme.

Une collecte évoquée au profit d’un projet d’hébergement queer

InfoVaticana, reprenant les informations du Catholic Herald, affirme que des dons doivent également être recueillis au bénéfice d’un projet d’hébergement destiné à de jeunes personnes queer ou trans se trouvant en situation d’insécurité. Cette dimension est fortement critiquée dans la vidéo de Napo.

Il faut néanmoins distinguer deux questions. Secourir une personne vulnérable, quelle que soit sa situation, relève de la charité. En revanche, une institution catholique doit veiller à ce que son soutien concret ne devienne pas l’approbation d’une conception de l’identité humaine contraire à la foi. L’aide aux personnes et le jugement moral porté sur des idées ou des comportements ne sont pas la même chose.

Le vrai enjeu : quelle pastorale pour annoncer le Christ ?

Cette affaire dépasse finalement une soirée à Saint-Gall. Elle pose une question qui traverse une partie de l’Église en Europe : la pastorale doit-elle chercher à rendre l’Église acceptable aux catégories culturelles dominantes, ou doit-elle partir de l’Évangile pour rencontrer chaque personne telle qu’elle est et l’appeler à suivre le Christ ?

Le concile Vatican II n’a jamais demandé à l’Église de dissoudre son enseignement dans l’esprit du monde. Lu dans la continuité de la Tradition, il appelle au contraire les catholiques à discerner les signes des temps afin d’annoncer plus efficacement la vérité reçue du Christ. Le dialogue n’est donc pas une fin en soi. Il est ordonné à la vérité et au salut.

Une pastorale authentiquement catholique doit pouvoir accueillir sans flatter, écouter sans relativiser, aider sans cautionner et aimer sans mentir. C’est cette ligne de crête qui semble ici sérieusement brouillée.

Les fidèles ont le droit d’interroger respectueusement leurs pasteurs sur l’usage des moyens ecclésiaux et sur la cohérence doctrinale des initiatives soutenues. Ils peuvent également choisir de soutenir directement des œuvres, communautés et paroisses dont la mission catholique est clairement identifiable, tout en demeurant dans la communion de l’Église et sans transformer une contestation légitime en rupture ecclésiale.

La fermeté doctrinale n’exige ni injure ni mépris. Elle exige de nommer les contradictions, de défendre l’anthropologie chrétienne et de rappeler que la première mission de l’Église n’est pas d’accompagner toutes les évolutions culturelles, mais de conduire les âmes au Christ.

Sources principales

Conversation des fidèles

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