Dix ans jour pour jour après la mort de don Gabriele Amorth, survenue le 16 septembre 2016, Rome a accueilli une messe et une rencontre consacrées à l’héritage de celui qui fut l’un des exorcistes catholiques les plus connus de son époque et le fondateur de l’Association internationale des exorcistes. Un entretien publié par Famiglia Cristiana avec son neveu Giovanni Amorth rappelle un aspect parfois oublié derrière l’image médiatique de l’exorciste : sa vie spirituelle était centrée sur la messe, la confession, le Rosaire et une profonde dévotion mariale.
Un anniversaire commémoré à Rome
L’Association internationale des exorcistes a annoncé une rencontre le 16 septembre au sanctuaire-paroisse Maria Regina degli Apostoli, à Rome. Après la messe de 18 heures, plusieurs intervenants devaient revenir sur la formation des exorcistes, le discernement spirituel, la prévention de l’occultisme et l’héritage pastoral de don Amorth.
Parmi les participants annoncés figuraient le P. Francesco Bamonte, vice-président de l’Association internationale des exorcistes, don Marcello Lanza, don Aldo Buonaiuto et don Stefano Stimamiglio, directeur de Famiglia Cristiana.
L’exorcisme n’est ni folklore ni cinéma d’horreur
La notoriété de don Amorth a parfois contribué malgré lui à entourer l’exorcisme d’une imagerie spectaculaire. Pourtant, la discipline catholique est précise. Le canon 1172 du Code de droit canonique réserve l’exorcisme solennel à un prêtre ayant reçu une permission particulière et expresse de l’Ordinaire du lieu.
Le Catéchisme rappelle lui aussi que l’exorcisme vise à chasser les démons ou à libérer de l’emprise démoniaque par l’autorité spirituelle confiée par le Christ à son Église. Cela n’autorise ni crédulité sans discernement ni fascination morbide pour le mal.
Le témoignage du neveu : un homme joyeux et profondément marial
Dans l’entretien publié par Famiglia Cristiana, Giovanni Amorth décrit son oncle comme un homme solaire, optimiste et volontiers plaisant. Ce portrait tranche avec la représentation sombre de l’exorciste popularisée par la culture cinématographique.
Son neveu insiste surtout sur sa dévotion à la Vierge Marie. Don Amorth l’avait consacré au Cœur Immaculé de Marie lorsqu’il était enfant et recommandait le Rosaire. Giovanni raconte que son oncle priait quotidiennement les quatre séries de mystères.
La première défense contre le mal : vivre en état de grâce
L’enseignement spirituel rapporté par Giovanni Amorth est très simple : messe, confession, prière, charité et sacrements. C’est un point capital. Le catholicisme n’enseigne pas aux fidèles à chercher partout des phénomènes démoniaques, encore moins à recourir à des pratiques occultes concurrentes.
La lutte spirituelle ordinaire commence par la conversion personnelle. Le chrétien résiste au mal en demeurant uni au Christ, en renonçant au péché, en recevant les sacrements et en priant. L’exorcisme solennel est un ministère spécifique de l’Église ; il ne remplace pas la vie chrétienne ordinaire.
Une mise en garde nécessaire contre l’occultisme
L’un des héritages associés à don Amorth reste son avertissement contre l’occultisme, le spiritisme et les pratiques magiques. Sur ce point, le Catéchisme est sans ambiguïté : divination, recours aux médiums, magie et pratiques occultes sont incompatibles avec la foi catholique.
Dans une époque fascinée par l’ésotérisme, les « énergies », la médiumnité et les spiritualités composites, cette fermeté demeure actuelle. On ne combat pas le mal en entrant en contact avec lui par curiosité. Le chrétien se tourne vers Dieu, non vers les puissances occultes.
Ne pas transformer don Amorth en personnage de légende
Il faut également résister à une autre tentation : faire de chaque parole rapportée de don Amorth un enseignement magistériel. Un prêtre, même expérimenté et célèbre, ne remplace ni le Catéchisme, ni le droit de l’Église, ni le discernement de l’évêque.
La meilleure manière d’honorer sa mémoire est donc de retenir ce qui fut au cœur de son ministère : la réalité du combat spirituel, l’autorité du Christ sur le mal, la nécessité du discernement et la puissance ordinaire de la grâce reçue dans les sacrements.
Dix ans après sa mort, l’image qui ressort du témoignage familial est finalement moins celle d’un « chasseur de démons » que celle d’un prêtre convaincu que le chrétien doit rester uni à Jésus-Christ et à la Sainte Vierge. C’est une perspective plus sobre, plus sûre et profondément catholique.
Sources principales
Association internationale des exorcistes – commémoration de don Gabriele Amorth
Famiglia Cristiana – entretien avec Giovanni Amorth, 15-16 septembre 2026
AgenSIR – le colloque romain pour les dix ans de sa mort





Conversation des fidèles
0 commentaire(s)Aucun commentaire pour le moment.
Connecte-toi pour participer à la discussion.