Ce samedi 31 octobre 2026, cinq missionnaires franciscains espagnols, assassinés en septembre 1597 sur le territoire de l'actuel État de Géorgie, seront officiellement proclamés bienheureux par l'Église catholique. Les pères Pedro de Corpa, Blas Rodriguez de Cuacos, Miguel de Anon, Francisco de Verascola et le frère Antonio de Badajoz avaient été tués alors qu'ils exerçaient leur ministère auprès du peuple amérindien guale. Leur martyre est particulièrement lié à leur refus de renoncer à l'enseignement chrétien sur le mariage. La cérémonie sera présidée à Savannah par le cardinal Frank Leo, archevêque de Toronto, envoyé du pape Léon XIV.
Mais revenons sur cette histoire qui remonte à plus de quatre siècles ! En 1595, six franciscains espagnols s'étaient installés dans plusieurs missions de la côte de l'actuelle Géorgie afin d'annoncer l'Évangile aux populations guale. Ils enseignaient le catéchisme, administraient les sacrements et partageaient la vie quotidienne des habitants. Selon les témoignages historiques conservés dans leur cause de béatification, les religieux avaient été accueillis par plusieurs communautés et avaient établi des relations étroites avec les habitants. Ces missions ne disposaient alors d'aucune présence militaire espagnole pour assurer leur protection.
Le drame survient en septembre 1597 ! Juanillo, un membre baptisé de la communauté guale destiné à exercer des responsabilités de chef, souhaite prendre une seconde épouse. Le père Pedro de Corpa lui rappelle que le mariage chrétien est l'union exclusive d'un homme et d'une femme et qu'il ne peut donc approuver cette décision. Le conflit dégénère et Juanillo fait tuer le missionnaire. D'autres hommes armés attaquent ensuite les missions voisines, où quatre autres franciscains sont assassinés. Selon les récits de leur martyre, les religieux sont morts en restant fidèles à leur foi et à leur mission, plutôt que de renoncer à l'enseignement qu'ils avaient transmis.
L'évêque de Savannah, Mgr Stephen Parkes, a récemment raconté à OSV News combien ces cinq martyrs marquent encore aujourd'hui la vie de son diocèse. Il souligne que chacun possédait une personnalité bien particulière : le père Blas était réputé pour son caractère paisible et sa piété, le père Miguel pour ses talents de musicien et le frère Antonio pour sa facilité à communiquer avec les habitants. Le père Francisco, quant à lui, était surnommé le « géant cantabrique » en raison de sa grande stature et de ses qualités physiques. Il était notamment connu pour ses activités sportives avec les jeunes de la région. Des hommes très différents, mais unis dans leur vocation missionnaire.
La reconnaissance officielle de leur martyre a nécessité plusieurs décennies ! Les franciscains avaient commencé à promouvoir leur cause dans les années 1950, avant son ouverture officielle au niveau diocésain en 1984. Le 27 janvier 2025, le pape François a finalement autorisé la promulgation du décret reconnaissant leur mort en haine de la foi. La cérémonie du 31 octobre constituera ainsi la première béatification jamais célébrée dans l'État de Géorgie et dans tout le sud-est des États-Unis. Plus de 8 000 personnes sont attendues au Savannah Convention Center, et la célébration sera également diffusée en direct par EWTN et les médias diocésains.
Un détail concernant la date mérite également d'être souligné ! Mgr Parkes explique avoir volontairement demandé que cette béatification se déroule le 31 octobre, veille de la Toussaint, traditionnellement appelée « All Hallows' Eve » dans les pays anglophones. L'évêque souhaite rappeler la signification chrétienne de cette journée, souvent associée aujourd'hui aux célébrations d'Halloween. Une messe d'action de grâce sera également célébrée le dimanche 1er novembre à la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Savannah. L'évêque espère que ces cinq nouveaux bienheureux deviendront notamment des intercesseurs particulièrement invoqués par les couples mariés ou préparant leur mariage.
Cette béatification intervient également pendant l'année du huitième centenaire de la mort de saint François d'Assise, fondateur de leur ordre religieux. Pour les catholiques américains, elle permettra de redécouvrir une partie de l'histoire missionnaire de leur territoire, bien antérieure à la naissance des États-Unis en 1776. Et surtout, elle remet en lumière cinq hommes dont le témoignage de foi fut reconnu par l'Église plus de quatre siècles après leur mort.
Source : OSV News





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