Le Vatican, en collaboration avec la Fondation Caritas in Veritate et le soutien de la Représentation permanente de l’Italie ainsi que de l’Ordre souverain de Malte, a organisé une conférence aux Nations Unies à Genève sur le thème : « À quel prix ? Vers l’abolition de la gestation pour autrui ». L’archevêque Ettore Balestrero, représentant permanent du Saint-Siège auprès des Nations Unies, a pris la parole lors de cet événement crucial, appelant la communauté internationale à agir pour mettre fin à cette pratique.
La différence fondamentale entre adoption et GPA
L’adoption et la gestation pour autrui sont souvent comparées à tort. Si l’adoption cherche à offrir un foyer à des enfants privés de leurs parents biologiques, la GPA, en revanche, vise à satisfaire le désir d’adultes de devenir parents, parfois au prix de la marchandisation de la vie humaine. Comme l’a souligné l’archevêque Balestrero, l’adoption vise à combler le manque d’un enfant, tandis que la GPA répond aux besoins des adultes, souvent en recourant à des moyens contraires à la dignité humaine.
En effet, la GPA, selon les mots de Balestrero, « transforme les enfants en produits et les femmes en instruments de production ». Ce processus réduit l’enfant à un objet de désir, plutôt qu’à un sujet d’amour. Il en résulte une inversion des valeurs morales, où l’intérêt de l’enfant passe au second plan, derrière les désirs des adultes.
Une exploitation des femmes et des enfants
La gestation pour autrui entraîne une exploitation flagrante des femmes, en particulier celles vivant dans des conditions économiques précaires. Ces femmes, généralement dans des situations de vulnérabilité, sont utilisées par des commanditaires riches pour satisfaire leur désir d’enfant. Cette pratique s’apparente à une nouvelle forme de servitude moderne, où le corps de la femme est exploité et fragmenté.
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Le Saint-Siège condamne également la GPA pour les conséquences profondes qu’elle engendre sur le plan moral, social et psychologique. L’acte de porter un enfant crée un lien unique entre la mère et l’enfant, un lien naturel et intime qui ne peut être négligé ou commercialisé. En privant une mère de ce lien, la GPA fracture la maternité en trois rôles distincts : la mère génétique, la mère porteuse, et la mère sociale. Cette fragmentation pose des questions éthiques majeures et entraîne souvent des traumatismes psychologiques pour toutes les parties impliquées, y compris l’enfant.
Une atteinte à la dignité humaine et à la morale chrétienne
Sur le plan légal, la GPA est une pratique qui franchit les frontières nationales, encourageant le « tourisme reproductif ». Des lois divergentes d’un pays à l’autre permettent à des commanditaires de contourner les interdictions dans leur pays d’origine, exploitant ainsi des femmes dans d’autres pays où la législation est plus permissive.
Le Saint-Siège insiste sur le fait que les droits de l’enfant doivent être prioritaires. Chaque enfant a le droit de naître dans un contexte qui respecte sa dignité et la dignité de la personne qui le met au monde. Aucune personne ne devrait être utilisée comme un moyen pour atteindre un objectif personnel, surtout pas les enfants, qui méritent d’être accueillis comme des dons de Dieu, et non comme des objets de consommation.




