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La Doctrine de la foi s’attèle à corriger les violations de notre société

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La Doctrine de la foi a sorti hier la déclaration Dignitas Infinita en dressant une liste des violations que peut produire notre société.

Dignitas infinita : Sur la dignité humaine est un document approuvé par le Saint Père et il en a également ordonné la publication, le préfet nous fait savoir aussi que « L’élaboration du texte, qui a duré cinq ans, nous permet de comprendre qu’il s’agit d’un document qui, en raison du sérieux et de la centralité de la question de la dignité dans la pensée chrétienne, a requis un long processus de maturation pour parvenir à la version finale que nous publions aujourd’hui.« 

Le document se divise en deux grandes sections. Les trois premières parties de la première section évoquent les principes de base et les hypothèses théoriques, fournissant des éclaircissements essentiels pour prévenir les confusions courantes autour du concept de « dignité ».

La deuxième grande section examine certaines situations problématiques contemporaines où la dignité infinie et inaliénable de chaque être humain n’est pas correctement reconnue.

Le préfet souligne qu’il est « du devoir de dénoncer ces atteintes graves et actuelles à la dignité humaine, car l’Église croit fermement que la foi, l’évangélisation et la spiritualité sont inséparables de la défense et de la promotion de la dignité de tous les êtres humains.« 

La dignité, telle que définie par Dignitas Infinita, repose sur les propos de Saint Jean-Paul II lors de sa rencontre avec des personnes souffrant de handicaps mentaux ou physiques pendant son Angélus du 16 novembre 1980 où il est question d’une dignité « infinie » de tous les êtres humains.

Le préfet présente donc la définition de la dignité telle qu’enseignée par l’Église : une dignité infinie, inaliénablement ancrée dans son être même, appartient à chaque personne humaine, en toutes circonstances et quel que soit son état ou sa situation. Ce principe, pleinement reconnaissable par la raison seule, établit la primauté de la personne humaine et la protection de ses droits.

À la lumière de la Révélation, l’Église réaffirme et confirme sans réserve cette dignité ontologique de la personne humaine, créée à l’image et à la ressemblance de Dieu et rachetée par le Christ Jésus. C’est sur cette vérité qu’elle fonde son engagement envers les plus faibles et les moins puissants, en insistant toujours sur « le primat de la personne humaine et la défense de sa dignité en toutes circonstances ».

Cette dignité ontologique et la valeur unique et éminente de chaque femme et de chaque homme existant dans ce monde ont été solennellement affirmées dans la Déclaration universelle des droits de l’homme (10 décembre 1948) par l’Assemblée générale des Nations unies. En commémorant le 75e anniversaire de ce document, l’Église saisit l’occasion de proclamer à nouveau sa conviction que tout être humain, créé par Dieu et racheté par le Christ, doit être reconnu et traité avec respect et amour, en raison de sa dignité inaliénable.

Cet anniversaire offre également à l’Église l’opportunité de clarifier certains malentendus fréquents concernant la dignité humaine et de traiter certaines questions concrètes sérieuses et urgentes qui y sont liées. Dès le début de sa mission, inspirée par l’Évangile, l’Église s’est engagée à affirmer la liberté et à promouvoir les droits de tous les êtres humains. Récemment, grâce à la voix des Pontifes, cet engagement a été exprimé de manière plus explicite par un appel renouvelé à la reconnaissance de la dignité fondamentale de la personne humaine.

Ensuite, le document précise le terme de dignité, souvent détourné par la société moderne à ses propres fins et contre l’Église. Bien qu’un consensus général reconnaisse aujourd’hui l’importance et la portée normative de la dignité et de la valeur unique et transcendante de chaque être humain, l’expression « dignité de la personne humaine » peut prêter le flanc à de multiples interprétations, et donc à des malentendus et des « contradictions qui amènent à se demander si l’égale dignité de tous les êtres humains […] est véritablement reconnue, respectée, protégée et promue en toute circonstance« .

Cela nous conduit à envisager une quadruple distinction dans le concept de dignité : ontologique, morale, sociale et existentielle. La plus importante est la dignité ontologique, qui concerne la personne simplement parce qu’elle existe et est voulue, créée et aimée par Dieu. Cette dignité est inaliénable et demeure valide quelles que soient les circonstances.

La dignité morale, quant à elle, se rapporte à l’exercice de la liberté de l’être humain. Bien que conscient, celui-ci peut choisir d’agir à l’encontre de cette liberté, adoptant ainsi un comportement « indigne » de sa nature de créature aimée de Dieu et appelée à aimer autrui. Cette possibilité existe. De plus, l’histoire montre que l’exercice de la liberté contre la loi de l’amour révélée par l’Évangile peut engendrer un mal incommensurable envers autrui. Dans de tels cas, on est confronté à des individus qui semblent avoir perdu toute humanité, toute dignité.

Pour l’époque actuelle, Dignitas Infinitas déclare que le terme “dignité” est principalement utilisé pour souligner la valeur unique de l’être humain, qui ne peut être comparée aux autres créatures de l’univers. C’est dans ce sens que le terme « dignité » est utilisé dans la Déclaration des Nations Unies de 1948, où il est affirmé que « tous les membres de la famille humaine sont dotés de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité ».

Cette dignité inhérente à l’être humain est ce qui nous permet de parler des droits de l’homme. Pour mieux comprendre le concept de dignité, il est important de noter qu’il ne s’agit pas de quelque chose donné à une personne par d’autres êtres humains sur la base de certains dons ou qualités, qui pourraient potentiellement lui être retirés. Si la dignité était donnée par d’autres êtres humains, elle serait conditionnelle et aliénable, et le sens même de la dignité (bien qu’il mérite un grand respect) resterait vulnérable à l’abolition. En réalité, la dignité est inhérente à la personne, elle ne s’acquiert pas après, elle est préalable à toute reconnaissance et elle ne peut se perdre. Par conséquent, tous les êtres humains possèdent la même dignité inhérente, quelle que soit leur capacité à l’exprimer de manière adéquate.

C’est pourquoi le Concile Vatican II parle de « la dignité suprême de la personne humaine, supérieure à toutes choses, et dont les droits et les devoirs sont universels et inviolables ». Comme le dit le début de la Déclaration sur la dignité humaine du Concile Vatican II, « la dignité de la personne humaine doit être reconnue et respectée comme une fin en soi et non comme un moyen pour parvenir à une fin ».

Le document continue sa précision et stipule que bien que la sensibilité à l’égard de la dignité humaine continue de s’accroître, il y a encore de nombreux malentendus quant au concept de dignité, ce qui peut altérer son sens. Certains proposent d’utiliser l’expression « dignité personnelle » (et « droits de la personne » au lieu de « dignité humaine » (et « droits de l’homme »), car ils ne considèrent une personne que comme « étant capable de raisonner ». Un enfant à naître ou une personne âgée non autonome ou une personne handicapée mentale ne posséderait donc pas de dignité personnelle.

Cependant, l’Église insiste sur le fait que la dignité de toute personne humaine, exactement parce qu’elle est intrinsèque, demeure « dans toutes les circonstances », et que sa reconnaissance ne peut en aucun cas dépendre du jugement sur la capacité d’une personne à comprendre et à agir librement. Sinon, la dignité ne serait pas à elle-même inhérente à la personne, indépendante de son conditionnement et donc digne de respect inconditionnel.

Nous continuons un peu plus loin la déclaration Dignitas infinita concernant les violations graves à la dignité humaine que l’Eglise peut observer actuellement dans le monde. Le document commence par parler du drame de la pauvreté, car l’une des raisons principales qui font que beaucoup de personnes ne sont pas traitées avec respect est la très grande pauvreté, à cause du fait que les richesses sont réparties de manière injuste.

En plus, il ne serait pas juste de dire simplement qu’il y a des pays riches et des pays pauvres. Benoît XVI avait déjà remarqué que, même si le monde devient plus riche dans l’ensemble, les écarts entre riches et pauvres augmentent. Dans les pays riches, de nouvelles personnes deviennent pauvres et il y a de nouvelles formes de pauvreté. Dans les endroits plus pauvres, certaines personnes vivent dans un luxe excessif où elles consomment beaucoup et gaspillent, ce qui est inacceptable par rapport à ceux qui vivent dans la misère.

Puis, le texte met en lumière la réalité de la guerre, une autre tragédie qui bafoue la dignité humaine. Il souligne que les conflits, les violences et les persécutions, qu’elles soient motivées par des considérations raciales ou religieuses, se multiplient dans différentes régions du globe, prenant parfois les allures d’une « troisième guerre mondiale morcelée« . La guerre est présentée comme un fléau engendrant destruction et souffrance, affectant profondément la dignité humaine à court et à long terme.

Bien que le droit à la légitime défense soit reconnu, la guerre demeure une défaite pour l’humanité. Le texte insiste sur le fait qu’aucun conflit armé ne peut justifier la perte d’une vie humaine, le désespoir des déplacements forcés, ou encore la destruction de l’environnement commun. Il souligne que toutes les guerres, par leur nature même, vont à l’encontre de la dignité humaine et ne font qu’exacerber les problèmes existants. Dans le contexte contemporain, la situation est d’autant plus préoccupante du fait que de nombreux civils innocents perdent la vie en dehors des zones de combat.

Le préfet a ensuite souligné deux autres problèmes qui nuisent à la dignité humaine : la situation des migrants et la traite des êtres humains.

En ce qui concerne les migrants, le document souligne que leur dignité est souvent violée dès leur départ de leur pays d’origine, où ils sont confrontés à la pauvreté et à des conditions de vie précaires. Une fois arrivés dans les pays censés les accueillir, ils sont parfois considérés comme moins dignes que les autres membres de la société. Le texte insiste sur le fait que chaque migrant est une personne humaine dotée de droits fondamentaux inaliénables qui doivent être respectés en toutes circonstances. L’accueil des migrants est présenté comme un acte crucial pour défendre la dignité de chaque individu, indépendamment de son origine ou de sa religion.

Quant à la traite des personnes, le texte la qualifie de grave violation de la dignité humaine. Le pape François a vivement condamné cette pratique, la qualifiant d’ignoble et de honteuse pour nos sociétés prétendument civilisées. Il appelle à une prise de conscience collective et à une action concertée pour protéger la dignité et les droits fondamentaux de chaque personne. La traite des personnes, qu’il s’agisse de trafic d’organes, d’exploitation sexuelle, de travail forcé ou d’autres formes d’abus, est présentée comme un crime contre l’humanité, qui défigure la victime tout en déshumanisant celui qui la commet.

La déclaration aborde aussi la question des abus sexuels, qui laissent des cicatrices profondes dans le cœur des victimes, blessant leur dignité humaine. Il souligne que ces souffrances peuvent durer toute une vie et représentent un obstacle sérieux à la mission de l’Église. C’est pourquoi l’Église s’engage fermement à mettre fin à tous les types d’abus, en commençant par elle-même.

Puis le texte explique que les violences à l’égard des femmes constituent un fléau mondial, de plus en plus reconnu. Malgré les affirmations verbales sur l’égalité des sexes, la réalité sociale dans de nombreux pays, même parmi les plus développés et démocratiques, témoigne d’inégalités graves persistantes. Le Pape François souligne avec justesse que les sociétés à travers le monde ne reflètent pas pleinement la dignité égale des femmes, malgré les déclarations en ce sens. Les femmes se retrouvent souvent doublement marginalisées, victimes d’exclusion, de maltraitance et de violence, avec des possibilités limitées pour défendre leurs droits.

Ensuite, Dignitas infinita aborde la question de l’avortement, réaffirmant la dignité intrinsèque de toute vie humaine, depuis sa conception jusqu’à sa mort naturelle. Saint Jean-Paul II dans ses prises de parole avait souligné la gravité de l’avortement et avait mis en garde contre l’obscurcissement progressif de sa perception dans les consciences contemporaines. Il a rappellé que l’avortement est un acte intrinsèquement immoral, constituant le meurtre délibéré d’un être humain innocent.

Puis le document se poursuit en abordant la question de la gestation pour autrui, dénonçant cette pratique qui réduit l’enfant à un simple objet et qui porte atteinte à la dignité tant de l’enfant que de la femme impliquée. Le Pape François exprime clairement son opposition à cette pratique, soulignant qu’un enfant est toujours un cadeau et jamais un objet de contrat. Il appelle à un engagement international pour interdire cette pratique au niveau universel, reconnaissant la nécessité de respecter la dignité de chaque personne impliquée.

En ce qui concerne l’euthanasie et le suicide assisté, le texte affirme que la souffrance ne diminue pas la dignité intrinsèque de la personne malade et que l’aide au suicide est une atteinte objective à la dignité humaine. Il souligne la nécessité de fournir des soins palliatifs appropriés pour soulager la souffrance, tout en évitant tout acharnement thérapeutique. La vie humaine, même dans la souffrance, conserve une dignité inaliénable qui doit être respectée.

Le texte aborde également la question des personnes handicapées, mettant en lumière leur vulnérabilité et le besoin d’une attention particulière pour garantir leur inclusion et leur participation à la vie sociale et ecclésiale. Il dénonce la culture du déchet qui marginalise souvent les personnes handicapées, affirmant que chaque personne, quel que soit son handicap, possède une dignité inaliénable et mérite d’être traitée avec respect.

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En ce qui concerne la théorie du genre et le changement de sexe, le texte souligne les critiques concernant la remise en question de la différence sexuelle fondamentale entre l’homme et la femme.

« Un deuxième aspect de la théorie du genre est qu’elle cherche à nier la plus grande différence possible entre les êtres vivants : la différence sexuelle. Cette différence fondatrice est non seulement la plus grande que l’on puisse imaginer, mais aussi la plus belle et la plus puissante : elle réalise, dans le couple homme-femme, la plus admirable réciprocité et est donc à l’origine de ce miracle qui ne cesse de nous étonner, à savoir l’arrivée de nouveaux êtres humains dans le monde.« 

La dignité du corps ne peut être considérée comme inférieure à celle de la personne en tant que telle. Le Catéchisme de l’Église Catholique nous invite expressément à reconnaître que « le corps de l’homme participe à la dignité de l’image de Dieu” »

Il met en garde contre l’effacement de cette différence et souligne que la dignité de chaque personne est liée à sa nature sexuée. Toute tentative visant à nier cette différence est rejetée, affirmant que chaque être humain est créé homme ou femme selon l’ordre naturel voulu par Dieu.

Enfin, le texte aborde la question de la violence numérique, mettant en lumière les dangers de l’exploitation, de l’exclusion et de la violence en ligne. Il souligne la nécessité d’utiliser la technologie de manière responsable pour promouvoir la dignité humaine et la paix, tout en dénonçant la culture de la superficialité et de l’exploitation qui prévaut souvent dans le monde numérique.

En conclusion, le document rappelle avec force que la promotion de la dignité humaine, dans toute sa diversité et sa richesse, demeure un impératif moral et un pilier de toute société éclairée. C’est dans cet esprit que chaque individu et chaque communauté sont invités à œuvrer pour un monde où chacun, sans exception, peut s’épanouir dans le plein respect de sa dignité et de ses droits inaliénables.

Il souligne que la Déclaration universelle des droits de l’homme, célébrant son 75e anniversaire, reste une boussole essentielle dans un monde en perpétuelle évolution. À travers les paroles du pape François, il est rappelé que malgré les progrès accomplis, des défis persistent et appellent à une vigilance constante. L’engagement pour les droits de l’homme est, de fait, un voyage sans fin, exigeant un effort continu et une détermination inébranlable.

Publié par Napo

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