Depuis plusieurs jours, les pluies diluviennes ne cessent de s’abattre sur les Philippines, semant désolation et larmes. Pourtant, au milieu des inondations, des maisons détruites, des corps retrouvés sans vie, la lumière du Christ ne s’est pas éteinte. Elle brille dans les mains tendues, les marmites de soupe chaude, les bras ouverts de l’Église catholique qui, fidèle à sa mission, n’abandonne pas ses enfants.
Dans la ville de Paranaque, à Baclaran, le sanctuaire national de Notre-Dame du Perpétuel Secours — connu comme l’église des Rédemptoristes — est devenu un havre de charité. Là, une initiative modeste mais puissante a pris vie : la Perpetual Help Kitchen, une cuisine caritative gérée par les prêtres rédemptoristes et leurs volontaires. Loin de toute bureaucratie, des repas chauds sont distribués à des centaines de victimes des intempéries. Maria Christina, l’une des bénévoles, résume cette espérance :
« Une tempête ne peut pas abattre un cœur rempli d’espérance. Nous choisissons de croire en la bonté, en Dieu, et en notre prochain. »
La mobilisation n’est pas restée locale. À Quezon City, le district de Roxas a reçu la visite de Mgr Elias Ayuban Jr., évêque de Cubao, venu rencontrer les déplacés réfugiés dans l’église de la Sainte-Famille. Le curé Marvin Pajarillaga a salué ce geste pastoral :
« La présence de notre évêque nous rappelle que, dans la détresse, l’Église reste ce refuge de compassion et d’espérance. »
Mais derrière les chiffres et les aides, il y a des visages. Des histoires de deuil, de foi, de courage. María Teresa Batistis en est un poignant exemple. Elle a perdu son fils aîné, Fhilton John, emporté par une crue brutale le 21 juillet, dans le quartier de Damayang Lagi. Le corps du jeune homme, élève à la basilique de Notre-Dame du Mont-Carmel, n’a été retrouvé que le lendemain, rejeté sur une plage de Navotas. Entre-temps, sa mère priait la Vierge du Mont-Carmel, implorant la force de retrouver son fils… et le courage d’élever seule ses deux plus jeunes enfants.
« J’ai tout accepté avec légèreté dans mon cœur, disait-elle. Dieu me donne l’espérance. » Ces mots, prononcés au milieu de l’horreur, témoignent d’une foi enracinée, vivante. Une foi que Mgr Ayuban est venu honorer en personne, rappelant que « l’Église est une seule famille : quand un frère souffre, tous doivent compatir et aider. »
Fhilton fait partie des sept victimes recensées du typhon Crising (nom international : Wipha). Huit personnes sont encore portées disparues et sept autres blessées. Les chiffres du Conseil national philippin pour la réduction des risques et des catastrophes (NDRRMC) donnent la mesure du drame, mais c’est dans les cœurs que les plaies sont les plus profondes.
Face à l’ampleur des dégâts — des millions de Philippins touchés, des infrastructures détruites, des cultures noyées — l’aide catholique se déploie sur tous les fronts. À Manille, la prestigieuse Université Adamson, dirigée par les Pères vicentiens, a lancé une collecte de dons pour soutenir les familles sinistrées. Le père Daniel Franklin Pilario, président de l’université, a rappelé :
« Même un petit geste de bonté peut faire une grande différence. »
À ce jour, 120 familles sont hébergées dans le centre de la Fondation Vicenciana Bamboo Housing, à Quezon City, et l’université continue de récolter argent et biens essentiels.
À la paroisse du Saint-Christ, également située dans l’archidiocèse de Manille, ce sont plus de 130 familles — représentant au total plus de 300 personnes — qui ont été accueillies. Le coordinateur du Mouvement des Jeunes Dominicains, Joaquín Miguel Castillón, insiste :
« Notre paroisse continue d’ouvrir ses portes. Nous accueillons, nous nourrissons, nous prions. »
Et c’est bien cela, au fond, que les Philippins redécouvrent au creux de la souffrance : une Église qui console, qui nourrit, qui veille. Une Église fidèle à son Christ, serviteur des pauvres, médecin des âmes brisées, refuge des affligés.
« Prions pour que chacun soit protégé du danger. Ô Christ Saint, lumière du monde, aie pitié de nous », conclut Castillón.
Au milieu des eaux, l’Église ne coule pas. Elle marche, portant la croix de ses enfants, allumant des flambeaux d’espérance. Là où l’État est dépassé, où la tempête a tout balayé, il reste la foi. Il reste l’Église.
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