Ce samedi 25 janvier, le Pape François a reçu au Vatican plus de 9 000 journalistes, communicants et professionnels des médias catholiques venus du monde entier pour participer au Jubilé du Monde de la Communication. Cet événement, premier grand rassemblement sectoriel de l’Année Sainte, a été l’occasion pour le Saint-Père de rappeler l’importance cruciale du journalisme dans un monde marqué par les conflits et les divisions.
Dans un discours empreint de gravité et d’espérance, le Pape a salué le courage des journalistes qui, souvent au péril de leur vie, cherchent à révéler la vérité et à dénoncer les horreurs de la guerre. « Le monde est encore blessé par les guerres et la violence, faisant couler le sang de nombreux innocents », a-t-il déclaré, avant d’assurer de ses prières tous ceux qui ont perdu la vie dans l’exercice de leur métier, au cours de ce qu’il a qualifié de « l’une des années les plus meurtrières pour les journalistes ».
François a également évoqué le sort des professionnels des médias emprisonnés pour avoir simplement fait leur travail. « Ces hommes et femmes, fidèles à leur vocation, ont voulu voir de leurs propres yeux et rapporter ce qu’ils ont vu », a-t-il souligné. En cette Année Sainte, le Pape a lancé un appel pressant aux gouvernants : « Qu’une porte soit ouverte à tous les journalistes injustement emprisonnés, afin qu’ils retrouvent la liberté. Car leur liberté est aussi la nôtre. »
La liberté de la presse, un droit fondamental
Le Successeur de Pierre a insisté sur la nécessité de défendre la liberté de la presse et le droit fondamental à l’information. « Une information libre, responsable et correcte est un patrimoine précieux qui doit être préservé et promu », a-t-il affirmé. Sans cela, a-t-il averti, « nous risquons de ne plus distinguer la vérité du mensonge, de sombrer dans les préjugés et les divisions, détruisant ainsi les liens de la coexistence civile et empêchant la reconstruction de la fraternité ».
Le Pape a rappelé que le journalisme, plus qu’une simple profession, est une vocation et une mission. « Vous, les communicateurs, avez un rôle fondamental à jouer dans la société d’aujourd’hui », a-t-il déclaré, insistant sur l’importance du langage, de l’attitude et du ton dans la manière de raconter les faits. « Une communication bienveillante peut raviver l’espérance, construire des ponts et ouvrir des portes, tandis qu’une communication malveillante ne fait qu’accroître les divisions et les polarisations », a-t-il expliqué.
François a exhorté les journalistes à se mettre du côté des plus faibles, de ceux qui sont souvent ignorés ou réduits au silence. « Ravivez, dans le cœur de ceux qui vous lisent, vous écoutent ou vous regardent, le sens du bien et du mal, la nostalgie du bien que vous racontez et dont vous êtes les témoins », a-t-il encouragé.
Éduquer à la pensée critique
Le Pape a également souligné l’importance d’une éducation aux médias, capable de développer la pensée critique et le discernement. « Nous avons besoin d’entrepreneurs et d’ingénieurs courageux pour que la beauté de la communication ne soit pas corrompue », a-t-il déclaré, rappelant que les grands changements naissent de la communion de cœurs éclairés, à l’image de saint Paul, dont l’Église célèbre aujourd’hui la conversion.
François a enfin invité les journalistes à raconter des histoires d’espérance. « Lorsque vous racontez le mal, laissez toujours une place à la possibilité de réparer ce qui est déchiré, au dynamisme du bien qui peut guérir ce qui est brisé », a-t-il conseillé. « Raconter l’espérance, c’est voir les miettes cachées du bien même quand tout semble perdu, c’est permettre à la lumière de transformer les choses et de les faire avancer vers leur destin. »





