La cléricalisation des laïcs est aujourd’hui perçue par de nombreux observateurs comme un symptôme d’une crise identitaire profonde au sein du catholicisme. Dans une récente prise de position vigoureuse, Monseigneur Marian Eleganti, évêque émérite suisse, tire la sonnette d’alarme. Selon lui, cette tendance à vouloir effacer la distinction entre le sacerdoce des baptisés et le sacerdoce ministériel ne se contente pas de modifier l’organisation paroissiale ; elle fragilise les fondements mêmes de l’évangélisation et de la foi eucharistique.
La cléricalisation des laïcs : une dérive de l’identité sacerdotale
Le constat de Mgr Eleganti est sans appel : nous assistons à une « désacralisation du prêtre » doublée d’une montée en puissance de la cléricalisation des laïcs. Ce phénomène se manifeste par le remplacement progressif des ministres ordonnés par des laïcs dans des fonctions de direction ou de liturgie, sous couvert de « participation » ou de « synodalité ».
Cependant, cette substitution est un contresens théologique. Comme le souligne l’évêque, « sans le prêtre, il n’y aura pas d’Église ». Le prêtre n’est pas un simple animateur de communauté, mais celui par qui l’Eucharistie — source et sommet de la vie chrétienne — devient possible. En cherchant à mettre les laïcs sur le « même niveau » que les évêques, comme on le voit dans certaines dérives du chemin synodal allemand, on finit par occulter la spécificité du don sacramentel.
Pourquoi la cléricalisation des laïcs nuit à l’Eucharistie
L’un des points les plus critiques soulevés par Mgr Eleganti concerne la relativisation de la médiation du Christ. Si l’on considère que toutes les formes de culte se valent, ou que les liturgies de la Parole peuvent remplacer la Sainte Messe pour mettre en avant les laïcs, on vide l’autel de sa substance.
- Le sacrifice eucharistique : Il ne peut être accompli que par le prêtre in persona Christi.
- La mission du laïc : Elle consiste à sanctifier le monde temporel (famille, travail, cité) et non à s’approprier les fonctions du sanctuaire.
- La confusion des genres : Elle paralyse le zèle missionnaire en faisant croire que l’engagement social remplace la quête du salut éternel.
Le dogme « Hors de l’Église, point de salut » à l’épreuve du temps
Mgr Eleganti rappelle avec fermeté que le principe « Extra Ecclesiam nulla salus » (Hors de l’Église, point de salut) n’appartient pas au passé, mais c’est une vérité de foi qui nécessite d’être comprise correctement. Si Dieu, dans sa miséricorde infinie, peut mener au salut ceux qui ignorent le Christ sans faute de leur part, cela n’enlève rien à la nécessité absolue du baptême et de l’Église.
« Il n’y a pas d’autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés que le nom de Jésus », martèle l’évêque. Relativiser cette vérité pour ne pas heurter les autres religions est, selon lui, une hérésie qui éteint la flamme missionnaire. La mission de l’Église n’est pas d’apprendre des autres religions, mais d’enseigner ce qu’elle a reçu du Christ : la Vérité tout entière.
La synodalité : un outil de révisionnisme ?
Le texte de Mgr Eleganti s’attaque également à l’usage abusif du concept de synodalité. Il y voit un « mot code » utilisé pour initier des processus révisionnistes visant à modifier les positions morales et dogmatiques de l’Église sous la pression de « l’esprit du temps ».
Il cite notamment le Cardinal Joseph Zen, qui dénonçait le fait d’identifier son propre esprit à l’Esprit Saint pour justifier des changements doctrinaux. La méthode des « tables rondes » neutraliserait les voix discordantes et empêcherait l’Église de se tourner vers sa priorité absolue : l’annonce du Christ et l’administration des sacrements de salut.
L’analyse de Napo
Ce qui est assez drôle ici, c’est que nous voyons cette cléricalisation des laïcs chez les modernistes, mais aussi chez les sédévacantistes, qui, en se coupant de l’Église, n’ont plus d’autorité et, de facto, se substituent aux prêtres en matière théologique et d’enseignement liturgique ou magistériel.
Comme le stipule Mgr Eleganti, c’est ce qu’il se passe aussi, et avant tout, en Allemagne, où la branche laïque catholique, depuis les problèmes d’abus, a commencé à grignoter jour après jour le pouvoir des prêtres et des évêques allemands. Heureusement, il y a des résistants, mais malheureusement, il y a aussi des évêques très puissants, soutenus par les médias et l’État allemand, qui ne souhaitent qu’un bouleversement au sein de l’Église catholique afin de faire tomber les dogmes, seuls remparts, depuis 2 000 ans, aux folies des siècles qui se succèdent.
Et c’est pour cette raison que seule l’Église catholique est l’Église du Christ, car nous voyons toutes les fausses églises protestantes sans dogmes adopter les tendances du monde à tous les siècles.
Alors, comme j’aime à le dire, chacun à sa place, et c’est ce que le cardinal Fernandez disait d’ailleurs. Je répète ici ses mots en substance : “Il y a trop de laïcs qui se prennent pour des théologiens sur leurs blogs, à critiquer les décisions des autorités du Vatican alors qu’ils n’ont pas le moindre diplôme…”
C’est là le grand problème de ce siècle, l’usurpation des rôles. Je vois certains qui vont me dire : “Mais toi aussi, Napo, tu fais de la théologie.” Alors non, je n’en fais pas. Quand je défends l’Église, c’est de la légitime défense, en utilisant la répartie de l’Église et du Magistère. Rien ne vient de ma personne, et je n’attaque jamais personne sur le plan théologique en faisant semblant d’étaler une science que je n’ai pas. Je sais rester à ma place mais aussi utiliser mon catéchisme quand il le faut.







Quel est le résultat de cette nouvelle messe (langue d’usage, face au peuple, réponses du public) et de son imposition brutale ?
1. La fréquentation des messes dominicales a été très lourdement amoindrie.
2. Le caté. a été remplacé par des activités (ludiques).
3. Tout le monde, comme un seul homme, va communier. (A croire que c’est devenu un dû. Ou des chips ?)
4. Les séminaires, les couvents et les cures se sont vidés de leur population.
Merci les réformateurs zélés. Des pareils à vous ont aurait dû s’en passer complètement.