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Les principales manifestations de la charité de Sainte Marie

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Marie apparaît Mère de miséricorde, en tant qu’elle est « le salut des infirmes, le refuge des pécheurs, la consolatrice des affligés, le secours des chrétiens ».

Cette gradation, exprimée dans les litanies, est très belle ; elle montre que Marie exerce sa miséricorde à l’égard de ceux qui souffrent dans leur corps pour guérir leur âme, et qu’ensuite elle les console dans leurs afflictions et les fortifie au milieu de toutes les difficultés à surmonter. Rien dans les créatures n’est à la fois plus élevé et plus accessible à tous, plus pratique et plus doux pour nous relever.

Salut des infirmes

Elle est le salut des infirmes par les innombrables guérisons providentielles ou même vraiment miraculeuses, obtenues par son intercession en tant de sanctuaires de la chrétienté au cours des siècles et de nos jours. Le nombre incalculable de ces guérisons est tel qu’on peut dire que Marie est une mer insondable de guérisons miraculeuses. Mais elle ne guérit les corps que pour porter remède aux infirmités de l’âme.

Elle guérit surtout des quatre blessures spirituelles qui sont les suites du péché originel et de nos péchés personnels, blessures de concupiscence, d’infirmité, d’ignorance et de malice. Elle guérit de la concupiscence ou de la convoitise, qui est dans la sensibilité, en assoupissant l’ardeur des passions, en brisant les habitudes criminelles ; elle fait que l’homme commence à vouloir assez fortement le bien pour repousser les mauvais désirs, et aussi pour rester insensible à la griserie des honneurs ou à l’attrait des richesses. Elle guérit ainsi de « la concupiscence de la chair et de celle des yeux ».

Elle porte remède aussi à la blessure d’infirmité, qui est la faiblesse pour le bien, la paresse spirituelle; elle donne à la volonté de la constance pour s’appliquer à la vertu, et mépriser les attraits du monde en se jetant dans les bras de Dieu. Elle affermit ceux qui chancellent, relève ceux qui sont tombés. Elle dissipe les ténèbres de l’ignorance, fournit les moyens pour abandonner l’erreur; elle rappelle les vérités religieuses à la fois très simples et très profondes, exprimées dans le Pater. Elle éclaire par là l’intelligence et l’élève vers Dieu.

Saint Albert le Grand, qui avait reçu d’elle la lumière pour persévérer dans sa vocation et surmonter les tromperies du démon, dit souvent qu’elle nous préserve des déviations qui enlèvent la rectitude et la fermeté du jugement, qu’elle nous guérit de la lassitude dans la recherche de la vérité, et qu’elle nous fait parvenir à une connaissance savoureuse des choses divines. Lui-même, dans son Mariale, parle de Marie avec une spontanéité, une admiration, une fraîcheur, une abondance, qu’on trouve rarement chez les hommes d’étude.

Enfin elle guérit de la blessure spirituelle de malice, en poussant vers Dieu les volontés rebelles, tantôt par de tendres avertissements, tantôt par des reproches sévères. Par sa douceur, elle arrête les emportements de la colère, par son humilité elle étouffe l’orgueil, et écarte les tentations du démon. Elle inspire à celui-ci de renoncer à la vengeance, de se réconcilier avec ses frères, elle lui fait entrevoir la paix qui se trouve dans la maison de Dieu. En un mot elle guérit l’homme des blessures du péché originel, aggravées par nos péchés personnels.

Quelquefois même cette guérison spirituelle est miraculeuse par son instantanéité, comme il arriva dans la conversion du jeune Alphonse Ratisbonne, israélite fort éloigné de la foi catholique, qui visitait en curieux l’église de Sant Andrea delle Frate à Rome, et à qui la Sainte Vierge apparut comme elle est représentée sur la médaille miraculeuse, avec des rayons de lumière qui sortaient de ses mains. Avec bonté elle lui fit signe de s’agenouiller. Il s’agenouilla, perdit l’usage de ses sens, et quand il le retrouva, il exprima le vif désir qu’il éprouvait de recevoir le baptême au plus tôt.

Il fonda plus tard, avec son frère converti avant lui, les Pères de Sion et les Religieuses de Sion pour prier; souffrir et travailler pour la conversion des Juifs, en disant tous les jours à la messe :

« Père, pardonnez- leur, car ils ne savent ce qu’ils font. »

En cela Marie s’est splendidement montré le salut des infirmes.

Refuge des pécheurs

Elle est le refuge des pécheurs précisément parce qu’elle est leur mère et qu’elle est très sainte. Justement parce qu’elle déteste le péché qui ravage les âmes, loin d’abhorrer les pécheurs eux-mêmes, elle les accueille, les invite au repentir; elle les délivre des chaînes des mauvaises habitudes par la puissance de son intercession; elle leur obtient la réconciliation avec Dieu, par les mérites de son Fils, qu’elle rappelle à leur souvenir.

Ensuite elle protège les pécheurs convertis contre le démon, contre tout ce qui entrainerait des rechutes. Elle les exhorte à la pénitence et leur y fait trouver de la douceur. C’est à elle, après Notre-Seigneur, que tous les pécheurs qui se sauvent doivent leur salut. Elle en a converti d’innombrables en particulier dans les lieux de pèlerinages, à Lourdes où elle dit :

« Priez et faites pénitence » 

Plus récemment à Fatima, en Portugal, où le nombre des conversions, depuis 1917, est incalculable. Beaucoup de criminels au moment du dernier supplice lui doivent leur conversion in extremis. Elle a suscité des ordres religieux voués à la prière, à la pénitence et à l’apostolat pour la conversion des pécheurs, les ordres de saint Dominique, de saint François, celui des Rédemptoristes, des Passionistes, et combien d’autres.

Quels sont les pécheurs qu’elle ne protège pas ? Ceux-là seulement qui méprisent la miséricorde de Dieu et qui s’attirent sa malédiction. Elle n’est pas le refuge de ceux qui s’obstinent à persévérer dans le mal, le blasphème, le parjure, la magie, la luxure, l’envie, l’ingratitude, l’avarice, l’orgueil de l’esprit. Mais cependant comme Mère de miséricorde, elle leur envoie de temps en temps des grâces de lumière et d’attrait, et, s’ils n’y résistaient pas, ils seraient conduits de grâce en grâce jusqu’à celle de la conversion.

Elle suggère à quelques-uns d’entre eux par leur mère mourante de dire au moins chaque jour un Ave Maria ; plusieurs, sans changer leur vie, ont dit cette prière qui n’exprimait en eux qu’une très faible velléité de conversion, et il est arrivé qu’au dernier moment ils ont été recueillis dans un hôpital où on leur a demandé voulez-vous voir le prêtre et recevoir l’absolution, ils l’ont reçue comme les ouvriers du dernier moment de la dernière heure appelés et sauvés par Marie. Depuis près de deux mille ans, Marie est ainsi le refuge des pécheurs.

Consolatrice des affligés

Consolatrice des affligés, elle le fut déjà pendant sa vie terrestre à l’égard de Jésus surtout au Calvaire, puis, après l’Ascension, à l’égard des Apôtres au milieu des immenses difficultés qu’ils rencontraient pour la conversion du monde païen. Elle leur obtenait de Dieu l’esprit de force et une sainte joie dans la souffrance. Pendant la lapidation de saint Etienne, premier martyr, elle dut l’assister spirituellement par ses prières. Elle relevait les malheureux de leur abattement, leur obtenait la patience pour souffrir la persécution.

En voyant tout ce qui menaçait l’Eglise naissante, elle restait ferme, gardant un visage toujours serein, expression de la tranquillité de son âme, de sa confiance en Dieu ; la tristesse ne s’emparait jamais de son coeur. Ce que nous connaissons de la force de son amour de Dieu fait penser, disent de pieux auteurs, qu’elle restait joyeuse dans les afflictions, qu’elle ne se plaignait pas de l’indigence et du dénûment, que les injures ne pouvaient pas ternir les grâces de sa douceur. Rien que par son exemple, elle soulageait beaucoup de malheureux accablés de tristesse.

Elle a suscité souvent des saintes qui ont été, comme elle, consolatrices des affligés, telles sainte Geneviève, sainte Elisabeth, sainte Catherine de Sienne, sainte Germaine de Pibrac. L’Esprit-Saint est appelé consolateur surtout parce qu’il fait verser les larmes de la contrition, qui lavent nos péchés et nous rendent la joie de la réconciliation avec Dieu. Pour la même raison, la Sainte Vierge est consolatrice des affligés, en les portant à pleurer saintement leurs fautes. Non seulement elle console les pauvres par l’exemple de sa pauvreté et par son secours, mais elle est particulièrement attentive à notre pauvreté cachée, elle comprend le dénûment secret du cœur et nous y assiste.

Elle a l’intelligence de tous nos besoins et donne la nourriture du corps et de l’âme aux indigents qui l’implorent. Elle a consolé combien de chrétiens dans les persécutions, délivré combien de possédés ou d’âmes tentées, sauvé de l’angoisse combien de naufragés; elle a assisté et fortifié combien de mourants en leur rappelant les mérites infinis de son Fils. Elle vient aussi au devant des âmes après la mort.

Saint Jean Damascène dit dans son sermon sur l’Assomption :

« Ce n’est pas la mort, ô Marie, qui vous a rendue bienheureuse, c’est vous qui l’avez embellie et rendue toute gracieuse, en la débarrassant de ce qu’elle avait de lugubre. »

Elle adoucit les rigueurs du purgatoire, et procure à ceux qui y souffrent les prières des fidèles, auxquels elle inspire de faire célébrer des messes pour les défunts.

Enfin, comme consolatrice des affligés, Marie, souveraine sans restriction, fait sentir en un sens sa miséricorde jusqu’en enfer. Saint Thomas dit que les damnés sont punis moins qu’ils ne l’ont mérité, « puniuntur citra condignum », car la miséricorde divine s’unit toujours à la justice même dans les rigueurs de celle-ci. Et cet adoucissement provient des mérites du Sauveur et de ceux de sa sainte Mère.

Selon saint Odilon de Cluny, le jour de l’Assomption est en enfer moins pénible que les autres. Consolatrice des affligés, elle l’est au cours des siècles dans les formes les plus variées selon l’étendue de la connaissance qu’elle a de l’affliction des âmes humaines dans leurs divers états de vie.

Secours des chrétiens

Elle est enfin le secours des chrétiens, parce que le secours est l’effet de l’amour, et que Marie a la plénitude consommée de la charité, qui dépasse celle de tous les saints et anges réunis. Elle aime les âmes rachetées par le sang de son Fils plus qu’on ne saurait le dire, elle les assiste dans leurs peines et les aide pour la pratique de toutes les vertus. D’où l’exhortation de saint Bernard dans sa deuxième homélie sur le Missus est :

« Si le vent de la tentation s’élève contre toi, si le torrent des tribulations cherche à t’emporter, regarde l’étoile, invoque Marie. Si les flots de l’orgueil et de l’ambition, de la médisance et de la jalousie te ballottent pour t’engloutir dans leurs tourbillons, regarde l’étoile, invoque la Mère de Dieu. Si la colère, l’avarice ou les fureurs de la concupiscence se jouent du frêle navire de ton esprit et menacent de le briser, tourne tes regards vers Marie. Que son souvenir ne s’éloigne jamais de ton cœur et que son nom se trouve toujours sur ta bouche… Mais pour profiter du bénéfice de sa prière, n’oublie pas que tu dois marcher sur ses traces. »

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Elle a été souvent le secours, non seulement des âmes individuelles, mais des peuples chrétiens. Au témoignage de Baronius, Narsès, le chef des armées de l’empereur Justinien, avec l’aide de la Mère de Dieu, délivra l’Italie, en 553, de l’asservissement des Goths de Totila.

Selon le même témoignage, en 718, la ville de Constantinople fut débarrassée de la même manière des Sarrasins, qui, en plusieurs occasions semblables, furent mis en déroute par le secours de Marie. De même encore, au XIII° siècle, Simon, comte de Montfort, battit près de Toulouse une armée considérable d’Albigeois pendant que saint Dominique priait la Mère de Dieu. La ville de Dijon, en 1513, fut de même miraculeusement délivrée…

Source : La mère du Sauveur, et notre vie intérieure – Fr. Garrigou-Lagrange – 1948

Publié par Napo

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