En Angleterre, l’église catholique Sainte-Marie de Thetford célèbre en 2026 son bicentenaire. Édifiée en 1826, elle est aujourd’hui la plus ancienne église catholique encore utilisée sans interruption dans le diocèse d’East Anglia. Cet anniversaire coïncide avec les 50 ans du diocèse et donne lieu à une année entière de célébrations liturgiques, historiques et communautaires.
Cette longévité est d’autant plus remarquable que Sainte-Marie a été construite à une époque où les catholiques anglais subissaient encore d’importantes restrictions sociales, politiques et juridiques. Le diocèse rappelle que sa construction fut financée par George Gardiner, habitant de Thetford, et constitua alors un acte de foi courageux dans un contexte encore difficile pour la communauté catholique.
Une église bâtie avant l’émancipation catholique
Lorsque Sainte-Marie est construite en 1826, l’émancipation catholique n’est pas encore pleinement acquise au Royaume-Uni. Le Catholic Relief Act, qui lèvera plusieurs des principales incapacités civiles pesant sur les catholiques, ne sera voté qu’en 1829.
Le caractère volontairement sobre du bâtiment s’explique en partie par ce contexte. À une époque où la présence catholique restait discrète dans la vie publique anglaise, l’église ne cherchait pas à s’imposer par une architecture monumentale. Deux cents ans plus tard, cette discrétion fait précisément partie de son histoire.
Un jubilé pour redécouvrir l’héritage chrétien de Thetford
Les célébrations du bicentenaire ont commencé le 5 juillet par une messe jubilaire présidée par Mgr Peter Collins, évêque d’East Anglia, aux côtés du curé de la paroisse, le père Andrew Eburne.
Tout au long de l’année, la paroisse organise des rencontres destinées à faire connaître l’histoire de Sainte-Marie et à rappeler la profondeur de l’héritage chrétien de Thetford. Le programme comprend notamment une exposition, des conférences historiques, un concert, des présentations communautaires, une journée de mission paroissiale, la création d’un jardin du Rosaire, un pèlerinage et plusieurs célébrations liturgiques particulières.
Dans le cadre des journées nationales du patrimoine britannique, l’église doit également ouvrir largement ses portes au public les 19 et 20 septembre. Les visiteurs pourront découvrir le bâtiment, son histoire et la mission pastorale qu’il continue d’assurer aujourd’hui.
« Nous sommes un rappel de cet héritage »
Le père Andrew Eburne souhaite que ce bicentenaire permette aux habitants de mieux connaître une église qui reste, selon lui, encore trop peu connue localement malgré son importance historique.
Il souligne aussi que Thetford fut autrefois un centre chrétien majeur en East Anglia et que la paroisse actuelle demeure un témoin vivant de cet héritage. Deux siècles après la construction de Sainte-Marie, la communauté catholique locale rassemble désormais des fidèles issus de nombreuses origines qui ont trouvé leur place dans la ville.
Le jubilé ne se limite donc pas à la commémoration d’un bâtiment ancien. Il met en lumière une continuité de foi : une église construite dans un contexte de restrictions envers les catholiques est toujours ouverte deux cents ans plus tard, toujours consacrée au culte et toujours au service d’une communauté.
Une mémoire catholique anglaise encore vivante
L’histoire de Sainte-Marie rappelle plus largement le lent retour visible du catholicisme en Angleterre après les siècles de persécution, d’interdictions et de marginalisation qui avaient suivi la Réforme. Dans de nombreuses villes britanniques, les petites chapelles puis les églises construites avant et autour de l’émancipation catholique sont devenues les points d’appui d’un renouveau qui allait se renforcer au XIXe siècle.
À Thetford, ce patrimoine n’appartient pas seulement au passé. Le bicentenaire veut précisément relier la mémoire aux générations présentes et préparer le troisième siècle de la paroisse. Pour les catholiques locaux, les pierres de Sainte-Marie témoignent ainsi d’une fidélité qui a traversé les changements politiques et religieux de l’Angleterre contemporaine.
Sources principales :





Conversation des fidèles
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