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Les Anges tutélaires des églises catholiques

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Les Anges sont les aides vigilants et infatigables, et pour ainsi dire les chevaliers servants de l’Église, épouse de Jésus-Christ.

S’ils tiennent compagnie avec tant de familiarité aux anachorètes dispersés dans les déserts, c’est qu’ils voient en eux des sentinelles avancées de la grande armée chrétienne. Ils ne délaissent pas pour eux le gros de l’armée, les églises groupées autour de leurs évêques, l’Église universelle rangée autour du pape.

« J’ai vu, dit un vieux répons imité de l’Apocalypse, la porte de la cité placée à l’Orient, les noms des apôtres inscrits sur elle avec le nom de l’Agneau, et au-dessus des murs une garde d’anges. » (Brev. monast. Dom. III, p. Pasch. in I noct.)

Les anges sont pour l’Église une garde et aussi un cortège. Ils lui attirent des âmes, ils lui procurent de saints pontifes, ils offrent à Dieu les prières de ses enfants, ils la défendent et au besoin la vengent de ses ennemis. Nous allons les voir exercer ces différents ministères, dont le type est dans les pages de l’Écriture sainte.

Paulin rapporte le trait suivant dans la vie de saint Ambroise :

« Il y avait à Milan un arien, disputeur acrimonieux, sectaire inconvertissable à la foi catholique. Étant entré dans l’église où prêchait saint Ambroise, il vit, c’est lui-même qui en rendit témoignage, un ange debout à côté du saint évêque, et lui soufflant à l’oreille les instructions qu’il adressait au peuple. Cette vision le convertit, et il se mit à défendre la foi qu’il s’acharnait précédemment à attaquer. »

Au rapport de saint Nil, saint Jean Chrysostome était fréquemment favorisé de la vue des anges que Dieu avait constitués les gardiens de son église. Il les contemplait notamment durant l’acte du saint Sacrifice, et ne pouvait taire à ses intimes l’admiration que lui causait ce spectacle.

« Il disait qu’aussitôt que le prêtre avait mis la main à l’oblation sainte, de nombreux esprits ou puissances angéliques descendaient du ciel, ornés de vêtements éblouissants, et pieds nus, les yeux attentifs, le visage incliné, rangés autour de l’autel, assistaient jusqu’à la fin du vénérable sacrifice en grand respect et sans faire aucun mouvement; au moment de la communion, ils escortaient dans la nef les évêques, prêtres et diacres qui distribuaient les saintes espèces, les soutenant et leur donnant des forces. »

Un phénomène angélique très remarquable arriva pendant l’épiscopat du même saint; le voici tel qu’il est raconté par l’historien Socrate. Gainas, roi des Goths ariens, assiégeait Constantinople où commandait l’empereur Àrcadius. La ville était dégarnie de ses troupes que l’on avait dû envoyer en Orient. Gainas crut qu’il en viendrait à bout par un coup de main tenté la nuit. Quelle ne fut pas sa surprise, quand se glissant au pied des remparts, il les vit couronnés de guerriers d’une stature gigantesque! Il se retira effrayé. Il voulut revenir à la charge les nuits suivantes, et se retrouva en face des mêmes mystérieux adversaires. Il dut abandonner son projet. On ne douta pas que ces défenseurs, inconnus des habitants, n’aient été des anges. Ce fait, dans son étrangeté, paraît acquis à l’histoire ; car Sozomène en fait également mention.

Si les anges emportent au ciel les âmes des pieux solitaires, ils remplissent avec allégresse le même office vis-à-vis des saints évêques. À la mort de saint Martin éclatent de tous côtés des symphonies angéliques ; elles viennent jusqu’aux oreilles de son ami saint Séverin de Cologne. Saint Benoît voit l’âme de saint Germain de Capoue monter au ciel dans un cortège d’anges. Ces bienheureux esprits convoquent aux obsèques de saint Mélaine, évêque de Rennes ses collègues des églises voisines, à savoir saint Aubin d’Angers, saint Victor du Mans, saint Lo de Coutances, et un saint Mars ou Marc dont le siège est inconnu. (Acta Sanctorum Januarii Tom. I, p. 332.)

Heureux temps, où les évêques étaient tous des saints, tous familiers avec les anges!

Ceux-ci prenaient leur défense, quand ils étaient injustement attaqués, témoin le fait suivant arrivé à saint Sabin, évêque de Canuse en Italie. Il est calomnié par ses ennemis. Le pape Félix IV le mande à Rome; il y arrive en toute hâte. Mais le pontife prévenu contre lui le reçoit assez froidement, et lui interdit de mettre le pied hors du palais où son procès devait s’ouvrir dès le lendemain matin. On donne à l’évêque une modeste chambre pour y passer la nuit. Vers minuit, il se lève et se met à chanter des psaumes; et voici que des chœurs angéliques lui répondent. Les domestiques du palais et le pape lui-même sont éveillés par cette harmonie céleste. Félix IV accourt à la chambre de l’évêque Sabin, il le voit entouré d’une vive lumière, il se jette à ses pieds, et lui demande pardon des préventions qu’il avait trop facilement accueillies contre lui. (Acta Sanctorum Februarii Tom. II, p. 515.)

Les anges ne furent pas étrangers à l’élection de saint Grégoire le Grand comme souverain pontife. On connaît la touchante histoire du pauvre naufragé qui par trois fois demande l’aumône à Grégoire, alors abbé du monastère du mont Cœlius; la troisième fois le saint lui donne une écuelle d’argent qu’il tient de sa mère. Devenu pape, Grégoire a l’habitude d’entretenir douze pauvres; un jour qu’il entre dans la salle où on leur sert à manger, il remarque un treizième convive, et ce convive reste invisible à tout autre œil que le sien.

Il pressent un mystère, il le retient et l’interroge.

« Je suis, lui dit le mystérieux personnage, un ange du Seigneur : j’étais le naufragé à qui tu as donné une écuelle d’argent : cette action t’a valu d’être choisi dans les décrets de Dieu pour devenir le chef de son Église; et tu es confié à ma garde durant ta vie mortelle. »

Et le pauvre disparaît. Le fait est rapporté par Jean Diacre, auteur du neuvième siècle; avec leur insigne réserve, les Bollandistes n’osent le donner comme absolument certain, parce que, disent-ils, l’auteur n’est pas contemporain; ils ne veulent pas néanmoins l’omettre, car outre qu’il est très célèbre, on montre encore aujourd’hui la salle où le messager céleste fut reçu à la table des pauvres.

La tradition romaine mentionne encore au temps de saint Grégoire, l’apparition d’un ange sur le môle d’Adrien; l’esprit céleste, qui tient une épée flamboyante, la remet au fourreau pour indiquer la cessation d’une grande peste qu’obtiennent les processions suppliantes organisées par le saint pape. C’est en mémoire de cette apparition merveilleuse que le môle d’Adrien s’appela château Saint-Ange, et que la statue colossale d’un ange fut érigée au-dessus.

Les historiens de saint Grégoire sont muets sur cet événement, que pour ce motif la critique hésite à accepter. N’insistons pas. Il est bon toutefois de noter ce que saint Grégoire lui-même raconte dans ses Dialogues : durant la peste en question, on vit physiquement, corporali visu, des flèches qui du haut du ciel étaient décochées contre la ville de Rome. Entre ces flèches, indice palpable du fléau, et l’ange qui remet l’épée au fourreau, n’y a-t-il pas un rapport?

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Je pourrais continuer, d’après les Bollandistes, la liste des saints évêques favorisés d’apparitions angéliques. Saint Cuthbert voit l’âme de saint Aïdan, son prédécesseur au siège de Lindisfarne, emportée au ciel par les anges; lui-même est guéri, étant jeune pâtre, par un remède dont ils lui enseignent la composition; plus tard, hôtelier dans un monastère, il y reçoit un de ces bienheureux esprits sous la forme d’un passant.

Saint Arige, évêque de Gap, chante matines avec un chœur angélique, au milieu duquel Probus son clerc familier le surprend.

Saint Udalric, évêque d’Augsbourg, est étendu sur son lit de mort, incapable de se mouvoir; tout à coup il se lève, c’était la fête de saint Jean Baptiste, demande ses habits sacerdotaux, et au grand étonnement de son entourage, célèbre deux fois la sainte messe; il atteste que deux anges l’ont soutenu pendant ces fonctions sacrées.

Saint Léon IX, au moment de gagner Rome après son élection au souverain pontificat, est troublé, angoissé; tandis qu’il épanche son âme devant Dieu, il entend une voix céleste qui lui chante avec une douceur infinie : Je médite des pensées de paix et non d’affliction, vous m’invoquerez et je vous exaucerai, et de tous lieux je ramènerai vos captifs.

Grandement consolé, le saint pape part pour Rome, où il engage pour la liberté de l’Église la grande lutte dont saint Grégoire VII fut le champion victorieux.

Source : La réalité des apparitions angéliques – Révérend Père Bernard-Marie Maréchaux – 1901

Publié par Napo

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