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Comment Henri VIII a rompu avec Rome sans être un réformateur

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Retour sur quelques bribes de l’histoire d’Henri VIII avec l’Église Catholique de Rome. L’admission des divorcés remariés aux sacrements est l’une des douloureuses questions qui font débat au sein de l’Église catholique. D’une certaine manière, elle l’était déjà, il y a un demi-millénaire.

L’excommunication du roi d’Angleterre Henri VIII par le Pape Paul III en décembre 1538 a cimenté un schisme ecclésial encore récent, né finalement d’un divorce.

Que s’était-il passé ? Parmi les enfants d’Henri VIII conçus avec son épouse Catherine d’Aragon, une seule fille avait survécu, Marie. Avoir encore un héritier mâle au trône et assurer ainsi la dynastie lui semblait peu prometteur depuis le milieu des années 1520. Une nouvelle épouse séduisante – et d’ailleurs favorable à la Réforme – était déjà prête en la personne de la dame de compagnie Anne Boleyn.

Mais bien que les principaux évêques anglais d’York et de Canterbury se soient prononcés en sa faveur, le pape refusa d’annuler le mariage, sans doute consommé, soit parce qu’il ne voulait pas se mettre à dos le neveu de Catherine, l’empereur Charles Quint, après le pillage de Rome en 1527, soit parce qu’il en voulait au soutien tardif d’Henri contre les Turcs après la défaite catastrophique de Mohacs en 1526.

Henri VIII n’était pas du tout un réformateur. Au contraire, il haïssait Martin Luther de tout son cœur – ce qui lui avait valu, dans les années précédentes, le titre honorifique de « Defensor Fidei » (défenseur de la foi) que les Rois anglais portent encore aujourd’hui. Mais on assiste alors à une sorte d’apostasie catholique de Rome. Le lord-chancelier d’Henri, Thomas Cromwell, avait de toute façon recommandé au Roi d’éliminer le dualisme gênant de la couronne et de l’autel.

En se débarrassant de Rome et en soumettant l’Eglise, il pouvait obtenir trois choses : le divorce, un accès à des biens presque illimités – et avec les deux, une nette consolidation de son propre règne, qui pourrait enfin rivaliser avec la légère principauté Renaissance de son cousin François Ier de France.

Par l’acte de suprématie de 1534, Henri VIII s’est autoproclamé chef de l’église d’Angleterre, qui était la plus riche d’Angleterre. Elle fut séparée de l’ensemble de l’Église Catholique et tomba entre les mains d’un seul monarque. Entre 1532 et 1540, des monastères immensément riches furent pillés et détruits avec une efficacité remarquable, des évêques fidèles à la couronne furent remplacés par des hommes du Roi (et de la Reine). Ainsi, le « Defensor Fidei » devint un apostat et un persécuteur despotique de l’Église Catholique.

Cela ne s’est pas fait sans heurts et sans troubles politiques – car les Anglais se sont révélés être conservateurs sur le plan religieux. Il parut de plus en plus imprévisible – il usa de plus en plus de conseillers et d’épouses au cours des dernières années de sa vie – il décida d’éliminer en un coup les nobles fidèles au pape. En novembre 1538, un prétendu complot contre la couronne fut découvert (« conspiration d’Exeter« ) et les prétendus conspirateurs furent exécutés. En contrepartie, le Pape excommunia Henri VIII et décréta l’interdict, c’est-à-dire l’exclusion de la communauté ecclésiale, sur toute l’Angleterre.

Jusqu’à la mort d’Henri en 1547, la discipline ecclésiastique « anglicane » n’avait pas encore subi de changement décisif par rapport à la doctrine catholique. Par la suite, le « Book of Common Prayer » (livre de prières communes) a permis à la langue classique de l’Église de s’associer de plus en plus à la pensée protestante. Au cours des décennies d’intrigues, de lutte pour le trône et de conspirations qui ont suivi, beaucoup de sang a coulé au nom de la religion. Au final, l’anglicanisme a trouvé une voie médiane relativement prudente entre l’enseignement, la liturgie et la discipline ecclésiastique catholiques et protestants.

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Les catholiques, appelés « papistes« , étaient désormais une minorité longtemps persécutée et méprisée, et seulement plus tard en partie tolérée. Il s’agissait le plus souvent de pauvres immigrés irlandais. Ce n’est qu’aux 19e et 20e siècles que le catholicisme britannique a pu gagner du terrain grâce à un fort engagement social et scolaire.

Cet article a été publié originellement et en allemand par le Katholisch ( Lien de l’article ).

Publié par Napo

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