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La Papauté a toujours dénoncé le péril de la franc-maçonnerie

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La Papauté fut le seul pouvoir qui se rendit nettement compte du péril que présentait la franc-maçonnerie, et cela presque dès le début.

Lorsque le pape Clément XII lança, le 4 mai 1738, sa bulle « In eminenti apostolatûs specula« , des enquêtes avaient dû être faites sur les agissements de la secte, et il serait de la plus haute importance d’avoir communication des mémoires qui furent adressés au Vatican, s’ils existent encore. La bulle, en effet, ne vise aucun fait précis, et se borne aux attaques générales ; mais ses termes sont trop formels pour ne pas avoir été provoqués par des faits particuliers indiscutables :

« Nous avons appris, dit Clément XII, et le bruit public ne nous a pas permis d’en douter, qu’il s’était formé une certaine société, assemblée ou association, sous le nom de francs-maçons ou Liberi Muratori, ou sous une appellation équivalente, suivant la diversité des langues, dans laquelle sont admises indifféremment des personnes de toute religion et de toute secte, qui, sous les dehors affectés d’une probité naturelle, qu’on exige et dont on se contente, se sont établi certaines lois, certains statuts qui les lient les uns aux autres, et qui, en particulier, les obligent, sous les plus grièves peines, en vertu d’un serment prêté sur les saintes Écritures, de garder un secret inviolable sur tout ce qui se passe dans leurs assemblées. »

Le pape interdit, en conséquence, de faire partie de ces sociétés, de favoriser leur accroissement, de leur donner asile chez soi ou ailleurs, sous peine d’excommunication.

Le 15 juin 1751, le pape Benoît XIV renouvela, par sa bulle « Providas Romanorum Pontificum« , les prohibitions de son prédécesseur et précisa les conséquences funestes que devaient avoir ces associations :

« Attendu que dans ces sortes de sociétés et assemblées secrètes, on associe indistinctement les hommes de toute secte et religion, d’où il est évident qu’il doit résulter un grand dommage pour la pureté de la religion catholique »

Et que

« l’obligation stricte du secret impénétrable, par lequel sont cachées toutes les choses qui se passent dans ces assemblées secrètes, auxquelles on peut avec raison adapter l’adage dont s’est servi Cecilius Natalis, dans la cause très différente néanmoins contre Minutius Félix : Les choses honnêtes se plaisent au plein jour ; les crimes sont secrets. »

Le pape relève ensuite les maçons d’un serment prononcé dans les conditions où ils se trouvaient quand on le leur avait demandé ; « comme s’il était permis à quelqu’un de s’étayer d’une promesse ou d’un serment, pour se dispenser de répondre à la puissance légitime qui rechercherait à connaître si dans ces sortes d’assemblées secrètes, il ne se ferait pas quelque chose contre l’État, la religion et les lois. »

Le caractère secret de la franc-maçonnerie n’était alors nié par personne, les francs-maçons le reconnaissant hautement. Quelques années plus tard, l’un de leurs premiers historiens, Thory, débute dans son avant-propos de l' »Histoire de la fondation du G.’. O.’. de France » par cet aveu :

« De toutes les associations secrètes, la plus répandue en France, et en même temps la moins connue sous les rapports historiques, est, sans contredit, l’Ordre de la Franche-Maçonnerie. »

La Papauté avait bien vu le péril ; en temps utile elle l’avait signalé.

Elle ne fut pas crue ; en France, elle ne fut même pas écoutée. Les Parlements refusèrent d’enregistrer les bulles pontificales qui, n’étant pas fulminées, ne pouvaient avoir aucun effet utile. Un monde allait disparaître.

Une des erreurs les plus répandues parmi les profanes est d’assimiler les grades maçonniques aux grades dans l’armée, alors qu’ils devraient être plutôt assimilés aux grades universitaires.

Les grades symboliques, les seuls classiques en maçonnerie : apprenti, compagnon et maître, correspondent dans une certaine mesure aux grades de bachelier, licencié et agrégé.

L’obtention de ces grades témoigne de connaissances maçonniques plus ou moins avancées, mais ne confère pas ipso facto à ceux qui les obtiennent une autorité sur ceux qui ont des grades inférieurs.

Au XVIIIe siècle, la complication des grades était extrême ; chaque régime avait sa série spéciale qui n’était pas reconnue par le régime voisin. Chaque grade correspondait à un avancement dans la science ou mieux dans l’art maçonnique qu’on appelait alors l’Art Royal, ce qui voulait dire pour les uns l’art de restaurer les Stuarts, pour les autres l’art par excellence. Qu’était donc cet Art suprême ?

Pour les uns, c’était l’étude de l’homme : ses origines, son existence, son but ; pour les autres, c’était l’art de mener les hommes, la première solution étant seulement l’étape nécessaire pour arriver à la seconde.

Au premier abord, de semblables études n’ont rien de répréhensible ; la curiosité en pareilles matières ne peut être que fort louable. On peut à la vérité s’étonner cependant que, pour se livrer à ces études profondes, on s’enferme avec un soin jaloux et qu’on fasse prêter à ceux qu’on admet à y participer le serment de garder le secret. Il semblerait au contraire que, par amour de l’humanité, on devrait propager les lumières et transformer le temple en Soleil dont les Étoiles extérieures pourraient augmenter l’éclat.

On serait en droit de s’étonner aussi que des gens d’un modeste intellect et d’une instruction sommaire soient appelés à collaborer à des travaux qui demandent du temps, une intelligence supérieure et des connaissances approfondies. Étudier en effet les origines de l’homme, c’est étudier l’origine de l’humanité, et étudier l’origine de l’humanité, c’est étudier l’origine du monde. Pour rester dans le domaine des sciences exactes, c’est connaître la cosmogonie, la cosmographie, la géologie, la paléontologie et l’anatomie aussi bien que la métaphysique, la chimie et la physique.

Je sais que plus d’un maçon du XVIIIe siècle qui s’est livré à ces études avec un acharnement et une sincérité vraiment édifiante. Leurs correspondances, que j’ai été à même de parcourir, en font foi. Ils échangeaient entre eux des vues bizarres, de temps en temps, pas souvent, des combinaisons ingénieuses, mais, en résumé, aucune idée digne d’être retenue.

On a beau leur enseigner que la maçonnerie est « l’habileté de la nature, l’intelligence du pouvoir qui est dans la nature et ses diverses opérations« . On a beau leur expliquer que l’habileté de la nature est d’engendrer, que l’intelligence du pouvoir qui est dans la nature est la Nature-Dieu, et que les différentes opérations de la nature sont la génération universelle, quels secrets révèle-t-on, quelles idées fait-on naître, si ce n’est que l’Acte générateur est l’acte d’un Dieu, que le Feu sacré est la semence universelle de tous les êtres, que la Parole est la faculté de produire, ainsi qu’on l’enseigne au compagnon?

Comme ils ne trouvaient pas la solution avec leurs propres moyens, beaucoup recherchaient le secret perdu. L’homme primitif savait, croyaient-ils. Quelques uns, élevés cependant dans la foi chrétienne, oubliaient que l’homme avait été puni pour avoir voulu savoir ce qu’il ne pouvait et ne devait pas savoir : le mystère de sa création et son avenir. Quel est l’homme qui supporterait la vie s’il connaissait son lendemain?

Comme naturellement ces chercheurs ne trouvaient rien, beaucoup parmi eux s’en prenaient à l’auteur de toutes choses et arrivaient rapidement à conclure que s’ils ne trouvaient rien c’est qu’il n’y avait rien, et pour se consoler de la désespérance de ce néant, ils déclaraient indifférent le problème des origines.

Comme ils avaient trouvé vide la première chapelle de leur temple, ils frappaient à la porte de la seconde. Là, au moins, ils trouveraient la clef du mystère de notre être. L’homme est-il ou n’est-il pas ? Qu’est-ce que son corps ? Qu’est-ce que son âme ? Il est certain qu’il a un corps, mais a-t-il une âme ? Et ils recommençaient à agiter tous ces problèmes, revenant toujours malgré eux à l’origine du corps et de l’âme, et ils trouvaient la seconde chapelle vide comme la première.

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Ces étapes sont celles que doit parcourir le maçon pour se perfectionner dans l’art, pour gagner ses grades. Si sa patience n’est pas à bout, s’il a les loisirs de s’occuper des spéculations métaphysiques qui ne nourrissent pas son corps, il sera prêt à entrer dans la troisième chapelle, et les frères qui en ont déjà franchi la porte lui permettront de la franchir.

Là, on lui apprendra que tout ce qu’il a fait jusqu’ici n’a aucun intérêt, que ces études ne conduisent à rien, mais qu’il était nécessaire qu’il connût par lui-même ces vérités négatives. Ce qui est intéressant et ce qu’il faut qu’il apprenne, c’est comment on conduit les hommes, comment on les fait concourir, malgré eux, à la prospérité de l’Ordre.

On lui explique comment un petit groupe organisé en aristocratie secrète mène la foule non organisée; comment un pouvoir occulte, irresponsable mais actif, mène le pouvoir responsable et le rend le principal artisan de sa décadence et de sa mort. On lui apprend que les vices de l’humanité sont les grands leviers des habiles ; que, dans la pratique, on ne rencontre qu’un obstacle : la révolte de la conscience humaine, cette chose qu’ils n’ont pu saisir ni comprendre dans les deux premières chapelles, et que tout l’art consiste à endormir cette conscience pour l’empêcher de se révolter. On lui apprend que lorsqu’il suffira à l’homme de déposer un bulletin anonyme dans une urne pour entretenir ses vices et flatter son orgueil, il le mettra.

Lorsque l’initié saura tout cela, il sera un maçon parfait ; sa mentalité maçonnique sera parachevée. En aucune circonstance, il ne sera nécessaire de lui donner un ordre compromettant, il agira de lui-même et il fera agir, conformément à la doctrine maçonnique, il coopérera consciemment ou inconsciemment au Grand Œuvre.

Publié par Napo

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