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Les dispositions avant et après le mariage pour un catholique

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La première disposition avant d’entrer dans le mariage, c’est d’y être appelé, c’est d’avoir vocation. Une jeune personne qui veut se marier doit bien examiner sa vocation et l’état vers lequel la porte sa vocation, afin qu’après l’avoir embrassé, elle puisse supporter les peines de cet état en se rappelant : « C’était la volonté de Dieu. »

Elle doit bien se garder d’entrer dans cet état par légèreté, par caprice, et encore moins par passion, mais uniquement parce que c’est là la vocation que Dieu lui a donnée. Lorsqu’elle connaît sa vocation et qu’elle y a mûrement réfléchi, elle doit demander à Dieu de lui faire connaître celui à qui elle doit unir ses jours, de demander un appui pour sa vie et de donner son cœur.

Si elle demande cela à Dieu avec foi et un désir véritable de connaître sa divine volonté, Dieu l’écoutera et l’exaucera. Il ne lui enverra pas un ange pour cela, mais il agira néanmoins de telle manière qu’elle puisse avoir une certitude morale que sa prière est exaucée. Il ne lui enverra pas un ange, mais il se servira de sa famille, qui a des grâces spéciales pour la diriger dans le choix qu’elle doit faire de son époux, ou bien d’un ami de sa famille, qui disposera toutes choses selon ses desseins secrets et impénétrables.

Quelquefois encore, il ne se servira point de sa famille, car les sentiments de sa famille ne seront pas droits, vertueux, désintéressés, mais fondés uniquement sur la nature et la raison, qui regardent plus la terre que le ciel. Il ne se servira d’aucun intermédiaire ; il éclairera lui-même l’esprit de cette jeune personne ; il lui montrera la sagesse, la modestie, la retenue de celui qu’il lui réserve, et son choix sera fixé d’une manière irrévocable par cette vue. Alors, après de nouvelles et de plus mûres réflexions, elle devra s’en tenir à ce choix, malgré les obstacles qui pourront survenir, compter sur la grâce de Dieu qui les aplanira, et demeurer en tout confiante en lui.

Par crainte toutefois d’illusion de sa part, cette jeune personne qui connaîtra d’ailleurs l’intention et le désir réciproque de celui qu’elle a choisi et qu’elle se croit destiné de la part de Dieu, en informera sa famille et son directeur. Elle en informera sa famille, à cause du respect et de l’obéissance qu’elle lui doit, et pour connaître ses vues à cet égard. Elle en informera son directeur pour lui demander conseil et avis. Il serait bon qu’en cette circonstance son confesseur, qui la connaît bien par ses confessions, fût aussi son directeur.

Cela n’est pourtant pas nécessaire, et à certains égards, il vaut parfois mieux que ce ne soit pas le confesseur ; car il faut pour cela s’adresser à un homme prudent, sage, circonspect, éclairé, en qui on ait confiance, avec lequel on se trouve plus à son aise, et qui soit à même de pouvoir traiter cette affaire si grave d’une manière sûre. Quand elle a écouté les avis de ce directeur, comme je viens de vous le faire connaître, elle doit les suivre et les mettre à exécution comme l’expression de la volonté de Dieu. Les conseils du directeur, qui sont toujours désintéressés et par conséquent mieux pesés, doivent être préférés aux conseils de sa propre lumière ou de sa famille.

Quand son choix sera fait et approuvé, qu’elle donne dès ce moment son amour à celui qu’elle a choisi, qu’elle lui donne sa parole et qu’elle ne lui retire jamais ni sa parole ni son cœur. Pour cela, qu’elle ne fixe pas ses regards sur d’autres et ne cherche pas à faire un nouveau choix. Celui-ci est selon Dieu ; le second pourrait être selon le péché et le démon. Dans les premières entrevues avec celui qu’elle a choisi, cette jeune personne doit surtout garder ses yeux, se souvenant que les yeux sont les portes principales par où entre l’esprit impur.

Elle doit les garder pleins de réserve, non seulement à cause d’elle-même, mais aussi à cause de lui. Elle doit aussi veiller beaucoup sur ses paroles, mais sans excès : une trop grande réserve pourrait être mal interprétée et prise pour du dédain, de la froideur, ou comme un refus formel. Il faut donc éviter à la fois trop de liberté et trop de réserve. Que ses manières soient bonnes, douces, polies, honnêtes, franches, affectueuses, et que tout répande en elle la bonne odeur de ma grâce et de la modestie. Que tout dans sa conduite témoigne qu’elle n’embrasse pas l’état de mariage par caprice ou par passion, mais pour accomplir la volonté de Dieu qui lui a donné cette vocation.

Que les premières entrevues ne soient jamais solitaires, qu’elles aient toujours des parents pour témoins, qu’elles soient assez fréquentes afin que les deux futurs époux se connaissent et apprennent à s’aimer par cette connaissance. Qu’elles ne soient pas trop prolongées par des discours oiseux et inutiles. Que jamais leur conversation ne soit entretenue par des paroles inconvenantes, déshonnêtes et criminelles. Qu’ils bannissent de leur conversation, non seulement tout ce qui est contraire à la modestie, mais tout ce qui est opposé à la loi de Dieu : la médisance, la calomnie, le mensonge, la jalousie et mille autres choses défendues. Que leurs paroles, au contraire, soient pour l’un et l’autre des paroles d’édification et qui inspirent réciproquement une vénération mutuelle.

Quand ils se verront seul à seul, que ce ne soit jamais dans un lieu secret, mais où ils puissent être vus facilement, et que ce soit promptement et rapidement.

Une jeune personne doit se montrer aimable et affectueuse envers son futur époux, mais elle ne doit jamais permettre ni flatterie ni familiarité d’aucune sorte. Elle doit toujours avoir devant elle la loi de Dieu, l’honnêteté et le devoir. Cette conduite à la fois prévenante, cordiale et respectueuse lui méritera à la fois l’affection et la vénération de son époux.

Après une connaissance réciproque et mutuelle suffisante, il est prudent de conclure immédiatement le mariage et de ne pas le différer trop longtemps. Ce délai pourrait être une cause de péché. Ainsi, pour se fortifier mutuellement et demander à Dieu la grâce dont ils ont besoin pour demeurer toujours justes et saints jusqu’à la célébration de leur mariage, ils feraient bien de s’unir à moi de temps en temps dans le sacrement de mon amour. Ces conseils s’adressent aussi bien au jeune homme qu’à la jeune fille.

Un jeune homme doit chercher et désirer pour son épouse une jeune personne modeste, pieuse et vertueuse. S’il la trouve, elle le rendra heureux, et ils se sanctifieront dans l’état qu’ils embrasseront tous deux. Qu’il ne cherche pas la beauté uniquement, car la beauté passe plus rapidement que la fleur des champs. Que lui resterait-il dans son épouse si elle n’avait que la beauté et si cette beauté disparaissait en quelques jours ? Qu’il ne cherche pas uniquement la fortune, car la fortune ne fait ni la vertu, ni la paix, ni la tranquillité, ni le bonheur dans une famille. Qu’il ne cherche pas uniquement l’esprit et l’intelligence pour les choses de la terre, mais plutôt l’esprit et l’intelligence pour les choses du ciel. Qu’il n’essaie pas dans le mariage de satisfaire sa passion, car malheureuse serait la femme d’un tel homme ! Il n’est homme que de nom ; en réalité, c’est un démon et un animal sans raison.

Les époux doivent s’aimer mutuellement et, par cet amour, resserrer de plus en plus les liens de leur union. Ils ne doivent pas vivre comme des païens, car ils sont les enfants des saints et doivent donc suivre les règles et les lois imposées par leur état. Ils doivent garder la chasteté et la continence prescrites à leur condition et ne pas abuser de la liberté qui leur est donnée. La liberté dans cet état, comme dans tous, est la liberté pour le bien et non pour le mal et l’impureté. Combien de personnes ont été damnées pour leurs péchés dans l’état du mariage, et elles se seraient peut-être sauvées si elles avaient été soumises aux règles qui leur sont tracées. Dans ces personnes, il n’y a point un amour véritable, un amour fondé sur Dieu, mais un amour coupable et criminel, uniquement fondé sur la chair qui entraîne au péché.

L’amour de deux époux doit être vrai et fondé sur Dieu, afin qu’il soit constant et qu’il demeure toujours. Deux époux doivent se garder une inviolable fidélité et craindre qu’une affection étrangère ne vienne rompre des liens aussi sacrés. Ils doivent s’exciter mutuellement à remplir leurs devoirs, dont le parfait accomplissement fera leur bonheur ici-bas et dans l’autre vie. Ils doivent s’aider, se soutenir, se consoler, se réjouir ensemble et ne former qu’un cœur et qu’une âme.

Une épouse chrétienne doit veiller avec soin sur le fruit de ses entrailles, craindre de lui faire perdre la vie par sa faute et de le priver du plus grand bonheur en le privant du baptême. Un enfant qui n’est pas baptisé ne verra jamais Dieu. Ce malheur devrait rendre une mère inconsolable. Cependant, combien de ces malheureuses qui, par leur légèreté, leur avidité, leurs emportements ou leurs excès, étouffent le fruit de leur sein !

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Une épouse chrétienne doit surtout prier Dieu de préserver son enfant de pareil malheur et prendre toutes les précautions nécessaires, inspirées par la prudence et la réflexion, dès avant sa naissance. Elle doit même l’offrir à Dieu avant sa naissance et lui demander de veiller sur lui.

Une épouse chrétienne doit garder son enfant après sa naissance et lui prodiguer tous les soins que lui inspire son amour maternel et que réclame sa faiblesse. Dès que la langue de son enfant commencera à se délier et sa raison à se développer, elle lui fera connaître Dieu et gravera son amour dans son tendre cœur. Elle lui donnera de bonne heure le goût de la piété et de la vertu ; elle lui apprendra à tout faire en vue de plaire à Dieu ; elle le suivra toute sa vie, l’entourant de sa sollicitude maternelle.

Des parents chrétiens dirigeront toujours leurs enfants par la raison et non par caprice. Ils les reprendront, les avertiront ou les corrigeront quand ils le jugeront opportun et nécessaire, afin de ne pas leur laisser contracter de mauvaises habitudes, qu’il est impossible de déraciner plus tard. Cette formation à la piété et à la vertu fera grandir dans le bien les enfants, et ils deviendront la joie et la couronne de leurs parents.

Enfin, ma fille, si l’un des deux époux s’est uni à une personne sans vertu et sans religion, il doit demander pardon à Dieu et supporter en expiation de sa conduite tout ce qu’il a à souffrir. Il doit assumer tous les devoirs qui retomberaient sur eux deux en ce qui concerne la conduite des enfants, afin qu’ils soient bons et vertueux. Il doit essayer de ramener à de meilleurs sentiments celui qui est sans vertu et, pour cela, prier beaucoup, prier sans cesse, prier avec confiance et espoir d’être exaucé.

Jésus à Marie Lataste.

Source : La vie et les oeuvres de Marie Lataste Tome troisième – Abbé pascal DARBINS – 1866

Publié par Napo

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